TEST – Watch Dogs: Legion

BIENVENUE DANS WATCH DOGS 2077
3.5

En deux mots :

Sage, timide et basé sur un concept “sympa”, Watch Dogs: Legion est sorti sans trop faire de vagues en offrant aux joueurs ce qu’il sait faire de mieux : un open world agréable. Mais non sans défauts…

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User Review
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Watch Dogs: Legion est un jeu vidéo d’action-aventure et d’infiltration développé par le studio d’Ubisoft Toronto, en coproduction avec Ubisoft Montreal, Ubisoft Paris, Ubisoft Bucarest et Ubisoft Kiev, et édité par Ubisoft. Le jeu est sorti le 29 octobre 2020 sur PlayStation 5, Xbox Series, PlayStation 4, Xbox One, Google Stadia et Microsoft Windows. Il est jouable en solo ou en multijoueurs.

Sorti dans un contexte particulier qu’est celui de la crise sanitaire, je dois bien dire que le premier point qui m’a surpris concernant Watch Dogs: Legion est la quasi-absence de communication qui a été faite autour de la sortie du titre. Sortie majeure du planning Ubisoft, j’ai surpris de nombreuses personnes en leur annonçant que le jeu était sorti, et qui n’étaient tout simplement pas au courant (alors que ce sont des joueurs). Évidemment, je n’ai vu guère de publicités dans le métro, sur des bus ou dans la rue puisque nous ne pouvons plus sortir. Toutefois, même en ligne, sur la TV ou les plateformes de vidéo (comme Youtube), je n’ai pas eu le sentiment d’avoir eu une annonce de la sortie du jeu.

Tout d’abord, il me semble important de préciser que j’ai testé Watch Dogs: Legion sans aucun envie ou attente particulière. S’agissant d’une importante sortie signée Ubisoft, il m’était impossible de passer à côté. Et je dois dire que c’est avec une certaine surprise que je me suis laissé prendre au jeu, non sans avoir râlé à quelques reprises…

Ça c’est bien vu : à Londres, il y a des cafés PAR-TOUT ! Starbucks, Prêt-à-manger, etc.

Le pitch

Watch Dogs: Legion plonge le joueur dans un Londres futuriste dans lequel la technologie est omniprésente. Mais celle-ci prend le pas sur les libertés. Dans cet univers, vous incarnez un ancien agent secret membre de DeadSec en pleine mission d’infiltration lorsque tout capote. Vous vous retrouvez alors piégé et vous vous faites tuer. Tout DeadSec est mis à pied. Ou presque, car un irréductible membre reste disponible : vous. Choisissez votre personnage et commencez votre rebellion, tout en recrutant de nouveaux membres.

Malgré une introduction un peu molle et sans réel enjeu, le joueur est rapidement plongé dans un univers futuriste à mi-chemin entre époque contemporaine et cyber-punk. En ce sens, le choix de la ville de Londres comme terrain de jeu se prête à merveille à l’exercice. On parle quand même de la ville du rock, du grunge et du punk !

Lorsque vous lancez le jeu, il vous sera proposé de choisir entre deux modes :

  • Le mode Mort définitive : lorsqu’un de vos agents meurt au combat, il sera définitivement supprimé du jeu. Si plus aucun agent n’est disponible, le partie est terminée et vous devrez recommencer le jeu du début. Cette fonctionnalité, bien qu’elle puisse faire peur, ajoute en réalité une réelle tension, un vrai enjeu et donnera non seulement toute son importance au recrutement de nouveaux agents, mais donnera surtout une épaisseur au titre.
  • Le mode Normal : lorsqu’un agent meurt, il faudra attendre jusqu’à 60 minutes avant de pouvoir le choisir à nouveau. Ce délai peut être réduit au cours de vos recrutements de talents. Dans ce mode, vous devrez recruter surtout pour acquérir de nouvelles compétences à travers de nouveaux personnages. Une myriade d’agents jouables sera également très pratique lorsque vous aurez des difficultés sur une mission particulière, en vous permettant de retenter l’expérience avec un autre agent.

Durant toutes mes sessions de jeu, un constat criant m’a alors sauté aux yeux : malgré son concept “sympa” de multi-personnages, le jeu qui propose plusieurs histoires principales, semble très rapidement manquer d’une trame principale. En effet, bien que votre agent soit invité à se perdre dans l’univers, la frontière entre les missions dites principales et secondaires s’avère floue. À tel point que j’ai finalement perdu de vue l’objectif principal du jeu.

N’est-il pas mignon mon petit banquier hipster ?

La rebellion a plusieurs visages

Si le titre se veut moins fun et léger que son petit frère Watch Dogs 2, il n’empêche que Watch Dogs: Legion reste un titre bien moins sérieux et tragique que le tout premier opus. Pour cause, malgré des sujets traités terriblement sombres : croyances tech, trafics d’êtres humains, trafics de drogues et j’en passe, le titre ne réussit pas à se présenter comme réellement profond. Par exemple, le fait même que la rebellion soit composée de plusieurs agents jouables – le concept même du jeu donc – empêche le joueur de s’identifier pleinement à un seul protagoniste et donc de ressentir sa peine. Finalement, le seul lien que le joueur peut nouer avec quelque personnage que ce soit, ce sont les différents antagonistes avec lesquels il sera plus ou moins d’accord. De mon point de vue, le jeu prend place dans une époque sombre mais reste à aborder de façon assez légère grâce au multi-personnages.

Bien qu’il vous soit possible de ne choisir que le même agent pour 80% du temps, l’intérêt du titre réside surtout dans les aptitudes de chacun de vos rebelles. Il vous faut habilement composer votre “deck” de rebelles afin d’avoir les meilleurs éléments, les meilleurs passe-droits et les meilleurs profils pour régénérer au plus vite vos agents préférés. Cet aspect donne une tonalité finalement très fun au jeu, qui vous pousse à “farmer” les meilleurs aptitudes. Si ces phases de jeu restent fort appréciables, elles ne favorisent pas la concentration sur les missions, et surtout sur les missions principales malgré des scènes sublimes totalement reléguées au second plan. J’ai, par exemple, noté l’incroyable mission concernant Skye Larsen qui m’a totalement surpris tant certaines phases semblaient puissantes par rapport au reste de l’expérience globale, un peu trop noyée sous les missions secondaires.

Certaines missions sont vraiment bien réalisées !

Hackez-moi tout ça !

Il s’agit tout de même de la principale promesse lorsque l’on aborde le sujet d’un Watch Dogs : le piratage. Or, force est de reconnaître que si la formule fonctionne toujours aussi bien, laissant place à des puzzles et énigmes intéressantes, ces phases apparaissent comme de moins en moins amusantes. Globalement, si le jeu propose un gameplay solide, basé sur ses prédécesseurs, il n’est pour autant aucunement révolutionnaire (lui) et offre des mouvements peu naturels. Toutefois, les phases de conduite, qu’il s’agisse de véhicules sur terre, mer ou dans les airs, restent très appréciables et pour le moins équilibrées. On pourra cependant regretter que, dans un univers si “électrique”, le gameplay global reste un poil trop mou pour réellement amener de la profondeur à l’ambiance.

Heureusement, le jeu apporte aussi son lot de bonnes surprises. Il est, par exemple, conseillé de rouler à gauche (eh oui, Angleterre oblige). Les fans d’Ubisoft apprécieront l’utilisation de la touche R2 pour permettre au personnage de courir, qui rappelle naturellement le freerun (tu me manques) de la saga Assassin’s Creed. Ainsi, des petites touches “made in Ubisoft” sont glissées par-ci, par là, pour notre plus grand plaisir.

Les phases en drone restent sympa

Côté pixels, qu’est-ce que ça donne ?

Lorsque je pense aux productions signées Ubisoft, je pense en premier lieu à ses open worlds et à ses directions artistiques soignées. De The Division 2, en passant par Far Cry 5, Assassin’s Creed Origins, Assassin’s Creed Odyssey, Eagle Flight ou encore Steep, Ubisoft a maintes fois prouvé sa capacité à proposer et à gérer des univers ouverts inspirés et de qualité.
À l’instar de ses prédécesseurs, Watch Dogs: Legion offre au joueur un terrain de jeu de qualité très agréable, fourmillant de détails. D’ailleurs, bien que les aficionados d’Ubisoft aient déjà jonché les rues de Londres dans Assassin’s Creed Syndicate, il ne semble plus rester grand chose du titre de la Londres victorienne tant les détails futuristes et cyber-punk sont nombreux.

Appuie sur le champi Marcel !

Toutefois – mais sans grande surprise – nous avons remarqué, durant nos sessions, de nombreux problèmes techniques : au-delà des simples temps de chargements trop longs sur Current Gen (PS4 Pro, Xbox One X), ce sont surtout les scripts qui ne se déclenchent pas ou encore des bugs de collision, freezes, baisses de framerate ou autres clippings qui ont perturbé quelques-unes de nos parties. Si nous n’avons pas eu de problème majeur comme la suppression de notre sauvegarde, c’est surtout l’accumulation de petites faiblesses techniques qui peuvent user à force.

Mon avis

Si je n’en attendais pas forcément grand chose, Watch Dogs: Legion a tout de même réussi à me cueillir grâce à son univers construit et solide, son open world agréable et quelques missions particulièrement réussies.
Malgré tout, quelques faiblesses techniques et la réutilisation d’une recette qu’on ne connaît que trop bien pourraient laisser comme un arrière-goût de manque de prise de risque. Peut-être aurais-je presque préféré que le jeu m’impose le mode Mort définitive. Il est évident que j’aurais aimé être un peu plus surpris par le titre. Bon, ce n’est peut-être pas là que les joueurs attendent la sortie d’un nouveau Watch Dogs. À tous ceux qui ont aimé Watch Dogs et Watch Dogs 2, rien ne devrait réellement vous empêcher d’apprécier ce nouveau titre signé Ubisoft.

Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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