REVIEW – Tower of God (anime)

UNE OEUVRE À GRAND POTENTIEL
3.9

En deux mots :

L’adaptation anime de Tower of God est, globalement, une réussite en dépit de quelques défauts. Bien que cette saison ne soit qu’une introduction à l’univers, son atmosphère singulière et ses génériques addictifs valent le détour.

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Tower of God est à l’origine un manhwa, ou webtoon coréen si vous préférez, très populaire, lancé en 2010 par SIU. Fort de son succès retentissant à l’international, le webtoon a enfin été adapté en anime, en avril 2020, soit 10 ans après sa création. La plateforme de streaming Crunchyroll produit l’anime sous sa nouvelle licence Crunchyroll Originals, qui a pour projet d’adapter de nombreux autres manhwas, dont certains sont déjà sortis à l’image de Noblesse et God of High School. Pour Tower of God, Crunchyroll a fait appel au studio japonais Telecom Animation Film (Lupin III, orange) pour réaliser les 13 épisodes de cette (première ?) saison. La série, teasée depuis de nombreux mois avant sa sortie, est disponible, vous l’avez compris, sur Crunchyroll mais aussi sur ADN (qui appartient au groupe Viz Media racheté l’année dernière par… Crunchyroll).

Le pitch

Atteignez le sommet et tout vous appartiendra ! Celui qui parvient en haut de la tour verra ses souhaits les plus fous s’exaucer. Il deviendra alors un dieu. C’est l’histoire du début et de la fin de Rachel, une fille partie dans la tour pour toucher les étoiles, et de Bam, un garçon qui ne vit que pour elle…

Que désires-tu ?

Quand j’ai commencé l’anime, la première chose qui m’a frappée, c’est ses génériques de haut niveau. Réalisés par le groupe sud-coréen Stray Kids, ceux-ci sont en parfaite adéquation avec l’esprit de l’anime. L’OST globale est tout aussi bonne, produite par l’Australien Kevin Penkin qu’on ne présente plus, qui a travaillé entre autre sur les bandes originales de The Rising of the Shield Hero et de Made in Abyss. Une oeuvre coréenne produite par un studio japonais, et dont la BO est orchestrée par un compositeur australien, l’adaptation de Tower of God dépasse décidément les frontières ! Au-delà de la qualité sonore remarquable de cet anime, il est impossible de rester indifférent à ses graphismes et à son animation bien singuliers. S’il faut prendre un peu de temps pour s’y habituer, cela donne de la personnalité à Tower of God et à son univers unique en son genre. Le spectateur y plonge brutalement dès les premières secondes, sans contexte ni explication. Alors oui, c’est rapide, voire déconcertant. Mais très vite, les choses deviennent plutôt claires et l’ambiance immersive de l’anime devient presque addictive.

Bien que coréenne, l’oeuvre originale a tout d’un shōnen. Et je peux garantir aux aficionados du genre que la plupart d’entre eux devrait apprécier Tower of God. Pourquoi ? Pour ses personnages aboutis, avec chacun leur part de mystère et de tourments, le système complexe de la Tour, ou encore les combats à gogo. Mais ils remarqueront très vite qu’au fur et à mesure que les premiers épisodes défilent, il est impossible de ne pas comparer Tower of God à l’arc de l’examen dans Hunter x Hunter, tant la ressemblance est frappante. Qui plus est, le duo Khun / Bam fait penser à Gon et Kirua. Si la similitude, qui peut être dérangeante, se poursuit au fil des épisodes, cela n’empêche pas le spectateur de s’attacher à eux. Il faut avouer que la malice de Khun combinée avec la simplicité de Rak fait des merveilles, et donne régulièrement le sourire. Et globalement, le trio principal se complète bien et se suit plaisamment, malgré l’aspect quelque peu terne, et finalement peu développé, de Bam. Mais je veux plutôt y voir un bon signe, cela étant une caractéristique typique du héros de shōnen / seinen, qui évolue pour à terme devenir sacrément badass (je pense notamment à ce cher Kaneki de Tokyo Ghoul).

Hormis le protagoniste et ses proches alliés, les autres personnages ne sont pas en reste, loin de là. L’auteur a travaillé un minimum chacun d’eux, et autant vous dire, qu’ils sont nombreux. Mention spéciale à Rachel qu’on se plaît très vite à détester, qu’on ait lu les webtoons ou pas (ce qui est mon cas). Mais concrètement, cette saison, qui sera probablement suivie de bien d’autres, fait figure d’introduction à ces personnages, qui ne sont finalement que “teasés”, de même que les différentes intrigues qui les concernent.

Une route semée d’embûches

J’irai droit au but : cette première saison est, à mon sens, efficace et divertissante à bien des niveaux. Le rythme tient la route, les événements s’enchaînent plus ou moins correctement, et les retournements de situation sont bien menés, en particulier celui du dernier épisode. Si beaucoup l’ont vu venir de loin, reste qu’il est marquant et termine en beauté la saison. Tower of God, c’est aussi la mise en exergue de valeurs au fil des épisodes telles que l’incontournable (et un peu lourde, il faut l’avouer) “puissance” de l’amitié, la volonté de s’élever soi-même, de dépasser ses limites mais aussi la faiblesse de l’esprit humain, torturé par ses vices (jalousie, solitude, possessivité…).

En dépit de toutes ses qualités, l’anime a un certain nombre de défauts également. Les épisodes, découpés en plusieurs parties va-t-on dire, sont inégaux en terme de cohérence scénaristique et en qualité. L’ultime partie avec le dernier test en eaux profondes, est, sans aucun doute, la plus réussie. Autre défaut, et pas des moindres : les séquences émotion ratées. Je pense notamment à l’épisode 9 où, finalement, on reste de marbre ou presque alors qu’on devrait compatir ou ressentir un sentiment. Mais niet. Peut-être est-ce dû à une “coupure” dans l’oeuvre originale comme cela expliquerait bon nombre de passages dans l’anime dans sa globalité ? En effet, par moments, le spectateur sent bien les éléments “sacrifiés” dans l’adaptation du manhwa.

Mon avis

Comme je l’indiquais dans ma review, je n’ai pas lu un chapitre du webtoon original. Aussi ma critique ne concerne-t-elle que l’anime, que je trouve sans grande originalité. Très (trop) similaire à Hunter x Hunter, Tower of God tente tant bien que mal de se différencier, ce qu’il fait finalement bien dans les derniers épisodes. Alors oui, certains twists et stratégies sont prévisibles, et on constate quelques incohérences. Pourtant, j’ai bien accroché à l’univers de Tower of God et à ses personnages fantasques. Épique et intense sont les termes que j’emploierais pour définir l’anime, qui, ne nous mentons pas, donne la hype rien qu’au son de ses génériques. Vivement la suite (parce qu’on sait tous qu’il y en aura une), pour notamment voir le power-up de Bam !

Anna LESBROS

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