REVIEW – Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker

LE MEILLEUR FILM DE CETTE NOUVELLE TRILOGIE ?

En deux mots :

Difficile de mettre une note à un film aussi événementialisé. Certains adorent, d’autres détestent, Star Wars IX : L’Ascension de Jedi divise mais marque à coup sûr.

Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker (The Rise of Skywalker en VO) est un film américain de SF coécrit et réalisé par J. J. Abrams, sorti le 18 décembre 2019 en France. Star Wars IX fait suite à l’épisode VIII : Les Derniers Jedi, réalisé par Rian Johnson, et fait office de fin générale à la saga Skywalker s’étendant de l’Épisode I : La Menace Fantôme jusqu’à cet ultime opus.

Difficile de parler de Star Wars sans déchaîner les foules, difficile de donner un avis totalement objectif tant la saga a marqué – directement ou non – nos esprits que ce soit par les films directement, par les comics, les livres, les jeux vidéo ou encore par la publicité omniprésente. À cet effet, plutôt que de dire si le film est bon ou mauvais, ce qui n’aurait finalement aucun sens, nous préférerons ici se poser en tant qu’observateurs, analystes d’une épopée qui aura vécu le meilleur comme le pire, souvent dans la plus grande des incompréhensions. Ainsi, oubliez que vous êtes fan de Star Wars et que “non, ça, on ne peut pas le faire…” et posons nous calmement sur l’expérience que nous venons de vivre.

Attention, cet article comporte de nombreux SPOILERS. Si vous n’avez pas vu le film, je vous invite à aller directement à l’avis final.

NB : suite au visionnage du film, j’avais beaucoup de choses à dire. Beaucoup de choses que bien d’autres personnes auront déjà abordé comme le baiser entre Rey et Ben, comme le nombre de références que comporte le film (salut à toi, chiffre 42), toutefois, vous pourrez (si ce n’est pas déjà fait) trouver ces informations et ces avis sur d’autres articles ou vlogs. Mon envie ici, était de me concentrer sur quelques points qui me semblent les plus importants à la bonne compréhension de ce nouvel épisode.

Une direction artistique maîtrisée

Commençons par le commencement, à savoir la première chose qui marquera toute personne qui ira voir ou qui aura vu le film : sa direction artistique et le soin qui a été apporté à la photographie. Que l’on aime ou pas, J. J. Abrams est resté fidèle à son credo, nous proposant des plans intelligents, construits avec ce qu’il avait. Ainsi, le réalisateur a su, selon moi, assez bien gérer l’immédiateté de l’action et le sentiment d’oppression permanente à travers des plans serrés, surtout lorsqu’il s’agit de la Résistance, décimée et recluse dans ses derniers retranchements.

Non seulement les univers et planètes sont détaillés, précis, mais ce sont surtout les affrontements qui ont bénéficié du plus grand soin (bon, sauf peut-être le dernier… on en parlera plus tard). Encore une fois, que l’on aime ou pas, le film est globalement très joli et nous offre des combats intéressants dans lesquels – et pour la première fois dans cette saga – chaque assaillant exploite ses pouvoirs au maximum : sabre laser, pouvoirs de force, sauts et j’en passe, j’ai noté une volonté de faire vivre une expérience de combat à l’exact mi-chemin entre la trilogie originale et la prélogie.

Et si la première partie du film est composée de plans qui s’enchaînent les uns après les autres à une vitesse folle, c’est en grande partie à cause d’un autre “problème” : l’épisode précédent.

Merci Star Wars VIII

Lorsque le film commence, le spectateur est immédiatement projeté dans le film à une vitesse folle, accompagnée d’un rythme effréné nécessaire pour rattraper le retard. Mais quel retard ? Celui de l’épisode VIII… Perdu dans une volonté, peut-être un peu mégalo de “je m’en fous je fais ce que je veux”, Rian Johnson a pris le parti un peu fou de casser les codes et d’emmener ses spectateurs dans un sens totalement différent des précédents opus de la saga, que l’on adore ou qu’on déteste. Le résultat est alors sans appel et J. J. Abrams doit faire un choix : changer son scénario initial et suivre la voie ouverte par Johnson ou bien rejeter en bloc l’épisode VIII et repartir sur son pitch de base. Finalement, Abrams choisit la seconde option mais est aussitôt pris au piège car il doit trouver un scénario qui lui permette de recoller les morceaux, réfutant les événements passés, quitte à exploiter la Force comme Deus Ex Machina, expliquant et justifiant tout et n’importe quoi. La Force n’a plus de règles. Il faut l’accepter, c’est de la magie, point.

Cela va jusqu’à proposer certaines scènes – a priori inutiles – mais présentes avec l’unique objectif de répondre à Johnson “tu t’es planté”. L’un des meilleurs exemples est le jeté de sabre. Si Johnson ouvre son Star Wars VII avec la rencontre de Rey et Luke, le vieux Jedi récupère son sabre laser et l’envoie finalement valser négligemment derrière lui. Abrams rependra cette scène en inversant les rôles : Rey possède le sabre de Luke, mais à bout de force et désabusée, elle décide de jeter le sabre de son maître au feu. Apparaît alors le fantôme de Luke qui s’exclame alors “quil offrit plus de respect à l’arme d’un Jedi“. Abrams se fait plaisir.

Malgré la vitesse, a priori adaptée à ce genre de blockbuster, peut être appréciable, c’est également un sentiment quasi-inévitable de patchwork qui est le plus évident, quitte à ne pas être logique. Ainsi, si Johnson nous avait appris que Leia maîtrisait la Force comme personne, au point de pouvoir voler, Abrams n’a d’autre choix que de trouver une justification (si possible pas trop bancale) à cet événement. Ainsi, on nous apprend que Leia, non seulement utilise la Force (mais ça encore, on se rappelle de la phrase “la Force est grande dans la famille” de la trilogie originelle, donc ça passe) mais on apprend surtout que Leia a été entraînée par Luke, voire qu’elle le dépasse. Mais dans ce cas… Comment justifier la quête principale des épisodes VII et VIII, à savoir retrouver Luke et demander son aide quand on sait qu’en réalité, Leia a toujours été là, qu’elle aurait pu entraîner Rey depuis le début et que l’épisode VIII n’est donc plus du tout la fin des Jedi. Puisque techniquement, avec Rey et Leia, il nous reste à ce moment plus de Jedi que de Sith… Des incohérences qui ne sont finalement pas si gênantes si l’on ne désire pas les voir mais qui pourraient en dégoûter plus d’un.

De plus, face à l’absence totale d’enjeu à la fin du 8ème opus, il fallait fédérer et proposer un épisode final évident. Il était donc presque impossible de ne pas faire revenir Palpatine, grand méchant de toute la saga. Et comme il fallait une grosse révélation au film, lui permettant de rester dans les mémoires, il fallait redonner de l’épaisseur à un personnage. Or, qui de mieux que Rey dont le passé reste flou. C’est ainsi que face à l’impossibilité d’en faire la fille cachée d’un Jedi (ils n’ont pas le droit), il fallait en faire la fille (ou la petite fille) d’un Sith. J’avoue avoir du mal à imaginer Palpy, même à l’époque de La Revanche des Sith, avoir une descendance, mais soit. Après Papy fait de la résistance, on a maintenant papy est un sith. Moins classe.

Mais alors, c’est un film joli, bourré de défauts ? Oui. Et pourtant, je ne pourrai dire pour autant qu’il s’agisse d’un mauvais film car tel ne serait pas le cas. En réalité, à l’instar des autres films de la saga, qui sont une photo de leur époque.

La nostalogie

Et c’est ici le point central de notre grille de lecture : selon moi, le film n’est ni bon, ni mauvais. Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker n’est pas le film que les fans voulaient, mais celui qu’ils méritent. Spéciale dédicace à toi, J. Gordon.

Chaque film Star Wars est le témoin de son époque. Lorsque la trilogie originelle est sortie, les spectateurs voulaient de l’aventure, du rêve. Il s’agit de l’époque qui a vu germer E.T., Indiana Jones, Alien ou encore Rencontres du Troisième Type. S’ensuit alors, longtemps après la prélogie qui est née à l’aube des années 2000 sous le signe de l’avènement des effets spéciaux et de gros blockbusters comme Matrix, Le Seigneur des Anneaux et j’en passe. Le public veut de l’aventure, mais en plus gros : plus gros budgets, plus grosses actions, plus gros acteurs… tout doit être plus gros.
Vient alors cette nouvelle trilogie, la postlogie, sous l’égide de Disney. Seulement voilà, que veulent les gens aujourd’hui ? Ce qui fonctionne au cinéma, et plus largement dans l’industrie du divertissement aujourd’hui, c’est la nostalgie. Avec des séries fortes de symbolique comme Stranger Things qui éveillent directement l’enfant fan des Goonies et d’E.T. qui sommeille en nous, ou encore les ressorties de films Disney comme Le Roi Lion, Le Livre de la Jungle et j’en passe, la nostalgie a totalement pris place dans le cinéma. Et il en va de même, par exemple, dans le jeu vidéo puisque le retro gaming n’a jamais autant explosé que ces dernières années.

Pourquoi ? Parce que le public a évolué, que sa base de fans invétérée est aujourd’hui composée de personnes qui ont entre 25 et 50 ans et qui seraient ravis de faire vivre à nouveau la flamme de l’enfance, tout en permettant si possible de faire redécouvrir ces petits chefs-d’œuvre à leurs propres enfants, passant ainsi le flambeau. Si cette trilogie est souvent appelée avec acidité la nostalogie, ce n’est pas pour rien. Et pourtant, d’un point de vue objectif, je ne trouve pas cela négatif pour autant. Le cinéma nous donne ce que nous lui demandons. Et bien qu’on puisse se plaindre d’un manque d’originalité, Disney sait pertinemment que la nostalgie permettra à ses films de se vendre, tout comme sa licence Marvel n’a plus besoin de se réinventer : le public est habitué à ce type de films et continue à aller les voir… pourquoi arrêter d’en faire ?

Ainsi, je pense qu’il ne faut pas reprocher au film ce que le public lui-même nourrit depuis plusieurs années. Car en effet, Star Wars IX est bien cela : un “film-produit” destiné au plus grand nombre, et témoin de son époque. C’est d’ailleurs pour cela que le message principal du film repose sur Rey. Si la saga Star Wars s’est toujours reposée sur la thématique de la famille, il est ici question de ce même point sous des traits plus modernes et avec la leçon suivante : la famille ne se limite pas au sang, mais aux liens que nous créons. À l’ère des familles recomposées, des divorces et de l’acceptation de tous, il s’agit d’un message nécessaire. Nécessaire, parce que l’époque a changé, mais le spectateur aussi. La dernière phrase de Rey “I’m Rey Skywalker“, toute aussi polémique soit elle, est ainsi forte en symbolique.

Le spectateur a changé

Pour les fans, le film ne peut être que décevant. Ne serait-ce qu’un petit peu. Parce qu’il est mauvais ? Même pas. Tout simplement parce que l’époque veut ça. Alors que nous partageons tous nos avis, nos commentaires, nos théories, que chaque trailer est analysé dans ses moindres détails, il devient de plus en plus difficile pour les cinéastes de produire un contenu surprenant. Nous aimons imaginer des théories, les partager, les challenger. C’est aujourd’hui un des pilliers qui font vivre les communautés geeks. Et cela n’est pas grave. Ce n’est ni bien, ni mal. C’est un fait. Il en va de même des films que l’on nous propose.

Prenons l’exemple des spin-off. Pourquoi Disney propose-t-il autant de spin-off ? Pour faire de l’argent. Certes. Mais également car ce sont eux qui ont le plus de chance de contenter pour la simple raison qu’ils exploitent l’univers de Star Wars, mais ne créent pas autant d’attentes que la saga principale. Lorsque Disney annonce un film comme Rogue One ou Solo, la réussite du film dépend de sa qualité et non du fait qu’elle contente les théories et attentes de fans. Il en va de même de l’excellente série The Mandalorian (du moins pour l’instant). La base de fans attend quelque chose. Et ce quelque chose varie en fonction de chacun. Avec Star Wars, tout le monde attend quelque chose. Et comme il n’est pas possible de contenter chacun, le film créera inéluctablement des déceptions. Pourquoi ? Parce que Star Wars n’appartient plus au cinéma, Star Wars appartient au public.

Mon avis

Star Wars IX : L’Ascension de Skywalker est profondément imparfait, car il devait l’être. Pourtant, il reste un très bon moment de cinéma, divertissant et épique. Il ravira les fans de la première heure et ceux qui découvrirons l’univers grâce à son accessibilité. Toutefois, il ne pourra contenter tous les fans, avides de théories, par sa propre limite de film unique.
Le film fait ce qu’il peut avec l’adorable volonté de bien faire, de faire au mieux. Star Wars a-t-il été ruiné par Disney ? Pas si sûr. Quand on prend du recul, ce qui fait souvent notre attachement aux films Star Wars, c’est le temps. Laissons-nous le temps d’apprécier cette trilogie.

Bon… et d’un point de vue très personnel, malgré ses imperfections et une fin un poil décevante, j’ai passé un très bon moment de cinéma et j’ai hâte de le revoir.

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Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

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