REVIEW – My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom! (saison 1)

LA HAREM D'UNE IDIOTE ATTACHANTE
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En deux mots :

Pour la première fois, la méchante de l’histoire en est l’héroïne. Si le concept d’isekai harem avait tout pour être réussi, le développement trop maigre des personnages donne un sacré coup de mou à la série.

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My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom! ou Otome Game no Hametsu Flag Shika Nai Akuyaku Reijou ni Tensei Shiteshimatta… est, à l’origine, un light novel de Satoru Yamaguchi illustré par Nami Hidaka, sorti en 2014 au Japon. Adapté en manga de type josei en 2017, un spin-off est lancé en 2019, présentant une version alternative de l’histoire d’origine. Fort de son succès, ce qui devait arriver arriva, et un anime a vu le jour au printemps 2020, produit par le studio SILVER LINK (Strike the BloodMasamune-kun no Revenge). Ce dernier est disponible sur Crunchyroll et ADN.

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Le pitch

Après avoir reçu un coup à la tête, une lycéenne se retrouve projetée dans un otome game (jeu vidéo de drague), dans lequel elle incarne Catarina, la méchante rivale de l’héroïne. Connaissant le jeu, elle sait alors qu’elle est promise à un destin tragique…  Pour elle, la meilleure fin de ce jeu sera l’exil, et la pire, la mort ! Essayant de changer son destin, elle se retrouve confrontée aux autres protagonistes du jeu, qui, tout comme elle, sont pleins de surprises.

Plus feel good, tu meurs

Et je ne dis pas ça parce que l’héroïne est censée mourir. Bref. My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom! est un isekai singulier, au concept plutôt original. En effet, la plupart d’entre eux (comprendre, des mangas / animes dans lesquels le personnage principal est transporté dans un autre monde) traite des aventures épiques voire chevaleresques des héros. Sword Art Online ou The Rising of the Shield Hero en sont de bons exemples. Ici, la protagoniste se réveille dans la peau d’un personnage d’otome game, et pas n’importe lequel, la méchante de l’histoire, s’il vous plaît. Un isekai dans un jeu de romance, voilà qui est bien trouvé. Connaissant bien les différentes fins du jeu, la jeune fille veut tout faire pour éviter le destin tragique qui l’attend. Jusqu’ici, le pitch est alléchant. Cependant, l’histoire prend un tournant plus que prévisible puisque la jeune fille, nommée Caterina dans le jeu, fait preuve de beaucoup de bonté et de générosité, ce qui va à l’encontre du personnage de “méchante” qu’elle est censée incarnée.

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Qui dit otome game dit harem, et forcément, les prétendants originellement destinés à Maria, l’héroïne du jeu, tombent tous sous le charme de Caterina. Mais pas que. En effet, c’est un harem mixte qui prend place, puisque ce sont hommes et femmes qui veulent séduire la très naïve Caterina, qui, bien sûr, ne se rend compte de rien. Si au début, les quiproquos étaient amusants, cela devient vite redondant, voire agaçant tant la bêtise de Caterina est confondante. D’accord, sa candeur peut s’avérer charmante. Mais alors que dans son ancienne vie, elle était une “experte” des jeux de drague, qu’elle ne se rende pas compte qu’elle-même est devenue le centre d’un harem est cliché, même si la comédie est davantage au cœur de l’œuvre que la romance. Les autres personnages, nombreux, ne sont malheureusement pas suffisamment développés pour que l’on s’y attache vraiment, d’autant que leur adoration pour Catarina est excessive. On trouve le prince sadique qui ne l’est pas vraiment, son frère jumeau mélomane plus réservé, le frère (adoptif) protecteur, le bishonen mystérieux et les amies loyales qui ne se différencient pas beaucoup les unes des autres au niveau du caractère, à l’exception peut-être de Mary.

Je déclare ouverte l’assemblée anti fin funeste

En soit, l’anime n’est pas mauvais. Loin de là. Celui-ci se concentre davantage sur la comédie que sur la romance en elle-même. Les habitués du genre comprennent rapidement qu’il est peu probable que Caterina choisisse un.e prétendant.e à la fin de la saison. En effet, la jeune fille met tous ses efforts pour changer sa destinée comme on pourrait le voir dans un shōnen. Pourtant, comme beaucoup de séries, le concept se tord, et elle ne poursuit plus vraiment ce but à partir de la mi-saison, à cause d’épisodes fillers, qui cassent le rythme de la série, qui devient plus lent. My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom! est une œuvre bienveillante, positive, dans laquelle les moments sombres sont peu nombreux. Si ce parti-pris est agréable, on peut regretter le manque de profondeur apporté aux personnages et à l’intrigue alors que cette dernière dispose d’un certain potentiel à ce sujet. Par exemple, en dépit de légères révélations, Caterina ne repense que très rarement à sa vie antérieure, à sa famille notamment, ce qui aurait pu ajouter de l’intensité et du “réalisme” au récit. Malgré tout, certaines relations inter-personnelles sont bien travaillées, voire émouvantes, notamment entre Caterina et Acchan, son amie dans son ancienne vie, ou encore avec Anne, sa servante. Une certaine morale positive se dégage de l’anime, à savoir que des actions ô combien insignifiantes pour soi peuvent avoir une influence conséquente sur autrui et sa façon de penser.

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Dans My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom!, tout est beau, tout est rose, le spectateur est plongé dans un petit monde rempli de paillettes et de douceurs. À se demander où sont les problèmes. Alors oui, il y a un antagoniste que l’on découvre en fin de saison. Mais la révélation de son identité n’est pas une grande surprise et surtout, la conclusion de son arc, est mal amenée. L’œuvre a essayé de se donner du sérieux mais ne parvient pas à vraiment convaincre, faute d’une héroïne trop parfaite dont l’on devine les moindres réactions et à un pseudo-vilain dont les motifs des mauvaises actions n’ont finalement rien à voir avec Caterina. Néanmoins, sur le plan de la comédie, l’anime est efficace. Sans être transcendant, il demeure un bon divertissement, qui apporte un léger vent de renouveau dans le genre isekai harem. Au niveau de la forme, le studio Silver Link propose un travail tout à fait correct, avec des arrière-plans réussis et des personnages bien animés. Côté OST, l’opening est en parfaite adéquation avec l’esprit de la série.

Mon avis

My Next Life as a Villainess: All Routes Lead to Doom! est un anime fort sympathique sans s’avérer pour autant spectaculaire. Si le concept de base me plaisait, le déroulement de l’histoire m’a vite fait déchanter : je m’attendais à un divertissement plus original. La série est certes bienveillante, mais, au fil des épisodes, perd en saveur. Tout le personnage de Caterina repose sur sa maladresse et sa gentillesse à outrance, mais à tel point qu’il n y a finalement plus grand intérêt. Malgré tout, je regarderai avec curiosité la saison 2, d’ores et déjà annoncée pour 2021.

Anna LESBROS

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