TEST – Marvel’s Spider-Man: Miles Morales

SPIDER-MAN: NEW GENERATION EN JEU VIDÉO
4

En deux mots :

Plus court, plus accessible, mais aussi plus beau que son prédécesseur, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales offre un titre de qualité à la PlayStation 5.

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Deux ans après la sortie du très apprécié Marvel’s Spider-Man sur PlayStation 4, c’est au tour du second Spider-Man le plus populaire de se faire remarquer, Miles Morales. Après le succès de Spider-Man: New Generation, aussi appelé Into the Spider-verse, il n’était pas surprenant de voir revenir ce personnage croisé dans le premier jeu signé Sony.

Marvel’s Spider-Man: Miles Morales est un jeu vidéo d’action-aventure développé par Insomniac Games et publié par Sony Interactive Entertainment, en partenariat avec Marvel Games. Le jeu est sorti le 19 novembre 2020 sur PlayStation 4 et PlayStation 5. Il fait d’ailleurs partie de la liste des premiers jeux PS5 disponibles et fait quelque peu office de porte-étendard de la marque de console auprès du grand public. Pourtant, si le jeu se présente non pas comme un DLC mais bien comme un standalone justifiant à lui seul son prix, qu’en est-il exactement ?

Ah mais je ne vais pas me gêner !

Un vrai standalone ?

Sans surprise, on peut dire que Marvel’s Spider-Man: Miles Morales récupère de très nombreux éléments de son grand-frère. Et en même temps, Insomniac Games aurait bien été stupide de ne pas reprendre les fondations d’un travail déjà extrêmement bien réalisé. Ainsi, si les mécaniques de gameplay et l’espace de jeu – à savoir ici l’île de Manhattan à New York – ont été reprises, elles ont tout de même eu le droit à un petit relifting permettant une merveille identification à un univers différent. En effet, en changeant tout simplement la saison et en plaçant Miles dans une ville de New York enneigée, le jeu bénéficie d’une ambiance différente, à mon sens bien plus intéressante.

“On a l’impression qu’il fait vraiment froid !”

Si les procédés de gameplay restent encore très calqués sur ceux instaurés dans la licence des Arkham, il faut reconnaître à Marvel’s Spider-Man: Miles Morales un plaisir de jeu absolument intact fort de son parti-pris : s’adresser aux joueurs du premier opus. En effet, si dans Marvel’s Spider-Man, vous deviez apprendre aux côtés de Peter Parker toute une palette de coups et mouvements, Miles les connaît lui déjà tous. Ainsi, le fait que tous les mouvements ou presque soient déjà débloqués sous-entend alors que le joueur maîtrise déjà les rudiments du premier épisode, ce qui va alors rendre l’expérience globale beaucoup plus simple à prendre en main que le premier opus. Le jeu va donc pousser l’exigence des pouvoirs plus loin en vous offrant la possibilité d’utiliser à outrance la bioélectricité et autres capacités d’invisibilité, propres au personnage mais qui rendent les combats parfois beaucoup plus simples.

Une expérience PS5 ?

Si le jeu reprend de nombreux éléments au titre de base, il réussit tout de même à poser son propre univers grâce à une musique efficace mais peu inspirée, donnant l’impression d’être tout droit tirée du film Spider-Man: New Generation. Toutefois, cet univers n’en reste pas moins porté par une réalisation très fine et d’une réelle propreté. Grâce à sa résolution 4K et son ray tracing, le jeu offre une expérience clairement plus jolie que jamais, offrant à la ville enneigée une multitude de détails de fumée, de neige, de brume, apportant un réalisme nouveau à la ville. Pour les plus exigeants, le jeu proposera également un mode “Performance” permettant, en délaissant le ray tracing, de bénéficier du jeu en 4K et 60 FPS. À mon sens, c’est cette expérience qui est la plus bénéfique au jeu. Bien que quelques finitions ne soient pas disponibles dans ce mode, la fluidité apportée par le 60 FPS est ici au service d’un personnage dont les déplacements se font avec une rare rapidité. Il est donc logique pour ce type de jeu de profiter avant tout d’une meilleure fluidité d’image.

L’éditeur de photo est toujours aussi sympa !

Côté manette, tout est là. Si les animations sonores sont pléthores (mais jamais désagréables), c’est surtout l’utilisation habile du retour haptique et des gâchettes adaptatives (en particulier R2) qui m’a marqué. Si Marvel’s Spider-Man: Miles Morales, à l’instar de Marvel’s Spider-Man: Remastered, ne fait encore qu’effleurer les capacités de la nouvelle DualSense, il est tout de même très agréable de ressentir (même un peu) la pression des toiles sur les buildings lorsque, vous Spidey, se balance à travers le rues de Manhattan. Si c’est ce plaisir initial que les joueurs vont en premier lieu rechercher dans un titre Spider-Man, il est ici légèrement amplifié par la puissance des gâchettes et une palette de vibrations plus fine que jamais.

Enfin, on notera – à l’instar de la grande majorité des jeux PS5 – des temps de chargement incroyablement courts. Il m’a fallu entre 4 et 6 secondes de chargement entre le moment où je lance le jeu et le moment où je contrôle l’araignée.

Concernant la version PS4 du jeu, non seulement elle ne bénéficie ni du mode “Performance”, ni des fonctionnalités de la manette DualSense exclusive à la PS5, mais surtout de nombreux ralentissements sont à prévoir. Nous avons mené nos tests sur PlayStation 4 (version normale, pas PS4 Pro) et sur PlayStation 5, et les différences techniques se font ressentir. Toutefois, cela n’a finalement pas trop nuit à l’expérience de jeu sur PS4 qui est restée agréable, mais moins optimisée.

Ahhh le centre commercial !

Un continuité maladroite

S’il est fort appréciable que le jeu s’ancre totalement dans la narration du jeu originel ainsi que de ses DLC “La ville qui ne dort jamais”, Marvel’s Spider-Man: Miles Morales ouvre sur une scène pour le moins calée sur l’ambiance générale du premier titre, nous permettant de se retrouver aux côtés de Peter Parker, pas vraiment au meilleur de sa forme. Pourtant, au-delà de cette première scène d’introduction particulièrement réussie et puissante en décors (mention spéciale pour la phase dans le centre commercial, assez magique), c’est dans la suite de la narration que le soufflée retombe. Alors que Mary-Jane se voit proposer un job en Europe, Peter décide de la suivre et laisse alors New York City entre les mains de son petit protégé : Miles Morales. J’entends qu’il ne soit pas forcément évident de nous offrir un jeu Spider-Man sans Peter Parker et que donc il était plus simple de le faire partir en voyage. Mais sérieusement ?

Une fois que l’on a accepté la façon légère dont le pauvre jeune Miles s’est retrouvé seul pour gérer une ville aussi complexe que NYC, c’est surtout dans la présentation de ses protagonistes et le rôle qu’ils vont porter qui m’a semblé vraiment limite. Sans trop vous spoiler, Miles ne croisera la route que de 5 ou 6 personnes dans son périple. Et il s’agit soit de super-héros, soit de super-vilains. Alors attention, je sais bien qu’il s’agit ici de personnages issus de comics, Sony n’ayant alors pris que quelques libertés scénaristiques particulièrement bien venues comme le fait de faire changer de sexe de l’un de ses antagonistes majeurs (si vous avez déjà avancé dans le jeu, je développe cette partie en fin d’article en SPOILER). Non, ce qui m’a vraiment chagriné, c’est ce que j’appelle “l’effet Scooby-Doo” : vous n’avez que 3 personnages, une entité héroïque et deux autres personnages. Le méchant ne pouvant alors être que l’un des deux personnages croisés plus tôt. Avec Marvel’s Spider-Man: Miles Morales j’ai réellement eu la sensation d’avoir sous mes yeux une histoire tracée à une vitesse grand V alors qu’il aurait été tout à fait possible de se pencher sur d’autres personnages de l’univers, de développer leur background et ainsi de donner de l’épaisseur et du suspens quant au destin de chacun. Pour cause, avec ses 8 à 12 heures de jeu pour finir le mode Histoire, l’expérience assez courte offre un condensé d’action et d’effets spéciaux qui aurait mérité un travail supplémentaire de narration.

Ça me fait penser à un passage de The Last of Us Part II. Pas vous ?

Mon avis

Marvel’s Spider-Man: Miles Morales est un titre court qui peu donner l’impression de “faire le minimum”. Pourtant, fort de son univers plus riche que jamais, le titre bénéficie d’un gameplay accessible et de graphismes souvent impressionnants. S’il n’est donc pas exempt de défauts, le jeu n’en reste pas moins un porte-étendard fier de la PlayStation 5 qui n’a pas à rougir face à ses prédécesseurs. Marvel’s Spider-Man: Miles Morales est un bon titre qui mérite le détour, d’autant plus lorsqu’il est accompagné du remaster du premier jeu. Toutefois, après comparaison avec la version PS4, l’achat du jeu au prix fort semble plus justifiable sur PS5 que sur PS4.

Nota Bene

NB #1 : Il est important de rappeler qu’à contexte similaire en 2013 lors de la sortie de la PlayStation 4, l’un des jeux phares du lancement de la console n’était autre que Killzone: Shadow Fall dont la durée de vie n’excédait guère les 10 heures de jeu, avec une rejouabilité finalement plus faible qu’un Miles Morales… Au lancement des consoles, il n’est pas surprenant (et au vu des temps de développement nécessaires) d’avoir des jeux assez courts.

NB #2 : attention SPOILER. Je parlais plus haut de modifications scénaristiques intéressantes, on peut facilement penser au fait que Tinkerer, soit en français “Le Bricoleur”, apparu pour la première fois dans le comic book The Amazing Spider-Man #2 en mai 1963, s’appelle Phineas Mason. Et il s’agit d’un homme, et non d’une femme. Le jeu avec le nom Phin fonctionne alors ici très bien et m’a semblé pertinent.

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Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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