REVIEW – Mr Love: Queen’s Choice (anime)

UNE MAUVAISE ADAPTATION MAIS UN ANIME DÉCENT
2.5

En deux mots :

Mr Love: Queen’s Choice s’axe davantage sur le mystère que sur la romance. Si les personnages sont globalement bien travaillés, l’anime souffre de nombreuses lacunes côté animation et intrigue.

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Mr Love: Queen’s Choice ou Koi to Producer : Evil x Love est l’adaptation anime de l’application chinoise Love & Producer, sorte de mélange entre otome game et visual novel (pour les plus curieux, elle est disponible en anglais sur smartphone IOS et Android). L’anime, sorti en juillet 2020, reprend le synopsis du jeu, qui conte les aventures d’une jeune productrice d’émission télévisée et de son harem (ne nous mentons pas : c’est clairement ça). La série de 12 épisodes est produite par le studio MAPPA (Sarazanmai, Yuri!!! on Ice) et disponible sur les plateformes de streaming Crunchyroll et ADN.

Le pitch

Après le décès de son père, une jeune femme se retrouve à la tête d’une petite société de production et doit travailler dur pour livrer le programme qu’elle réalise pour la télévision. Dans le même temps, elle rencontre quatre garçons pouvant potentiellement devenir son petit ami : Simon (un scientifique), Kiro (une star déjà très populaire), Gavin (un policier) et Victor (président du groupe Loveland qui finance sa compagnie). Ils sont tous des “Evolvers” détenant certains pouvoirs.

Courir pour rester sur place

Je vous préviens tout de suite : je n’ai pas joué à l’application, aussi cette critique s’appuiera-t-elle uniquement sur l’adaptation anime. En lisant le pitch de la série, j’étais un peu sceptique. En effet, les animes issus d’otome games reprennent très souvent le même schéma scénaristique et finalement, la seule chose qui les différencie, c’est l’intrigue autour de laquelle les romances prennent forme. C’est d’autant plus marquant lorsque des éléments comme la magie, la science-fiction ou encore le mystère sont de la partie. Eh bien justement, ce dernier est au coeur de Mr Love: Queen’s Choice. Et plus que ça, l’énigme de l’evol prend complètement l’ascendant sur les relations entre l’héroïne et ses prétendants. En ce sens, l’anime me fait penser à Libra of Nil Admirari qui fonctionne plus ou moins de la même façon. Ça change et c’est agréable. La part de mystère dans Mr Love: Queen’s Choice est globalement bien ficelée et tient en haleine le spectateur, en dépit de coïncidences trop faciles et de clichés, quasi-inévitables dans toute bonne adaptation d’otome game qui se respecte.

L’histoire commence avec un synopsis qui relève du grand classique dans ce type d’anime : l’héroïne, jolie, courageuse et persévérante, souffre d’amnésie et son père est mort de façon étrange. Là où Mayu se distingue des autres animes d’otome games, c’est qu’elle est chef d’entreprise, plutôt indépendante, et n’agit pas forcément en fonction des avis des membres de son harem (appelons un chat un chat). Ce dernier se compose de 4 hommes charmants, évidemment, qui ont chacun leur personnalité bien à eux mais aussi leur facette cachée parfois improbable :  la superstar hacker de génie et le PDG génie de la cuisine, on y croit moyen quand même. Chaque prétendant a droit à son ou ses épisodes consacrés avec l’héroïne, même si on constate rapidement que Gavin (Hak en VO) est le plus mis en avant de tous, au détriment notamment de Kira qui fait presque de la figuration, et de Lucien presque inexistant dans les derniers épisodes. Concernant l’antagoniste… catastrophe. Hadès ? Qui ? Vraiment, je ne vois pas. Il ne sert vraiment qu’à jouer le grand méchant et relève, qui plus est, d’une consistance d’un vide abyssal, accompagné de son thème musical tout droit sorti de Vampire Knight.

Méprises et tremblements

Alors on ne dirait pas comme ça, mais l’anime est intéressant : les personnages sont assez développés pour que l’on s’y attache un minimum, les possibles romances dosées convenablement, l’histoire est plutôt captivante et le suspense bien travaillé. Suivre l’héroïne dans ses aventures n’est franchement pas désagréable. Cependant, il y a un “mais”, et même plusieurs. Commençons avec la production et ses nombreux travers : beaucoup seront de mon avis mais voir écrit “Lucien” et entendre “Simon”, “Victor” à la place de “Zen” (ce qui est relativement différent, nous sommes d’accord) “Kiro” pour “Kira”, et enfin Gavin pour “Hak”, c’est tout de même assez perturbant, et même frustrant. Petite explication : quand l’application chinoise s’est exportée en occident, les créateurs ont cru bon d’adapter les prénoms des prétendants. Soit. Mais appeler ces personnages par leurs noms “occidentaux” dans les sous-titres et entendre en voix originale leurs noms originaux, c’est un grand NON.

Côté forme de l’anime, si le chara design est sympa, l’animation est déséquilibrée. Certains effets sont brillamment exécutés mais pour certaines passages, ça pique carrément les yeux. Les transitions sont brutales, voire absentes entre les scènes, ce qui est assez désagréable au visionnage. Mais le plus gros bémol de cet anime, c’est sans aucun doute sa fin. Un véritable naufrage (et je ne dis pas ça parce que le final a lieu sur un bateau de luxe, ce qui, déjà en soi, n’a aucun sens). Rushée, précipitée, confondante par le manque d’explications criant, cette fin est d’une déception sans nom pour tous ceux ayant regardé Mr Love: Queen’s Choice. Tout se passe beaucoup trop vite et des éléments de l’histoire échappent à ceux qui n’ont pas joué à l’application. Si justement les nombreuses références à celle-ci font plaisir aux joueurs, voilà qui est quand même dommage que ceux qui n’y jouent pas, soient lésés. Et cerise sur le gâteau : la fin de l’anime tease une éventuelle suite…

Mon avis

Mr Love: Queen’s Choice est un anime divertissant, avec sa part de mystère et de magie. Chaque prétendant a droit à ses moments privilégiés avec l’héroïne, offrant de belles séquences romantiques. Sans réelle surprise, on reste sur le schéma bien connu de l’héroïne qui surmonte toutes les difficultés tout en se constituant son petit harem. Chaque prétendant a sa face “cachée” : Kira = hacker, Victor = chef de renom, Lucien = stalker… pas de réelle surprise en soi. Et en plus de cela, l’anime a bien des lacunes tant au niveau de l’histoire que de l’animation. Il aurait probablement été plus réussi si la saison s’était composée d’au moins 24 épisodes pour adapter correctement l’histoire originale.

Anna LESBROS

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