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TEST – Trials of Mana

UN VRAI REMAKE ?
3.5

En deux mots :

S’il nous donne plus l’impression de jouer au remaster d’un remake qui serait sorti lors de la sixième génération (PS2, GameCube), Trials of Mana reste une belle petite aventure vidéo-ludique plaisante à parcourir. Dommage cependant que ce tableau coloré et plein de charme soit terni par quelques malfaçons dures à digérer pour un titre de 2020.

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User Review
5 (1 vote)

Trials of Mana est un action-RPG sorti le 24 avril 2020 sur PS4, Switch et PC. Il s’agit du remake de Seiken Densetsu 3 sorti en 1995, mais nous y reviendrons. Si le cadre enchanteur, coloré, et même mignon du titre nous invite à partir à l’aventure, il souffre malheureusement de soucis assez discutables pour un jeu de 2020, qui plus est de fin de génération de console. Je ne parle pas de sa structure en elle-même qui fait un peu “datée” dirons-nous. C’est un jeu pensé en 1995, on ne peut donc pas lui reprocher cela. Je parle plus de la réalisation du remake qui ressemble à un projet abandonné il y a 15 ans et qui a été ressorti des archives, pour être fini en 2020.

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Visuellement, ce n’est pas moche, mais ce n’est pas spécialement beau non plus. Surtout dans les arrière-plans, les rochers…. C’est tout juste moyen. Et quand on voit que l’original était un très beau jeu de la Super Famicom (la Super Nintendo japonaise), c’est là que le bât blesse. Rester au plus proche des looks des personnages et monstres originaux était la meilleure chose à faire, à n’en point douter. L’esthétique est clairement d’une autre époque, mais cela donne un côté “vintage” qui tranche avec les jeux sortant habituellement ces dernières années.

Un peu d’historique

Rebaptisé Trials of Mana pour l’Occident, Seiken Densetsu 3 est originalement paru sur la Super Famicom en 1995, et n’est jamais sorti en dehors du Japon.

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Il est, comme son nom l’indique, le troisième opus de la série des Seiken Densetsu. Il est possible que le nom de cette série ne vous dise rien, mais pourtant les deux premiers opus sont sortis en Europe. Le premier est un jeu GameBoy du nom de Mystic Quest, sorti en 1991.

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Et le deuxième opus est le célèbre Secret of Mana qu’on ne présente plus.

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À l’origine, la série Mana est une sorte de spin-off des Final Fantasy en action-RPG et se voulait un peu concurrent des jeux Zelda. On y retrouve d’ailleurs quelques petits éléments çà et là comme le design des mages noirs (si tu as joué à FF1 ou Final Fantasy Tactics, toi-même tu sais).
Mais malheureusement, le troisième épisode n’a jamais vu le jour en Occident. Avec la démocratisation de l’émulation, il a finalement été possible de s’y essayer dans des versions traduites par des fans (même en français, oui). Fort heureusement, depuis juin 2019, Square Enix a ressorti ces jeux dans la Collection of Mana sortie sur Nintendo Switch uniquement. Et cette fois-ci, complètement localisée ! Vous allez pouvoir les découvrir avec le confort de votre langue maternelle.

Le pitch

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Alors que le monde était encore plongé dans les ténèbres, la déesse Mana brandit l’épée Mana et terrassa les huit bénévodons, véritables hérauts de la destruction. Elle scella ces abominations dans huit pierres Mana et évita l’apocalypse. Une fois le monde construit, la déesse devint un arbre et sombra dans un profond sommeil. Des forces maléfiques tentèrent de libérer les bénévodons et de s’emparer du monde. Elles lancèrent une guerre sans pitié pour servir leur dessein et déstabiliser les royaumes. La paix vola en éclats. Le monde entier vit le pouvoir de Mana s’affaiblir et l’arbre dépérir…
Les fées habitant le sanctuaire de Mana partirent à la recherche d’un héros pour sauver le monde… Six personnes verront leur destin lié à cette histoire.
À savoir : Duran, soldat de la ville de Forcéna, Angéla, princesse du royaume d’Alténa, Kevin (aaaah, les années 90) le lycanthrope, Hawkeye le voleur, Charlotte la clerc et petite fille du prêtre de la lumière de Wendel et enfin Riesz, la princesse amazone du royaume de Rolanto.

Parmi ces six personnages jouables, vous n’en choisirez que trois pour parcourir l’aventure.

Un gameplay simple mais efficace

 Côté gameplay, le jeu ne prend pas de risques, mais cela fonctionne très bien.

La prise en main est instantanée ; on attaque, on esquive (et vous avez intérêt à le faire, croyez-moi), et on lance des magies. Ce n’est pas comme si la série de Kingdom Hearts faisait la même chose en mieux sur PS2 dans les années 2000, mais bon, ça va, ça se joue bien quand même. Par contre, vous pouvez passer d’un personnage à l’autre d’une simple touche avec une grande fluidité. C’est très appréciable, surtout dans les combats de boss.

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Les niveaux gagnés donnent des points de compétence à répartir dans les classiques : force, intelligence, chance, résistance et sagesse.

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Et c’est en montant ces caractéristiques-là que vous apprendrez des compétences et magies dédiées à votre personnage ou à la classe dans laquelle vous avez décidé de le faire évoluer. Vous changerez deux fois de classe au cours du jeu. Une nouvelle classe inédite sera accessible lors d’un chapitre bonus totalement inédit à la fin du jeu, après le générique de fin.

Lors des combats, vous pouvez ouvrir un menu des objets ou des magies qui met l’action en pause pour vous permettre de choisir tranquillement quoi utiliser sur qui. Vous pouvez également régler la façon dont vos alliés utiliseront les objets et leurs magies.
Si dans l’original, on pouvait jouer jusqu’à trois joueurs (à condition de pouvoir brancher trois manettes, bien entendu), ce remake est uniquement un jeu solo. Avec le changement de perspective, Square a trouvé que cela aurait été trop compliqué à mettre en place. Pourtant, un écran scindé, passer le choix des objets et magies en temps réel, cela aurait pu se faire et en plus aurait ajouté une nouvelle difficulté. Parce que malheureusement, ce titre ne vous en opposera pas beaucoup. Je vous recommande d’ailleurs de jouer en difficile si vous voulez un peu de défi. Vous pouvez changer la difficulté à tout moment dans le menu.

Optimisa…quoi ? Non, connais pas…

Quand on parle d’optimisation, généralement, c’est pour parler de chute de framrate régulière. Point agréable : ce jeu n’en souffre pas. Encore heureux, parce que ce serait un comble quand on se paye le luxe d’un tel retard technique. J’en ai rencontré seulement vers la fin avec les gros sorts qui incluent beaucoup d’animation à l’écran. Il arrive parfois, et ce n’est pas rare, que les textures arrivent en retard. Ce principalement dans les cut scenes, qui rappelons-le sont faites avec le moteur du jeu. Dans le cas de graphismes dernier cri, ça peut se comprendre. Mais là, c’est assez difficile à justifier. Il n’y a jamais grand détail. Ou alors en plein jeu, il y a des éléments de décor comme les rochers, qui ne sont quasiment pas texturés…

Un oubli peut-être ? Et alors, les animations… J’espère que vous êtes nostalgique de la génération PS2/GameCube. Parce qu’on est en plein dans les années 2000, encore. Les Kingdom Hearts faisaient mieux. C’est d’une rigidité incroyable. Pour vous donner un exemple, quand un personnage marche, parfois la vitesse de son animation de marche et la vitesse à laquelle il avance ne sont pas raccord. Ce qui donne l’impression qu’il fait du shuffle (vous savez, cette danse dans laquelle les gens glissent sur le sol). Ou quand vous adressez la parole à un personnage qui ne vous fait pas face, on le voit clairement avoir une animation de marche en faisant du sur-place, tout en effectuant une rotation comme s’il y avait une plateforme tournante sous ses pieds. Et pour finir, la palme de l’incompréhension et du pénible revient aux temps de chargement.

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Il y en a à tout moment ! Ils ne durent qu’une petite dizaine de secondes, certes, mais arrivé à la moitié du jeu, vous allez commencer à les détester. Il y a quoi à charger exactement ? Le jeu n’est pas très très vaste, et toutes les zones, qui sont en grande partie des couloirs aux arrière-plans fades au final, auraient très bien pu être reliées entre elles au sein d’une seule et unique carte. Ou au moins pour chaque secteur de la carte. Toutes les machines, aujourd’hui, gèrent des open-worlds bien plus détaillés et complexes que ce que propose ce Trials of Mana. Vous imaginez si dans The Witcher 3: Wild Hunt vous deviez subir un chargement à chaque entrée de village et pour les grandes villes comme Novigrad, encore un à chaque changement de quartier ? Dans Trials of Mana, les villes qui possèdent un château ont un chargement entre la ville ET le château. En plus d’en avoir un, bien évidemment, à l’entrée de la ville.

Mon avis

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Est-ce que je vous recommande ce jeu ? Bien sûr que oui. C’est un bon jeu et une belle petite aventure agréable à parcourir. Le titre était bon à son époque et l’est toujours aujourd’hui. Cependant, vu l’état dans lequel il est, et la malfaçon quasi-criminelle dont il souffre, attendez une baisse de prix significative. 50€ c’est beaucoup trop cher ! 30€ maximum.
J’estime que Square n’avait aucune excuse pour le sortir comme ça. Surtout les chargements. De tous les défauts, c’est de loin le pire et surtout le moins excusable, compte tenu du niveau des graphismes. C’est triste de voir un jeu de 2020 faire moins bon qu’un jeu des années 2000. Si vous possédez une Nintendo Switch, peut-être que la Collection of Mana serait plus indiquée ? Si Square Enix souhaite nous proposer d’autres remakes de ses anciens succès, comme un certain Chrono Trigger par exemple, j’espère voir des jeux mieux soignés. Je ne demande pas des projets avec de l’ampleur à la Final Fantasy VII Remake mais entre les deux… Il y a tout un monde !

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Billy-Dubos

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