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TEST – Children of Morta

DIABLO, EN RETRO
4

En deux mots :

Children of Morta est un très bon jeu, qui se fera de préférence en coop local à 2 joueurs, bénéficiant d’un storytelling rondement mené. On ne notera que quelques ratés techniques…

Children of Morta est un rogue like sorti le 3 septembre 2019 sur PC, PS4, Xbox One et Nintendo Switch. Il est disponible aux alentours d’une vingtaine d’euros seulement. Développé par le studio Dead Mage et financé à la base par un kickstarter, ce petit bijou a su se faire une place sur la scène indépendante et gagner le cœur des joueurs. Il a même été édité en format physique sans passer par Limited Run. Au cas où vous vous le demanderiez, Limited Run est une entreprise qui fait des formats physiques de jeu qui n’en ont pas à la base, et ce, en quantité très limitée. 

Bénéficiant d’une esthétique retro/pixellisée rappelant un peu l’ère 16 bits, la direction artistique de ce jeu est somptueuse dans son genre. Certains plans de décor sont dignes des artworks de grand AAA. Bon, ces plans-là sont peu nombreux, mais ils ont quand même le mérite d’être là.

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Le pitch

La corruption. Descendue du Mont Morta, elle gagne peu à peu la région. Seul rempart face à elle, la famille Bergson. Depuis des générations, ils protègent le peuple face à elle. Un nouveau cycle commence et il est temps pour la famille Bergson de combattre à nouveau. Afin de les aider dans cette quête, la déesse Rea leur a fait don d’un sanctuaire caché sous leur maison. Ce sanctuaire est une passerelle vers différentes régions du monde où sommeillent les puissants esprits, au nombre de trois. Il va falloir aller les réveiller afin qu’ils vous aident à faire face à ce qui descend du Mont Morta.

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Un Diablo-like/Rogue-like, mais avec sa personnalité propre ?

Le Diablo-like est un style de jeu popularisé par nul autre que le jeu Diablo, sorti en 1997. Il désigne les jeux en 3D isométrique et où le principe de base est d’avancer et de tuer des ennemis à la chaîne pour monter de niveau. Et de ramasser de l’équipement en quantité industrielle.

Un Rogue-like est, quant à lui, un style de jeu dérivé du jeu Rogue, sorti en 1980. Il désigne le style de jeu qui consiste à explorer des donjons générés de manière procédurale et où la mort est monnaie courante. Si ce style regroupe une pléthore de jeux, Children of Morta se démarque notamment en supprimant purement et simplement le système de loot traditionnel. En effet, ici, vous ne trouverez pas de l’équipement à profusion. Chacun des membres de la famille Bergson possède SON arme de prédilection et n’en aura pas d’autre de tout le jeu. Dead Mage choisit de placer son jeu sous le signe de la simplicité et de l’efficacité. Oubliez donc les tonnes d’armes et d’armures à analyser, les caractéristiques et compétences compliquées ou à l’utilité douteuse, ici tout est clair, net et précis. 

Le principe est simple. Vous entrez dans un donjon, vous avancez en tuant les monstres jusqu’à ce que vous arriviez au boss ou que vous mourriez. Pour rappel, les niveaux sont générés aléatoirement donc, d’une run à l’autre, vous n’aurez pas la même disposition des salles. Lorsque vous mourez (ou battez le boss), vous revenez directement à la maison en conservant tous vos points d’expérience et l’argent récolté.

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Si vos personnages gagnent bel et bien de l’expérience en tuant des monstres, les niveaux gagnés n’offrent que des points de compétence à mettre dans un arbre de talent. Et certains de ces talents (qui se débloquent automatiquement au bout d’un certain nombre de points mis dans l’arbre) offre des bonus passifs pour tout le monde. 

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Que le personnage soit dans le donjon ou non. Par exemple, le dernier bonus que débloque le père est une régénération de point de vie. Une fois débloqué, peu importe qui vous utilisez, le bonus sera actif. Et pour augmenter les caractéristiques, cela se fait avec l’argent récolté. Les augmentations sont valables pour chaque membre de la famille. Vous augmentez ainsi l’attaque, la défense, les chances d’esquives, les chances de coup critique… Pour tout le monde en même temps. 

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Ce qui est une excellente chose car le jeu va vous amener à jongler entre les personnages. En effet, au bout d’un moment, le personnage que vous utilisez va souffrir de fatigue. Cela se traduit par une diminution de ces points de vie maximale. Pour qu’il récupère, il vous faudra tout simplement faire des runs avec un autre personnage. De ce fait, aucune expédition n’est à perte puisque l’argent servira à augmenter la famille au complet. Ce qui vous donnera l’occasion de prendre quelqu’un d’autre pour débloquer les compétences passives de son arbre de talent. 

Il y a tout de même un petit système de loot, mais tous les objets que vous pouvez ramasser sont perdus à la fin de la run. Les objets que vous ramassez sont : les grâces divines qui vous octroient des bonus passifs, les reliques divines qui vous octroient une capacité nouvelle tant qu’elle est en votre possession. Concernant ces dernières, vous ne pouvez en porter qu’une seule au début et une deuxième plus tard. Vous pourrez trouver également des runes qui vont donner un effet supplémentaire à vos attaques de base ou compétences, mais leurs usages sont limités par une jauge. Elle se consomme à chaque utilisation et une fois vide, la rune disparaît. Vous trouverez également de temps à autre des obélisques qui font exactement comme les sanctuaires de Diablo. C’est-à-dire vous conférer un bonus temporaire comme un gain d’argent, d’expérience, de pourcentage de coup critique…

Il y a 6 personnages jouables au total. Vous avez John, le père de famille qui se bat avec une épée et un bouclier. Linda, la fille aînée qui est l’archère de la famille. Kevin le roublard qui se bat avec une dague dans chaque main. Mark le moine qui fait des arts martiaux. Lucy, la plus jeune de la fratrie qui est la magicienne de la famille. Et pour finir, le cousin Joey qui se bat, lui, à la masse.

Un storytelling aux petits oignons

Avec le concept du jeu, il aurait été facile de tomber dans la monotonie. Car même si les niveaux sont générés aléatoirement, ils se ressemblent quand même beaucoupDe plus, il n’y a que trois styles de biomes différents dont deux sont des grottes. Elles ont beau être différentes, ça reste des grottes. IL y a un quatrième environnement, mais c’est seulement pour deux petit niveaux scriptés pour deux événements dans l’histoire. L’introduction et un autre que je ne vous spoilerai pas.

Si l’histoire en elle-même tient sur un post-it, Dead Mage a su la distiller de façon ingénieuse et l’étoffant, çà et là, de petits événements. Parfois, quand vous finissez votre run de donjon, en rentrant à la maison, une petite cut-scene se déclenche. C’est souvent prétexte à introduire un des personnages jouables (car ils ne sont pas tous disponibles au début), mais parfois cela sera pour faire avancer l’histoire ou encore des petite saynètes qui nous en montrent un peu plus sur la vie de famille des Bergson. 

Il y en a aussi pour des petites quêtes annexes que vous pouvez croiser dans les donjons. Ces quêtes ne servent pas à grand chose à proprement parler pour la plupart. Mais elles développent un peu l’univers et donnent un zeste de substance au jeu. Toutes ces petites scènes donnent l’impression d’arriver de façon aléatoire, ce qui fait qu’on ne sait jamais s’il va se passer quelque chose et on se laisse surprendre par le jeu.

Mon avis

Au final, Children of Morta est un très bon jeu que j’ai pris beaucoup de plaisir à parcourir en coop. Il est réussi en beaucoup de points et n’est pas bien cher, qui plus est. En solo, le jeu perd un peu d’intérêt. Arriver à nous tenir accrochés avec un gameplay aussi répétitif est un tour de force permis grâce à son storytelling entraînant. Le jeu est vraiment bien écrit et appuyé par la voix plaisante d’un narrateur. Voir des studios indépendants se réapproprier un genre usé jusqu’à la moelle est toujours un plaisir. Cependant, il a tout de même quelques petits ratés. Par exemple, les niveaux ne sont pas très nombreux et une fois que vous arrivez à la fin pour la première fois, vous n’avez que peu de chances de battre le boss de fin. Donc préparez-vous à refaire le dernier niveau en boucle parce que c’est le plus cher en terme d’argent et d’xp. Il y a aussi des grosses chutes de framerate de quelques secondes, juste après la petite cut-scene et cela devient un problème juste avant les boss.

Quelques captures d’écran :

Billy-Dubos

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