REVIEW – Sonic, le film

"PASSABLE" SI VOUS ÊTES TRÈS JEUNE
2.4

En deux mots :

Lourd, terriblement attendu mais plutôt joli dans son character design, Sonic, le film est adapté à un public très jeune mais reste assez moyen.

Sonic, le film est le premier long-métrage signé Jeff Fowler, sorti le 9 février 2020 en France.
Vous le savez probablement si vous avez suivi toute l’affaire autour du teasing du film, mais Sonic ne devait à l’origine pas du tout ressembler au résultat que nous avons aujourd’hui. Pour cause, lors de premiers visuels montrés au public, le character design semblait beaucoup plus humain, mais surtout beaucoup plus terrifiant. Suite aux révoltes populaires (ok, j’en fais trop), aux réclamations des fans, Paramount Pictures aurait décidé de reprendre entièrement le design de son personnage phare. Nous en parlerons plus tard…

Le pitch

Sonic grandit paisiblement dans son monde fantastique, protégé par une chouette géante (Ok… acceptons), nommée Longclaw. Alors que des méchants indigènes les attaquent, Longclaw donne à Sonic un sac de rings dotés d’un incroyable pouvoir : celui de créer des portails entre les mondes. Sonic se retrouve alors seul sur Terre. C’est ainsi qu’il va se terrer (sans mauvais jeu de mots) pendant plus de dix ans dans les environs de la petite ville de Green Hill (oui oui). Évidemment, un jour ou l’autre, les habitants allaient bien finir par se rendre compte de la présence d’un hérisson bleu courant à la vitesse de la lumière.

C’est alors que suite à une bourde tout à fait inévitable, Sonic se retrouve poursuivi par le gouvernement des États-Unis d’Amérique, qui décide alors d’envoyer (mais pourquoiiii ?) son homme le plus intelligent : le Dr. Robotnik. Comme si les problèmes n’étaient pas assez nombreux, Sonic va perdre ses rings (qui se retrouvent miraculeusement à San Francisco… oui, parce que Tokyo, ça aurait coûté trop cher à la production) à l’autre bout du pays et se retrouve donc sans moyen de changer de monde (puisque ce sont les rings qui créent des portails… je sais). Heureusement pour lui, le Seigneur des Donuts, valeureux (euh non, pas du tout) policier de Green Hill, va accepter de l’aider et de l’accompagner dans un road movie sans surprise.

Un scénario attendu

Brisons la glace tout de suite, le scénario de Sonic, le film tient sur un mouchoir de poche (et encore, une toute petite poche). Sorte de succession de scènes terriblement attendues, le film se complait à nous proposer des scènes sans aucune prise de risque, comme le ralenti de Quicksilver (X-Men), une scène de baston dans un bar, une scène… etc etc. Toutefois, j’ai tout de même noté quelques passages joliment réalisés et orchestrés, surtout lorsqu’il s’agit de combats avec Sonic. Mais pourquoi un scénario si simple ? Car l’objectif ici ne semblait pas être de produire un bon film, mais un film assez bon pour que les enfants aient envie d’acheter des figurines de Sonic, pour qu’ils découvrent la licence et le personnage et que l’on puisse leur pousser des produits dérivés à la pelle (moi le premier, hein). Le problème, c’est que des films pour enfants qui s’avèrent être plutôt intelligents et bien ficelés, il commence à y en avoir plein !

De facto, avec sa cible très jeune, le film prend une tonalité très cartoon. Ainsi, le film va enchaîner les événements improbables n’ayant aucun sens dans un monde logique d’adulte : personne ne remarque Sonic lorsqu’il est déguisé avec un chapeau et des lunettes, personne ne s’inquiète qu’un certain Dr. Robotnik fasse exploser toute ce qu’il touche dans le simple objectif d’attraper un hérisson bleu qui court, et j’en passe. Malgré cela, et bien que le scénario soit donc très basique et bourré de petites incohérences, il n’est in fine pas si bancal que ça et offre une expérience road trip pour enfant “passable” ornée de pitreries dont Jim Carrey est le principal instigateur.

Jim Carrey-ment lourd

Oui, l’heure est aux blagues. Mais vous connaissez l’adage “mieux vaut en rire…“.
L’information vous aura probablement sauté aux yeux : Jim Carrey est la tête d’affiche du film. Personnellement, j’aime bien l’acteur pour tout ce qu’il a pu apporter aux années 2000 avec des titres chocs comme The Mask, Ace Ventura, The Truman Show, Bruce Tout Puissant ou encore Le Grinch. Pourtant, si l’acteur profite d’un humour tout particulier, celui-ci semble resté bloqué dans les années 2000. Du moins, pour un fan (adulte) de Sonic comme moi. Pour cause, Jim Carrey fait du Jim Carrey comme il n’en avait plus fait depuis des années, vaguant de singeries en bouffonneries.

Mais alors pourquoi ? Tout simplement, car la cible du film est très jeune, et qu’il faut l’amuser. Alors, le fait d’avoir choisi Jim Carrey prend tout son sens. Pour faire rire les plus jeunes, autant prendre un humoriste qui a fait ses preuves et capable de prendre le rôle du Dr. Robotnik. De mon point de vue, Jim Carrey ne me fait plus rire, mais je n’ai plus 10 ans… Il s’agit d’ailleurs d’un réel point du film à souligner : les blagues sont assez lourdes, et ce, tout au long de l’expérience. Pourtant, leur nombre est tellement important (les vannes fussent à la vitesse super-sonic) qu’on en finit par ne pas trop s’attarder sur les échecs. Et finalement… « ça passe ».

D’autant plus que si son jeu est si spécial, celui-ci est d’autant plus mis en avant pas le reste du casting. À ses côtés, on retrouve James Marsden et Neal McDonough (qui n’a d’ailleurs même pas le droit à un vrai rôle…). De son côté, James Marsden semble avoir gardé le même rôle que pour Hop. Très objectivement, l’acteur ne porte en aucun cas le film par son jeu et ne sert presque qu’à donner la réplique à Sonic qui, disons-le, doit-être le personnage le plus intéressant du film.

A-t-on respecté mon enfance ?

Parlons de Sonic. C’est quand même son film après tout.
Avec son character design très mignon, les traits du personnage issu du jeu vidéo sont assez respectés (même si ses bras sont toujours bleu… passons). Comme nous l’avons déjà abordé, la cible du film est très enfantine et les adultes fans de Sonic ne sont donc pas les personnes visées par le film, mais plutôt leurs enfants. Il était donc logique d’en faire un animal mignon à l’aspect très peluche (et je ne parlerai même pas du Baby Sonic, sorte de produit inévitable suite aux Baby Groot et autres Baby Yoda permettant de toucher des cibles plus larges). Ce qui m’a plus gêné concernant Sonic, c’est son attitude.

Qui est Sonic ? Pour bien comprendre, il faut repartir en 1991, lorsque le personnage a été créé pour faire concurrence à un petit moustachu à la raie apparente, j’ai nommé Mario. Sonic est alors la mascotte de l’écurie SEGA qui se crée un personnage opposé au plombier serviable, sorte de gendre idéal, en proposant un petit hérisson rebelle. Défini par son incroyable vitesse, Sonic est sûr de lui, il est espiègle, blagueur, impertinent (voire insolent) et refuse toute sorte de chaîne. Si quelques-uns de ses traits de caractères sont respectés dans le film, l’essence même du personnage est, à mon sens, mise de côté, cherchant à proposer une version plus vulnérable, solitaire et triste du personnage.

Donc, pour répondre à la question, “a-t-on respecté mon enfance ?”, la réponse serait “pas du tout !”. Mais ce n’était pas non plus vraiment l’objectif. Pour cause, le film cherche vraiment à toucher les enfants et offre aux parents, présents dans les salles de cinéma, quelques références et autres moments de fan-service cherchant à apaiser l’effet de la déception. Ainsi, c’est à coups de “Splendide !” et autres clins d’œil à la pop culture (Fast and Furious, Star Wars, Matrix, Live Twitch, etc.) que le film tente de calmer le râle adulte.

Si, personnellement, l’utilisation des rings ne me dérange pas plus que ça, si j’ai laissé passer les sous-entendus selon lesquels Sonic serait un alien, j’ai un peu plus de mal avec le fait qu’en réalité, l’aspect vidéo ludique du film ne transparaisse pas de façon évidente.

Mon avis

Sonic, le film est-il un bon film ? Non. Mais pour un public jeune, le film n’est étonnamment pas si mauvais. Par contre, pour mes amis vieux fans de la licence, je les invite à passer leur chemin, le film ne s’adresse pas à eux. Et même si cela est un peu triste, n’est-il pas temps que les plus jeunes découvrent eux aussi à leur tour les joies de Sonic ? Bon, j’aurais préféré le vrai Sonic, mais bon…

Un re-design complet ?

Même si la Paramount fait bonne figure en montrant avoir écouté les fans en reprenant le design du petit hérisson bleu, pour ma part j’avoue que j’ai eu du mal à y croire. Je vous explique pourquoi je doute…

Tout d’abord parce que le premier design de Sonic, quand on le regarde de près, ressemble beaucoup trop à l’acteur James Marsden. Si si. Regardez les deux côte à côte… La forme de la bouche, le nez en pointe, les yeux tombant… pour moi c’était un rapide copié/collé.

De plus, il était évident que les fans allaient se plaindre du design du hérisson. C’était inévitable. Pour cause, depuis le passage à la 3D dans ses jeux video, Sonic a subi de nombreuses transformations (allant même jusqu’à devenir un loup-garou, rappelez-vous). De fait le plus facile pour faire passer la pilule était de faire plaisir aux fans pour qu’ils ne décrient pas trop le film. Pour ce faire, il fallait leur donner le pouvoir.

Je ne dis donc pas que c’est le cas, mais je ne peux m’empêcher de penser que si la Paramount avait voulu faire plaisir aux fans et s’assurer un lancement du film, ils ont choisi la bonne option, malgré un résultat final assez moyen.

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Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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