TEST – Le Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre

UN NAHEULBEUK COMME ON L'AIME
3.7

En deux mots :

L’univers est au rendez-vous et des combats périlleux sont au programme entre deux situations grotesques et un humour fidèle à lui-même.

Envoi
User Review
0 (0 votes)

Le Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre est un RPG médiéval-fantastique avec des combats tactiques. Sorti sur PC le 17 septembre 2020 , il est attendu sur console un peu plus tard. Le jeu est disponible sur Steam et Epic Game Store pour un prix de lancement à 35€.
Il n’est pas une adaptation bête et disciplinée de l’univers de John Lang. Il faut le voir comme une sorte de remake de la saison 1 de la série : Le Donjon de Naheulbeuk, série mp3 des années 2000. Si vous ne connaissez pas et que vous souhaitez plus d’informations, je vous recommande de lire notre ZOOM à ce sujet. Reprendre fidèlement la série n’aurait pas vraiment permis d’en faire un bon jeu. Il n’y a pas assez de matière pour cela. Le souhait de l’équipe, et avant tout de John Lang, était de ne pas tomber dans le piège de proposer un simple produit dérivé. Le défi est-il réussi ? Eh bien, c’est ce que nous allons voir tout de suite.

Le pitch

Une compagnie d’aventuriers (débutants) se voit confier la tâche de retrouver la douzième statue de Gladeulfeurha pour l’accomplissement d’une prophétie. Ils doivent, pour ce faire, explorer le Donjon de Naheulbeuk, terrible endroit dont personne ne sort, et n’y rentre pas non plus d’ailleurs…

Comme dit plus haut, il s’agit d’un remake de la saison 1. Le début et la fin sont sensiblement les mêmes, mais c’est tout le milieu qui change. Notamment avec cette fameuse Amulette du Désordre qui met nos héros dans une situation bien plus délicate que lors de la première version de l’histoire.

De beaux graphismes et un gameplay simple à prendre en main

Visuellement, le jeu est assez joli, et je n’ai pas rencontré de chute de framerate. Le tout est assez bien optimisé. Le jeu n’est pas gourmand, et il conviendra aux petites configurations. Cependant, il est possible que sans un SSD, vous trouviez les chargements un peu longs. Le rendu cartoonesque est parfait pour ce genre de jeu. Les environnements sont suffisamment diversifiés pour un jeu qui se déroule dans un seul et unique donjon.

Le gameplay d’un jeu n’a pas besoin d’être complexe, il doit avant tout être efficace. Et de ce côté-là le titre fait mouche ! Vous vous déplacez avec la souris en cliquant ou avec les flèches, à vous de voir. Vous contrôlez le chef du groupe (au choix) et les autres suivent. Pour ce qui est des dialogues, vous en êtes seulement spectateur. Vous n’avez pas de choix multiples à gérer, de camp à choisir… Parfois, on vous demandera, par exemple à la fin d’une quête, si vous gardez l’objet pour vous, pour le vendre, ou si vous le donnez à votre commanditaire. Mais c’est assez rare au final. Vous suivez simplement cette histoire en vous amusant de la réaction des personnages.


Chaque personnage a son utilité au combat. Vous pourrez les personnaliser via des arbres de compétences. L’équipe est celle de la série sauf pour le dernier personnage pour lequel vous aurez le choix entre trois protagonistes dont deux inédits.

Des combats tactiques solides, mais…

Le système de combat du Donjon de Naheulbeuk repose sur une bonne base. Une très bonne base même. Pour vous donner un comparatif, il se situerait entre Xcom et Final Fantasy Tactics Advance. Au début du combat, vous avez une zone dans laquelle vous répartissez vos personnages. Ne négligez surtout pas cette phase, parce qu’un mauvais placement peut faire tourner le combat en véritable catastrophe en moins de temps qu’il ne faut pour le dire.

Car oui, le jeu est dur. Et très dur dans les modes de difficulté élevée. Ils portent bien leur nom, croyez-moi ! Une fois le combat commencé, tous les personnages sur le terrain jouent chacun leur tour, alliés comme ennemis. L’ordre dépend de l’initiative, peu importe le camp. L’ordre est indiqué en haut de l’écran, il faudra le prendre en compte pour bien planifier vos actions ! Et en parlant d’actions, chaque personnage en dispose de deux : un déplacement et une action de combat : attaque, objet, compétence. Vous pouvez les effectuer dans l’ordre de votre choix, ça n’a pas d’importance. Il est possible de se déplacer plus loin en échange de son action de combat, mais il n’est pas possible, par exemple, d’attaquer deux fois si vous ne bougez pas. Il faudra donc parfois choisir entre vous soigner ou envoyer votre épée dans les dents de ce maudit gobelin en espérant qu’il ne vous tue pas au prochain tour. Vos aventuriers, à l’exception de l’Ogre et de la Magicienne ont la possibilité d’équiper deux armes. Une pour le corps-à-corps et une pour les attaques à distance. Cela les rendra un peu plus polyvalents.

De plus, suivant là où vous vous trouvez par rapport à votre adversaire, cela fera une différence. Selon que vous l’attaquiez de front, de flanc ou de dos, vous n’aurez pas le même pourcentage de touche. C’est assez logique, mais tous les tacticals ne prennent pas ce détail en compte. Et les pourcentages de touche, justement, parlons-en… Ils ne sont, de base, pas extrêmement élevés. Il est possible de les augmenter un peu en mettant vos combattants côte à côte ou en augmentant votre adresse lors des montées de niveau. Mais cela ne s’arrête pas là. Le jeu intègre une mécanique d’esquive qui n’est pas prise en compte dans les pourcentages ! Par exemple, même si sur une attaque vous avez 110 % de chance de toucher, mais que l’ennemi a 25% d’esquive, cela vous fait 1 chance sur 4 de le rater ! C’est d’autant plus frustrant quand l’attaque en question était décisive pour l’issue du combat… Leur rythme étant assez lent, on n’en voit parfois plus la fin, et cette histoire d’esquive n’aide pas.
Pour ce qui est des morts, rassurez-vous aucune n’est définitive, même celle du voleur (toi même tu sais) ! Lorsqu’un de vos personnages tombe à terre, vous avez trois de ses propres tours pour le relever. Sinon, il finit hors combat et vous devrez vous passer de lui pour le reste de la bataille. Pour relever un allié, il suffit de le soigner avec un sort de soin ou une potion. Mais attention, il subira quelques malus. Donc, autant que faire se peut, ne les laissez pas tomber au combat si vous le pouvez !

Pour pallier toute cette difficulté, l’équipe de développement vous offre tout de même une petite aide : la jauge Randomia. C’est une jauge à quatre niveaux qui se remplit lors des coups de grâce, actions malchanceuses ou échecs. Chaque niveau est une petite aide utilisable à tout moment comme une action supplémentaire pour un personnage ou des soins.

Et pour finir une fois la bataille terminée, sur l’écran des récompenses, vous pourrez directement soigner votre équipe avec potions et autres bandages. C’est un point très bienvenu.

Un humour… des voix…

Naheulbeuk, c’est avant tout un humour quelque peu graveleux, potache, de bas étage, j’oserais dire même, et des situations grotesques. Mais c’est pour cela qu’on l’aime ! Ou qu’on ne l’aime pas, chacun ses goûts, après tout. C’est, dans tous les cas, ce qui en a fait son sel, sa renommée. Il est possible qu’aujourd’hui, cela ne vous fasse plus rire du tout et que vous soyez passé à autre chose. Naheulbeuk est resté fidèle à lui-même et espérer quelque chose de différent, c’est un peu comme aller voir un spectacle de Jean-Marie Bigard et s’attendre a un humour plus grand public à la Gad Elmaleh.

Pour ce qui est des voix, par contre là, c’est un tout autre débat. Naheulbeuk résidant à la base uniquement sur des voix, et des bruitages bien sûr, c’était LE point à ne pas rater dans ce jeu. Le résultat est plutôt en demi-teinte. Premièrement, vous voilà prévenu, toutes les voix iconiques ne sont pas au rendez-vous. Soyons indulgents tout de même, ce pauvre PoC ne pouvait pas les faire toutes tout seul. Il y serait encore, je pense. Par exemple, le Nain et le Barbare gardent leurs voix. L’elfe et la magicienne en ont de nouvelles, mais elles sont assez proches donc au final, ça leur donne un air plus naturel et cela ne choque pas outre mesure. Par contre, pour le Ranger, c’est assez différent, et j’ai l’impression d’avoir affaire à un autre personnage. C’est un peu déroutant. L’esprit est là, mais il a tout de même l’air changé.

Mais pour ce qui est de voix dans leur globalité, la performance reste, dans l’ensemble, moyenne. Ce n’est pas mauvais, loin de là. Mais comparé aux doublages de qualité irréprochable qu’il est possible de trouver dans les jeux vidéo de ces dernières années, cela reste moyen. Autre souci, les personnages parlent très (trop) souvent dès qu’il se passe quelques chose. Si sur le papier ce n’est pas une mauvaise idée et que cela rend le jeu vivant, le manque de phrases se fait rapidement sentir. Par exemple, lorsque vous ouvrez la carte, un personnage fait une réflexion. Et ils n’ont qu’une phrase chacun. Cela devient rapidement très redondant, et fortement lassant. Il est possible de couper ces “bavardages” mais c’est dommage de se priver de ce qui était une bonne idée au départ, par manque de répliques différentes.

Mon avis

Le Donjon de Naheulbeuk : L’Amulette du Désordre est-il au final un bon jeu? Oui. Peut-il être apprécié et être une bonne porte d’entrée pour un néophyte de l’univers ? Difficile à dire. Cela dépendra de ce que vous recherchez. Si l’humour un tantinet ridicule et grossier vous amuse ainsi que les situations sans queue ni tête, alors vous devriez apprécier cet univers. Si c’est un bon RPG tactical que vous cherchez, il peut convenir surtout avec un prix de lancement aussi bas. Les mécaniques restent bonnes et le jeu se parcourt bien même si les combats sont vraiment longuets. Il est possible de les accélérer mais voir tout le monde bouger en “avance rapide “, c’est vraiment pas beau et ça gâche un peu trop les animations.
Donc en définitif je dirais que Naheulbeuk est un bon jeu, mais qu’il faut savoir où vous mettez les pieds.

Billy-Dubos

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.