REVIEW – Sing “Yesterday” For Me (anime)

SING "YESTERDAY" FOR ME OU L'ART DE SE PRENDRE UN RÂTEAU
2.8

En deux mots :

L’anime est un slice of life qui se veut mature et réfléchi, sur fond de quête de soi et d’amour à sens unique. Dommage que la fin, bâclée, gâche le reste de l’œuvre.

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Sing “Yesterday” For Me ou Yesterday wo Utatte de son titre original, est un manga seinen créé par Kei Toume (Les Lamentations de l’Agneau, Déviances), lancé initialement en 1998 au Japon (eh oui), et en 2003 en France aux éditions Delcourt Tonkam. Composée de 11 tomes, la série est aujourd’hui connue comme un incontournable du registre slice of life. Et alors que personne ne s’y attendait, un anime de 12 épisodes issu de l’œuvre est sorti en 2020, suivi d’une série de 6 OAV, tous deux produits par le studio Doga Kobo (Gekkan Shoujo Nozaki-kun, Donten ni Warau). En France, l’adaptation anime est disponible sur Crunchyroll.

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Le pitch

Dans une petite ville de banlieue située sur une ligne de chemin de fer privée, juste après la grande gare de Shinjuku, quatre jeunes adultes tentent de vivre leurs plus belles années malgré les difficultés et les doutes qu’ils peuvent ressentir. De petits malentendus se transforment parfois en situations compliquées tandis que s’entremêlent leurs sentiments…

La vie est imprévisible

Dès les premières images, difficile de rester impassible face à leur délicatesse et au soin qui leur a été apporté. Qu’il s’agisse des paysages bluffants de réalisme, du chara-design, ou de l’animation elle-même, Sing “Yesterday” For Me délivre ici une performance visuelle à couper le souffle. C’est peut-être même l’une des meilleures que j’ai pu voir ces derniers mois. Toujours au niveau de la forme, la bande originale est sympathique sans pour autant être exceptionnelle. Je relèverais tout de même le troisième ending, très bonne reprise de la chanson Yesterday wo Utatte de RC Succession, qui a donné son nom au manga. Ce dernier, par ailleurs, lancé il y a maintenant 22 ans, est connu pour son rythme lent au niveau de l’intrigue mais aussi de publication puisque qu’il s’est achevé au onzième tome en 2015 au Japon ! Mais alors, qu’en est-il de l’anime ? Eh bien, c’est mi-figue mi-raisin. Si globalement, l’histoire avance lentement, en cohérence avec l’état d’esprit des personnages, l’anime se conclut de manière expédiée et presque abrupte. Mais nous y reviendrons plus tard.

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Sing “Yesterday” For Me prend place à la fin des années 1990, début 2000, à une époque où les téléphones portables n’étaient pas encore démocratisés, et où la vie, finalement, était plus simple. Ce cadre est agréable à découvrir ou redécouvrir, et en plus, produit par un studio en 2020, chose rare. L’intrigue, quant à elle, est à la fois basique et complexe. Elle met en scène un carré amoureux (oui, oui) de jeunes adultes qui se cherchent eux-mêmes. Autre point commun : tous sont des débutants en amour. On a Rikuo, amoureux transi de la belle (et insupportable malgré elle) Shinako bloquée dans le passé, dont est aussi amoureux le jeune Rô qu’elle considère comme un frère, et on a enfin Haru qui n’a d’yeux que pour Rikuo. Vous voyez le tableau ? Si l’anime expose bien la construction de certains personnages comme Shinako, il en dévalue d’autres comme Haru, qu’on ne voit finalement pas tant que ça, et dont on ne connaît pas toujours les pensées les plus profondes.

Amour, gloire, et indécision

Sing “Yesterday” For Me, c’est l’histoire de marginaux qui n’ont d’autre choix que de changer par eux-mêmes. Et ça prend du temps. Beaucoup de temps. En effet, nos protagonistes ont du mal à avancer, comme tout un chacun ou presque, et cette stagnation peut vite se révéler agaçante au fil des épisodes. C’est d’ailleurs le message clé de l’œuvre : non à la passivité. Les réflexions des personnages sont profondément humaines et compréhensibles telles que : “Faut-il persévérer dans un amour à sens unique ?” , “L’amitié homme / femme est-elle possible ?”, “La dure vérité est-elle toujours une meilleure solution que le pieux mensonge ?”, “Faut-il rester dans le non-dit afin d’éviter de blesser son entourage ?”, … et j’en passe. La complexité des sentiments humains est ici mise à nue. Ainsi, on peut aisément s’identifier aux sentiments de chacun, ici exprimés par des dialogues marquants.

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Si ce slice of life se veut mature et apaisant, il contient de nombreux défauts. Les personnages, bien qu’adultes, se conduisent comme des adolescents qui tournent en rond dans une situation qui aurait pu être réglée très vite, sans pudeur et surtout avec franchise. Je pense surtout à Shinako, dont la perpétuelle indécision fait écho à sa lâcheté et à son égoïsme. Les autres protagonistes ne sont pas beaucoup mieux cela dit, et difficiles à vraiment apprécier. Autre (et pas des moindres) bémol, et j’en parlais au début de cet article : la fin de l’anime. Une catastrophe. Et le mot est faible. Précipitée, rushée, incohérente avec le reste de la série, bref, vous avez saisi : rien ne va avec celle-ci. Alors que jusque-là l’anime se voulait plutôt lent dans son rythme, le spectateur a droit à une conclusion expédiée. Aucun sens.

Mon avis

Difficile de dire si j’ai aimé ou non, mais une chose est sûre : j’ai détesté ce final, à mon sens, déplorable. Il gâche l’ensemble de l’anime par son incohérence, en en faisant un cliché phénoménal que l’œuvre avait pourtant pris soin d’éviter jusqu’à présent. En dépit de cela, la série n’est pas mauvaise, véhiculant de beaux messages dans une ambiance apaisante. L’animation, je le souligne une nouvelle fois, est sublime, et pour le coup, vaut le détour.

Anna LESBROS

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