REVIEW – Rick et Morty (saison 4)

LA SAISON DE TROP ? PRESQUE.
3.5

En deux mots :

Une saison compliquée à noter. Une bonne saison qui marque peut-être la limite de ce que Rick et Morty peut nous offrir. Drôle, remplie de clins d’œil certes, mais elle souffre du même problème que toutes les séries qui fonctionnent très bien : quand on est habitué à de l’excellent, on a du mal à se contenter du très bon.

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En seulement trois saisons la série Rick et Morty s’est hissée au panthéon des univers les plus connus de la pop-culture. Après une très longue attente, elle revient avec une saison 4, mais sera t-elle à la hauteur des précédentes ?

Critiquer Rick et Morty est un exercice assez complexe pour moi qui ai dévoré les trois premières saisons tant de fois que je pense connaître par cœur certains épisodes. Au départ, je n’avais qu’une hâte : visionner la saison 4. Puis les mois ont passé, encore et encore. On nous a annoncé seulement 5 épisodes, puis 10, mais avec une pause à la mi-saison. Qu’à cela ne tienne, l’important, c’est d’avoir une saison, non ? Et puis, j’ai commencé à me dire que peut-être… Dan Harmon et Justin Roiland n’avaient plus d’inspiration ? Peut-être qu’on avait atteint tout ce que Rick et Morty avait à nous apporter ?

Bien sûr, pour les besoins de cette review, j’ai besoin de vous spoiler quelques répliques, donc si vous, vous n’avez pas encore vu la saison 4, ne lisez pas tout de suite. 

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Un début en fanfare

L’épisode 1 de Rick et Morty frappe fort : on est de retour chez les Sanchez-Smith, l’intrigue reprend presque comme si on ne s’était pas arrêté. Quelques nouvelles images au générique, Rick est toujours fourbe, alcoolique et drôle ; Morty est toujours bête, inconscient, mais plein d’amour. Mais pour démarrer… c’est moi ou l’animation a un peu changé ? Plus mouvante, un peu plus rapide ? Sans amener un grand bouleversement, ça reste cool. Les cinq premiers épisodes se suivent, en s’ajoutant plutôt bien au monument formé par les précédentes saisons. Pourtant, quelque chose a changé par rapport à celles-ci…

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Clin d’œil à la pop-culture sur clin d’œil à la pop-culture…

Chaque titre de la saison 4 est un jeu de mot avec une œuvre de la pop-culture : “Edge of Tomorty“, “Battlestar Ricklactica“, “Childrick of Morty“, etc. Mais si les clins d’œil ne s’arrêtaient qu’aux titres… cette saison 4 est une véritable ode humoristique à la pop-culture ! Par exemple, une des répliques de la bande-annonce provenant de l’épisode 3 : “Labcoat, rip off Doctor Strange“. Ou une autre de l’épisode 1 “We’ve got an Akira type situation going on“. On ne va pas se mentir : ça marche. Bien sûr qu’on a le sourire aux lèvres, bien sûr qu’on adore que nos œuvres préférées se croisent. Mais ce n’est vraiment plus que ça, Rick et Morty, des gags et des répliques empreintes de savoir geek qui se suivent ?

 

Un quatrième mur qui s’en prend plein la tête

On le sait, Rick et Morty adore briser le quatrième mur : une des dernières répliques de Beth dans le dernier épisode de la saison 3 est “In many ways, things will be like season 1.” Je reviendrai plus tard sur cette promesse faite par les équipes de Rick et Morty. Mais ça, c’est sûr, la saison 4 n’a pas respecté le quatrième mur. Pour illustrer cela, il faut que je vous parle de l’épisode 6, celui du train. L’épisode des histoires dans une histoire, dans une histoire… Et avec une des répliques qui l’explique : “Don’t worry Morty, nothing out there is canon“. Alors c’est quoi un canon, autrement qu’une pièce d’artillerie servant à lancer des projectiles lourds (oui, cette blague était trop longue) ? Ça nous vient de la littérature et un canon, très basiquement, c’est l’ensemble des productions, personnages et événements qui sont considérés comme officiels dans un univers de fiction.

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Et c’est à cet épisode-là que Harmon et Roiland m’ont un peu perdue. Non pas que je n’ai pas réussi à suivre l’intrigue de l’épisode 6, c’est simplement qu’il m’a paru à la fois extrêmement rapide et monstrueusement long. Trop conscient de lui-même parfois ? L’intrigue mets également en place un cinquième mur. Un cinquième mur qui serait entre les histoires, qui permettrait aux personnages de l’histoire de créer des histoires. Il y a toute cette ambiance dans laquelle Rick et Morty sont conscients d’être des personnages de fiction certes, mais surtout d’être des personnages de fiction réussis, qui inspirent de la fiction. Cet épisode est un énorme chaudron dans lequel on a mis: fiction, quatrième mur brisé, retour de personnages qu’on n’a toujours pas vus comme Evil Morty. Et là soudainement : Jésus. Oui, Jésus le fils de Dieu dans la Bible. Et puis hop on retourne encore la situation: non, ce n’est pas la fin. En fait, tout cela se passait dans un train qui est chez nos “vrais” Rick et Morty. Et tiens, d’ailleurs, petit taquet au virus rajouté en post-prod, bien fun pour coller à l’ambiance mondiale.

Vous voyez ce qui vient de se passer dans ce paragraphe ? Eh bien, c’est comme ça que j’ai imaginé la réunion des scénaristes, une espèce d’énorme bazar où on devait coller plein d’idées pour contenter un spectateur qui en attend plus. Toujours plus. Est-ce que c’est bien ? Oui. Est-ce que c’est bien parce que c’est Rick et Morty ? Oui. Je suis contente d’avoir rematé le début de la saison 4 parce que redémarrer sur cet épisode aurait été compliqué pour moi.

 

On cherche le fil rouge, vous l’avez trouvé ?

Les saisons précédentes, et surtout la saison 3, nous avaient habitués à un fil rouge, un scénario qui se développait pas à pas pendant que les épisodes menaient leurs scénarios internes. J’en arrive à l’épisode 9, on me signale dans l’oreillette “Euh, cheffe, il reste un épisode.” Comment ça un épisode ? Il est où le scénario principal ? Et là, j’ai démarré l’épisode 10 et… j’ai littéralement l’impression qu’un beau matin Harmon a téléphoné à Rioland et lui a dit : “Hm man… On n’a plus qu’un épisode à écrire et on n’a toujours pas parlé du scénario principal.

 /!\ Attention spoiler épisode 10 /!\ 

Qu’est-ce qui s’est passé ? Il nous ont tout mis. Le clone -ou pas- de Beth, la “New Improved” Galactic Federation, Tammy, Birdperson, d’un coup tout ce beau monde revient parce que “attention, on avait montré en fin de saison 3 que les grands méchants allaient revenir”. Je n’ai pas compris ce choix scénaristique. Comme si toute la saison avait été écrite par quelqu’un, puis le dernier épisode par un autre. Toute la saison ressemble vraiment à la première et la deuxième saison. Et séparé du reste : ce dernier épisode qui s’apparente totalement à la saison 3. Mais surtout, il y a cette fin dans laquelle Rick est mis en face de la seule chose qu’il ne maîtrise pas : les relations. Et là, j’ai repensé à la réplique de Beth.

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“In many ways, things will be like season 1.” Oui, mais non, Beth…

Je reconnais qu’il y avait beaucoup de pression sur les équipes de Rick et Morty concernant la saison 4. Entre les rumeurs d’annulation, le temps pris pour la créer,  l’attente du public, c’était très compliqué. Et surtout, il y avait cette réplique de Beth, je pense que ce qu’ont voulu faire Harmon et Roiland, c’est offrir aux fans ce qu’ils voulaient : du pur Rick et Morty, à l’ancienne, du grand n’importe quoi.
Cruellement, ce qui trahit le plus Rick et Morty, c’est leur succès. Il y a une limite à ne pas franchir pour ne pas tomber dans le too much. J’ai l’impression que les équipes de Rick et Morty ont été constamment sur le fil entre ce too much et ce qu’on aime. Cette saison a amèrement un goût de manque de temps, et pourtant, du temps, ils en ont eu. C’est comme s’ils avaient voulu aller trop vite, en faire trop, par peur que toute cette saison ne serait pas assez. Et puis j’ai compris qu’il y avait deux fils au final, celui entre le too much et le pur Rick et Morty, mais aussi celui entre deux communautés : celle qui aime le what the fuck de Rick et Morty et celle qui préfère son scénario, l’attache qu’on peut avoir à ces personnages et à leurs réflexions internes. Parfois, ces deux communautés et leurs goûts se mélangent, mais je crois que le mélange parfait n’a pas été respecté sur cette saison.

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Il y a cette phrase que les créateurs font dire à Rick dans l’épisode : “It gets to spend eternity in every writer’s hell : The Bible“. Et on peut faire un parallèle avec toutes les séries qui côtoient Rick et Morty : Les Simpsons, Family Guy : toutes ont un jour fait appel à Dieu, Jésus, des personnages de la Bible. Chose que n’avaient jamais faite les scénaristes de Rick et Morty, puisque Rick s’en moque et que pour lui rien n’est aussi puissant que lui-même. Mais finalement, dans cette saison, ils l’ont fait, peut-être un signe de la fin ?

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Mon avis

Le constat que je vous dresse peut paraître très amer, mais que je sois claire : c’est une bonne saison. Cela dit, j’ai peur qu’on ait atteint avec cette dernière la limite de ce que peut nous offrir Rick et Morty. Elle est drôle, mais manque de l’innovation qu’on a pu connaître avec les saisons précédentes. Ou plutôt… Elle ne sait plus quoi faire de ces innovations. Espérons que la saison 5 arrivera à se remettre sur les rails de l’excellence qu’ont pu emprunter les trois premières saisons !

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Mathilde Guesdon

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