REVIEW – Titans (saison 2)

NIGHTWING ! NIGHTWING ! NIGHTWING !
4.1

En deux mots :

Moins dure, cette nouvelle saison s’intéresse au groupe des Titans et à l’évolution de ses protagonistes, parfois de façon brillante, parfois moins, mais en gardant un vrai plaisir.

Titans est une série américaine créée par Greg Berlanti, Geoff Johns, Akiva Goldsman, diffusée depuis le 12 octobre 2018 pour la saison 1 et depuis le 6 septembre 2019 pour la saison 2. Cette dernière saison est disponible sur Netflix depuis le 10 janvier 2020. On y retrouve les personnages de la première saison, à savoir Robin, Starfire, Raven, Hawk, Dove, Wonder Girl et Beast Boy, exactement là où nous avions dû les quitter, un an plus tôt.

Là où on nous a laissé

Chose surprenante, DC a décidé pour sa première saison de nous laisser sur notre faim en ne diffusant pas le dernier épisode, consacré à l’affrontement entre les Titans et Trigon, père démoniaque de Raven. Le problème, c’est que si l’épisode nous permet de retrouver l’exacte ambiance de la première saison, il s’agit toutefois d’une fin totalement bâclée pour le pauvre Trigon, personnage tout de même assez important, qui mérite d’être respecté. En effet, l’épisode se termine sur l’affrontement (et encore) entre Raven (Rachel) et son père, mais celui-ci ne dure qu’une petite minute et est expédié de façon ridicule, permettant à la saison 2 de se lancer. Ce qui est réellement dommage, c’est que cet épisode mal fini aurait dû conclure la saison 1 et donc n’entacher que la saison 1. Or, la transition entre cet épisode expédié et le reste de la saison se fait de manière plus ou moins habile. C’est dommage, car il ne manquait pas grand chose pour que ce soit vraiment sympa.

Une équipe qui s’agrandit

Cette seconde saison introduit de nombreux personnages : Rose, Superboy, Krypto (son chien), Bruce Wayne mais également Aqualad. De mon point de vue, l’introduction de chacun des personnages est réussie. Il est important de noter que l’introduction de Superboy, clone de Superman à la maturité d’un enfant, est forcément quelque chose de complexe. Personnage au corps d’adulte, il doit montrer qu’il découvre avec les yeux d’un enfant un monde cruel autour de lui, alors que le show doit garder son sérieux. Alors que la saison 1 s’était distinguée par son esprit très dark, il était forcément compliqué d’introduire ces personnages, assez jeunes. Même s’ils étaient indispensables.

Qui dit nouveaux héros, veut également dire nouveau méchant. Et c’est ici Deathstroke qui porte le rôle principal de l’antagoniste. Il est important de noter que ce rôle est particulièrement difficile à porter puis que l’on connaît presque déjà tous le Deathstroke de la série Arrow campé par Manu Bennett. Depuis, nous avons également été hypés par le costume très prometteur du Deathstroke que l’on aperçoit à la fin du film Justice League, sur le bateau de Lex Luthor et interprété par Joe Manganiello. Pour les plus anciens, nous pourrions également penser au Deathstroke proposé dans Smallville, offrant une approche radicalement différente. Il était donc très difficile d’arriver à nous faire aimer et surtout redécouvrir ce personnage si connu. Pourtant, je considère jusqu’alors qu’Esai Morales nous propose avec la saison 2 de Titans, la meilleure version live action du personnage.

L’autre nouveau personnage que cette seconde saison nous présente plus en profondeur, c’est Bruce Wayne. Si on avait pu découvrir la Batcave, l’incroyable Batmobile ou encore le costume de Batman dans la première saison, c’est ici sur le personnage public de Bruce Wayne et de sa relation avec Dick Grayson que l’on va se concentrer. Mais nous en parlerons plus en détails plus bas.

Un rythme cassé

Contrairement à la première saison, les personnages se regroupent ici dans la fameuse tour des Titans, ils sont un groupe. De fait, les interactions entre personnages sont bien plus nombreuses qu’auparavant où chacun était plus “dans son coin” à la recherche de lui-même. Du coup, ils parlent beaucoup (trop ?) entre eux. De mon point de vue, si cela casse indéniablement le rythme de la série, alternant alors action effrénée et discussions à rallonge sur les états d’âme frelatées de chacun, il s’agit pourtant d’un point inévitable si l’on souhaite rester fidèle aux comics ou aux séries animées. En effet, les Titans sont des adolescents, qui vivent des problèmes d’adolescents, dans un monde dur d’adultes. La tonalité choisie par la série est donc discutable, je l’entends, mais pourtant très logique par rapport au support d’origine (et je ne parlerai même pas de Teen Titans Go!).

Le second point important dans la rythmique de cette nouvelle saison réside dans son histoire, tournée vers le passé entre la première équipe des Titans (que l’on apprend de facto à connaître et à comprendre – expliquant d’ailleurs les animosités entre les personnages à travers leur passé douloureux). Ainsi, nous ferons de nombreux flashbacks dans le passé afin de mieux comprendre le présent et l’évolution des personnages. Cela permet de mieux découvrir les Titans, de mieux les apprécier et de mieux les ancrer dans le réel. Ces retours dans le passé donnent selon moi une vraie épaisseur à cette seconde saison et je les ai particulièrement aimés (alors que je déteste normalement ça). Toutefois, je remarque également, qu’à l’instar des nombreuses phases de discussion, cela nuit au rythme général de la saison, perdue entre accélérations et ralentissements.

La thématique de la famille

Que l’on adhère ou pas, la thématique clairement centrale de cette saison 2 est la famille. Pour une raison simple, les Titans sont une famille. Il s’agit d’un sujet primordial du groupe qu’il aurait été mal venu de ne pas aborder. Et bien que le sujet puisse faire perdre à la série son aspect dark et mature, il n’était guère évitable. Pour cause, et ce point est d’ailleurs très bien expliqué par Bruce Wayne, Batman – après avoir perdu ses parents – prend sous son aile (de chauve-souris) le jeune Dick Grayson avec l’envie même de se créer sa famille, au début de façon inconsciente. Par la suite, le chevalier noir va même jusqu’à créer la Bat-family qui témoignera alors naturellement d’elle-même.

C’est donc naturellement que Dick reproduit le même schéma avec les Titans qui ont pour objet de devenir sa deuxième famille, son cocon dans lequel il va pouvoir évoluer et grandir en tant qu’humain et tant que héros. On se rend alors compte que si Bruce Wayne est bien présent dans toute la saison, ce n’est absolument plus le cas de Batman. On se concentre ici sur l’humain et plus précisément sur le père (réel ou en illusion – référence aux nombreuses hallucinations de Batman avec le Joker, par exemple dans Batman: Arkham Knight). Avec cette saison 2, c’est finalement l’avènement de sa famille qui permettra à Dick de prendre son envol (elle est bonne hein ?) et d’enfin devenir Nightwing. Que le sujet nous touche ou non, il était important qu’il soit ici abordé. D’autant plus qu’il s’agit d’un sujet de société que l’on croise souvent : la famille, ce n’est pas que celle du sang, c’est surtout celle qu’on se fait. Il est amusant de faire le lien avec le dernier Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker, portant finalement le même message.

Mon avis

Avec un traitement légèrement moins violent et dur que pour la première saison, Titans saison 2 laisse place aux parlottes et aux flashbacks, quitte à casser son rythme pouvant créer un sentiment d’ennui passager. Toutefois, tout comme la saison 1, j’ai retrouvé avec Titans les frissons qui me manquent souvent dans les séries de super-héros. Je pense ici par exemple à la transformation de Robin en Nightwing, personnage 100% crédible qui m’a offert une vraie hype. J’ai hâte d’en voir plus, presque juste pour Nightwing.

Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

1 Comment

  • Ton article est incroyable ! J’aime beaucoup quand la simple critique flirte ainsi avec l’analyse. Titans est une série assez inégale, forcément, puisque les épisodes abordent des personnages différents voire des intrigues très variées. Ceci étant dit, j’ai beaucoup aimé le traitement et la version de certains personnages, notamment chez les nouveaux arrivants au casting, comme Superboy, Deathstroke ou Bruce Wayne. La série jongle assez bien entre le réalisme du show et le côté surréaliste des comics, et j’aime de toute façon beaucoup Iain Glen. Bref, j’ai bien aimé cette saison 2, même si, de mon côté, n’étant pas forcément une fan hardcore de DC Comics, je la considère comme un simple divertissement. Au plaisir de vous relire.

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