REVIEW – Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques

IL ÉTAIT UNE FOIS UNE PRINCESSE-CHEVALIER
4.9

En deux mots :

Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques relève, presque, et ce, à quelques détails près, du chef-d’œuvre. Le spectateur y passe un très bon moment, à travers une nouvelle histoire, touchante et quelque peu amère. Du bon Violet Evergarden en somme.

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Sorti le 15 juillet 2020 sur Netflix en France, Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques est le premier film d’animation issu de la série animée Violet Evergarden. Le film, produit par Kyoto Animation (Clannad, Air, K-ON), est la dernière œuvre achevée par le studio avant le tragique incendie criminel du 18 juillet 2019 qui a coûté la vie à 36 personnes. Reporté à maintes reprises suite au drame, le film est finalement sorti le 6 septembre 2019 au Japon. Le chef-d’œuvre d’animation rend hommage de bien des façons aux membres de la production, notamment en nommant dans le générique de fin chaque victime de l’incendie.

Réalisé par Haruka Fujita, le film, classé comme un gaiden (qu’on pourrait traduire en français par “histoire parallèle”), débute pendant les événements de la série, à la manière de l’épisode spécial sorti en octobre 2018 en France. Fidèle au light novel de Kana Akatsuki, celui-ci offre au spectateur 1h30 de pure émotion, à l’image de la série éponyme. Un second film d’animation, nommé Violet Evergarden the Movie, conclura les aventures de la jolie jeune fille aux bras de métal en septembre prochain, au Japon.

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Le pitch

Une jeune fille solitaire, Isabella, se sent à l’étroit dans son pensionnat, et ne parvient pas à s’adapter dans la société privilégiée dans laquelle elle vit. Violet Evergarden, une poupée de souvenirs automatiques, est alors engagée comme tutrice par sa famille pendant trois mois pour qu’Isabella réussisse son entrée dans la société à travers le bal des débutantes. Si la mission n’est pas aisée pour Violet, comme à son habitude, il ne lui faudra pas longtemps pour faire baisser les armes à Isabella.

Comme une lettre à la poste

À peine les premières images défilent-elles à l’écran que les notes si familières de la bande originale de l’anime, composée par Evan Call, résonnent. Comme un moment de nostalgie, cet instant musical ramène instinctivement le spectateur dans l’univers à la fois si beau et si mélancolique de Violet Evergarden. L’animation est toujours aussi soignée et délicate, pour un rendu visuel tout bonnement savoureux. Cette adaptation de la deuxième histoire du light novel “spin-off” du même nom conte l’histoire de deux jeunes filles, Isabella et Taylor. En effet, ici, Violet, même si elle reste au cœur de l’intrigue, n’est pas le personnage principal de ce nouveau récit. Nous n’apprenons rien de nouveau sur celle-ci pour entièrement nous focaliser sur la relation touchante entre Isabella (ou devrais-je dire Amy) et Taylor. Le film se découpe en deux parties bien distinctes via une ellipse, la première narrant l’histoire des deux sœurs peu de temps après leur séparation, et leurs situations respectives trois ans plus tard.

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L’histoire, en soi, n’est pas vraiment originale. On pourrait même dire que c’est l’une des intrigues les moins surprenantes de Violet Evergarden. Pourtant, ça fonctionne. Fidèle à la série, le récit est bien travaillé, les personnages cohérents et profonds avec l’impact émotionnel que l’on attend d’un épisode de Violet Evergarden. Léger bémol cependant concernant Isabella : ses constantes crises de toux n’apportent rien à l’histoire, et bien qu’il s’agisse d’un élément qui aurait pu accentuer l’empathie du spectateur pour le personnage, c’est presque too much. Malgré tout, on se laisse aisément transporter dans l’histoire poignante des deux jeunes filles. Pendant mon visionnage, il m’est arrivé de penser : “Tiens, cette fois, je ne vais pas verser de larmes en regardant Violet Evergarden” pour que, cinq minutes plus tard, je me dise : “Ah ben si“. Preuve que ce premier long-métrage est réalisé d’une main de maître, tout en respectant l’univers si singulier de l’anime, et pas que. Si Violet est quelque peu en retrait de cette histoire parallèle, le spectateur ayant vu l’anime retrouvera de multiples références aussi bien implicites qu’explicites à ce dernier, qu’il s’agisse d’anciens clients ou de situations familières (mais je n’en dirai pas plus).

Une nouvelle forme d’amour

Ce qui fait toute la beauté et la popularité de Violet Evergarden, c’est la manière dont sont racontées les différentes histoires, et comment s’exprime l’amour qui lie les individus. Sans trop spoiler, la relation, et surtout l’affection que se portent Isabella / Amy et Taylor est inconditionnel, quand bien même n’ont-elles passé que peu de temps ensemble. Les émotions véhiculées, comme le manque, la séparation et de la solitude que cela engendre, toujours présente des années après, sont ancrées dans le cœur de chacun, personnage comme spectateur, et ce, quelle que soit la situation. Ce film, et globalement l’œuvre Violet Evergarden, est intemporel, et surtout universel. Bien que le long-métrage ait été achevé avant le drame de KyoAni – la veille plus exactement – il est presque inévitable de faire le parallèle avec l’incendie. Les lourdes pertes humaines ont causé une profonde et inaltérable douleur à leurs proches, sentiment mis en scène dans ce long épisode de Violet Evergarden.

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Au-delà des émotions qui se dégagent dans ce film, on note également un certain sens du détail. Au niveau visuel, tout d’abord, le studio met l’accent sur la notion de progrès dans une ville qui ressemble étrangement à un Paris dans une période steampunk. La ville évolue, et les mentalités aussi. De nombreux gros plans, volontairement peu subtils, sont notamment fait sur les talons portés par le facteur, et collègue de Violet, Benedict. Le refus du sexisme est également de mise dans Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques, à travers des échanges entre les personnages féminins, sans que cela devienne le cœur du sujet du film. Précédemment, je parlais du sens du détail apporté dans le long-métrage. Si c’est visuellement évident et abouti, ça l’est tout autant de manière sonore. En effet, le moindre son est calculé, ne serait-ce que le léger tintement des doigts en métal de Violet, et ça, c’est vraiment impressionnant pour un film de cet acabit. Enfin, pour conclure Violet Evergarden : Éternité et la poupée de souvenirs automatiques, le choix de faire appel à Minori Chihara, interprète des sublimes génériques de l’anime, est une idée évidente, mais brillante.

Mon avis

En résumé, vous l’aurez compris, ce long-métrage d’animation est un petit bijou. Si le synopsis relève du classique pour un épisode de Violet Evergarden, le film est efficace et de très bonne facture. L’animation, la bande originale, l’intrigue, les nouveaux et anciens personnages : tout est parfait ou presque. Alors, pour ceux qui se posent la question, oui, on peut voir le film sans avoir vu l’anime. Mais, dans ce cas, ce serait rater les nombreux clins d’œil à ce dernier, et toute l’évolution de Violet, qui revient, ne l’oublions pas, de loin.

Anna LESBROS

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