REVIEW – Imperium Circus

PLACE AU SPECTACLE !
2.7

En deux mots :

Malgré ses qualités indéniables, Imperium Circus ne se démarque pas vraiment des autres shōnens, si ce n’est le thème du cirque. Les nombreuses intrigues s’emmêlent entre elles et perdent le lectorat. Dommage.

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Imperium Circus est un global manga ou plus exactement un manfra (manga français), issu de l’imagination de Robin Dall Armellina, et dessiné par Codaleia et Alexandre Desmassias. Sorti en janvier 2020, le manfra est le fruit de la collaboration entre l’éditeur Kurokawa et Tsume, acteur incontournable du marché des figurines en France. Ensemble, Kurokawa et Tsume ont lancé leur propre collection de mangas français nommée Kurotsume. Après Ragnafall, Imperium Circus est la seconde série de ce partenariat inédit. Mais alors, qu’en est-il ?

Le pitch

Léo ne rêve que d’une seule chose : monter son propre cirque avec son ami Nathaniel. Pour cela, il doit tout d’abord se libérer du contrat qui le lie au Cirque du Chapelier.
L’opportunité se présente lorsque la Commission décide d’organiser un Underground Circus entre le Cirque du Chapelier et celui du Marquis Bleu.
Sombre, violent… Léo va apprendre à ses dépens que le monde du cirque est impitoyable…

Bienvenue au Cirque du Chapelier

Avant de vous parler d’Imperium Circus, il faut savoir que le manfra a déjà été présenté au grand public en 2018 à l’occasion d’un événement organisé par Tsume. À ce moment-là, c’est Guillaume Lapeyre (Les Légendaires – Saga, City Hall) qui se charge des dessins du manfra. Cependant, l’année suivante, sa collaboration avec Tsume prend fin et la talentueuse Codaleia prend son relais, en se basant sur les dessins de Guillaume Lapeyre pour Imperium Circus. Ça, c’était pour la petite histoire. Concernant l’œuvre en elle-même, disons qu’elle est unique en son genre. Imperium Circus a tous les éléments du shōnen classique : un héros volontaire, déterminé, veut changer le monde dans lequel il vit, entouré de bons amis. À cela s’ajoute l’univers singulier d’Imperium Circus rempli de magie (ou plutôt d’oscent ici) et de violence. S’il y a bien une chose que l’on peut reconnaître à l’auteur, c’est le sens du détail en terme de scénario qu’il a apporté à son œuvre. En effet, que ce soient les règles de l’Imperium Circus ou les différents oscents, tout est expliqué avec soin pour que le lecteur s’imprègne le plus rapidement possible de l’univers du manfra.

Cependant, ce sens du détail a aussi ses limites. En effet, l’auteur présente dans ce premier tome une multitude de personnages aux différents oscents dont il est impossible de retenir tous les noms tant ils sont nombreux. Pour revenir aux personnages principaux, ici Léo et Nath, ceux-ci sont plutôt sympathiques, mais pas suffisamment développés pour que l’on s’y attache vraiment. D’autant plus qu’ils sont issus d’archétypes de personnages shōnen vus à maintes reprises. Idem, le concept de l’oscent ressemble beaucoup à celui du Nen dans Hunter x Hunter ou encore du stand dans JoJo’s Bizarre Adventure. Mais après tout, pourquoi pas. Le thème du cirque est, en revanche, original, puisque les mangas traitant du même sujet se comptent sur les doigts de la main.

C’est ma destinée (ou pas)

Dans Imperium Circus, comme dans de nombreux shōnen, le personnage principal, Léo, croit dur comme fer en sa destinée. Enfin, personnage principal, c’est vite dit. Enfin, et ce dès la fin du premier chapitre, le lecteur fait face à un twist de choix le concernant, que je vous laisse découvrir. L’histoire contée dans le manfra, en soit, n’est pas mauvaise. Mais elle part très vite dans tous les sens. Au début, c’est simple : deux garçons veulent se sortir de leur condition et réaliser leurs rêves ; ok. Par la suite, l’univers conséquent et comme expliqué précédemment, très détaillé, étouffe le récit. L’auteur met en place différentes intrigues qui s’entremêlent et rendent la lecture confuse. Où est-on ? Qu’est-ce qui s’est passé ? Comment on en est arrivé là ? Il faut parfois retourner aux pages d’avant pour comprendre le comment du pourquoi.

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Cette confusion concerne aussi bien le récit que les dessins. Si ceux-ci sont propres et globalement réussis, les scènes de combats ne sont parfois pas très claires. En effet, on ne comprend pas toujours ce qui se passe. Ce qui est bien dommage compte tenu de la qualité graphique indéniable du manfra ! Par ailleurs, parce que c’est un manfra, on ressent profondément l’origine française de l’œuvre dans son ton, et surtout dans ses dialogues. Mais attention, ce n’est pas gênant pour autant.

Mon avis

Avec des dessins efficaces et un pitch de base accrocheur, le manfra avait tout pour réussir. Le concept de l’Imperium Circus est intéressant, et on ressent la volonté de l’auteur pour que sa complexité soit comprise par tous, et ce, rapidement. Cependant, les multiples intrigues et personnages confondent le lecteur et le perdent dans le récit. Voilà qui est bien dommage compte tenu de l’univers original qui nous est proposé dans Imperium Circus.

Anna LESBROS

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