REVIEW – Sarazanmai (anime)

DU WTF LE PLUS COMPLET
4.5

En deux mots :

Un anime qui demande de l’ouverture d’esprit (dans tous les sens du terme) avec des thématiques inattendues et surtout beaucoup de fantaisies. Une belle découverte !

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Sarazanmai est un anime original sorti en 2019, créé par Kunihiko Ikuhara, figure incontournable de l’animation japonaise et réalisateur / scénariste de Utena, la fillette révolutionnaire et de Yuri Kuma Arashi. Sarazanmai est donc le dernier projet de l’artiste à ce jour. Produit par les studios Mappa (Dororo, Yuri!!! on Ice) et Lapintrack (Endride), l’anime de 11 épisodes conte une histoire complètement marginale, basée sur le folklore japonais des kappas. Une adaptation manga seinen a même vu le jour en 2019.

D’après le site Goo Ranking, Sarazanmai fait partie des dix meilleurs animes de l’année 2019, d’après les Japonais. Rien que ça ! Je vous préviens, si vous ne connaissez pas l’univers de Kunihiko Ikuhara, vous risquez d’être bien surpris. L’anime est disponible en France sur Wakanim.

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Le pitch

L’histoire se déroule à Asakusa. Kazuki Yasaka, Toi Kuji et Enta Jinnai, tous trois en 5e, font un beau jour la rencontre de Keppi, un être mystérieux à l’apparence de kappa. Ce dernier leur subtilise leur shirikodama, une boule mystique logée dans l’anus (oui oui, vous avez bien lu), et ils se transforment en kappa eux-mêmes. Keppi leur déclare que pour retrouver leur apparence initiale, ils devront lui rapporter le shirikodama d’un zombie. Y parviendront-ils ? Au même moment, au poste de police où travaillent Reo Niiboshi et Mabu Akutsu, quelque chose est sur le point de se produire…

Gare à vos fesses

Vous avez pu le comprendre avec le pitch ci-dessus, on tient ici un anime complètement barré avec des kappas, des loutres, et un bon lot de métaphores. Mais attention, l’excentricité du récit ne plaira pas à tout le monde, avec son scénario WTF, typique de son créateur. Sarazanmai est le tout nouvel anime réalisé par le talentueux et iconique Kunihiko Ikuhara, à qui l’on doit notamment Mawaru Penguindrum et Utena, la fillette révolutionnaire, comme dit précédemment. L’univers du réalisateur se caractérise par des personnages hauts en couleur et des événements particulièrement rocambolesques. Sarazanmai n’y échappe pas et s’avère peut-être même être l’une des meilleures œuvres de l’artiste, qui n’hésite pas à faire de multiples clins d’œil à ses travaux précédents. Le chara-design, les animations, les décors, tout est excellent sur le plan visuel, un vrai régal. Idem côté son, avec un opening savoureux du groupe Kana-boon, qui a, entre autres, signé le tube Silhouette dans Naruto Shippuden. L’ending, Stand by me de The Peggies (qui a notamment œuvré dans… Boruto – Naruto Next Generations) est encore meilleur que l’opening, parfaitement adapté à Sarazanmai.

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Le dernier bébé de Kunihiko Ikuhara est un chef-d’œuvre d’originalité et de poésie. À travers ses mises en scènes pour le moins singulières et fantasques, une leçon de vie se répète à chaque épisode. Les 3 personnages principaux de l’anime, Kazuki, Toi et Enta, seulement âgés de 14 ans, mettent leur amitié ainsi que leurs relations avec leurs proches à l’épreuve. Car c’est bien ce dont il s’agit ici : les rapports qu’entretiennent les humains entre eux et surtout, leurs liens. Tout l’anime tourne autour du conflit entre amour et convoitise, dans une société individualiste qui pousse les gens à abandonner leurs désirs les plus chers pour se conformer à celle-ci. Le duo des deux policiers délirants, Reo et Mabu, et leur chanson entêtante (et très réussie) sur le sujet, est là pour rappeler ce fait durant une bonne partie de la série.

Aucun début – Aucune fin – Aucun lien

Telle est la réplique répétée à chaque épisode par nos deux compères policiers. Et ça résume plutôt bien Sarazanmai. Le rythme de la série est très particulier : on trouve un niveau de lecture saccadé, oscillant entre séquences réutilisées comme dans un anime de magical girls où les héros chantent des chansons sympathiques dans le cadre d’un affrontement… “épique”, et passages plus graves axés sur l’émotion. On sent bien le travail de Kunihiko Ikuhara sur Sailor Moon. Cependant, ce contraste frappant entre ces scènes des épisodes peut facilement dérouter le spectateur, qui ne comprend pas toujours ce qu’il se passe. Le concept créatif est esthétiquement brillant, mais avec beaucoup de non-sens qui requiert, soit de l’admettre sans réfléchir, soit de l’analyse et de la concentration.

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Alors que je m’attendais à un anime drôle et rempli de moments aussi absurdes qu’hilarants, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un anime finalement plutôt sombre. Les personnages des 3 collégiens sont très bien travaillés : chacun à son histoire, son passé et son fardeau. Le développement de leur amitié donne du baume au cœur, tandis, qu’à l’inverse, les passages tristes sont véritablement poignants. L’importance des liens entre les individus est sans cesse soulignée dans la série, et combien cela peut être agréable mais aussi douloureux. C’est un beau message d’espoir qui est prôné dans Sarazanmai, avec des métaphores et symboles à répétition qui appuient ce discours. Par exemple, dans les premiers épisodes, on comprend que les boîtes Kappazon que chacun se trimballe quotidiennement, représentent leurs secrets. Il faudrait revoir la série plusieurs fois, je pense, pour toutes les saisir, ou presque.

Mon avis

Alors que j’avais beaucoup de mal à accrocher dans les premiers épisodes, contre toute attente, j’ai fini par adorer Sarazanmai. C’est un anime surprenant de bout en bout, d’une grande qualité, qui mérite davantage de reconnaissance. Par contre, j’avoue rester sur ma faim concernant le passé de Keppi, Mabu, et Reo ainsi que Sara, qui n’est pas vraiment exploité jusqu’à la fin de la série.

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Anna LESBROS

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