REVIEW – AFTERLOST (anime)

UN MAUVAIS DIVERTISSEMENT
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Résumé

De premier abord, l’anime donne envie par ses visuels et son intrigue. Pourtant, la déception est de mise assez rapidement. Si ce n’est pas raté à tous les niveaux, on tient ici un beau gâchis.

AFTERLOST aussi appelée Shōmetsu Toshi, est, à l’origine, une application mobile, lancée en 2014, et développée par Wright Flyer Studios et l’entreprise japonaise GREE. Mais ici, c’est de son adaptation anime, sortie en avril 2019, dont nous allons parler. Produite par le célèbre studio Madhouse, qui a notamment Death Note, One Punch Man, Overlord, Nana et j’en passe, comme références, la série se compose de 12 épisodes, disponibles en France sur la plateforme de streaming Wakanim. Attention, chers lecteurs, je tiens à vous prévenir, cet article ne va pas être tendre.

Le pitch

Un jour, une ville est anéantie. Takuya, un coursier solitaire rencontre l’unique survivante de la catastrophe, Yuki. Suite à la réception d’un message du père de Yuki, dont elle avait perdu le contact, ils partent ensemble vers la ville disparue. Mais un obstacle inattendu se dresse devant eux et Yuki doit faire face à une réalité bouleversante. Tout en étant accablés par les sentiments des disparus, ils vont avoir affaire à une mystérieuse organisation qui agit dans l’ombre, et vont devoir déjouer un complot. Takuya et Yuki apprennent à se connaître au fil de ce voyage qui les rapproche du mystère de la ville disparue.

Une adaptation ratée

Et ce n’est pas peu dire. Bien que le pitch avait tout d’alléchant, AFTERLOST nous fait très vite déchanter. Dès les premières images, on en a la démonstration au niveau de l’animation : le CGI est utilisé à outrance notamment dans les scènes d’action, pour un rendu illisible. Voilà qui est étonnant de la part du studio Madhouse, qui nous a habitués à mieux. En dépit de cela, le premier épisode de l’anime est plutôt déconcertant, voire même incompréhensible. On découvre les personnages principaux, Yuki et Takuya, ainsi que le phénomène de Lost, qui a coûté la vie à des milliers de personnes dans un Tokyo alternatif. Seulement, les scènes s’enchaînent les unes après les autres sans que de bonnes explications ne soient apportées au spectateur, alors dans le flou pendant une bonne partie de l’anime, voire dans son intégralité pour certains.

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Il n’y a qu’à l’épisode 8 qu’on comprend l’origine de Lost, si on parvient à aller jusque-là. Il est bien dommage que l’anime regagne de l’intérêt qu’après la moitié des épisodes, alors que le concept d’une ville détruite est de base accrocheur. Concernant les protagonistes, la série ne vole pas très haut là non plus. On ne comprend pas vraiment la réelle plus-value de Takuya dans l’histoire, et Yuki est l’héroïne cliché innocente, mystérieuse mais dotée de puissants pouvoirs (et évidemment, c’est lié à un membre de sa famille). Les personnages secondaires sont, paradoxalement, plus travaillés, comme le père de Yuki, ou les anciens partenaires de Takuya dans le bureau de détectives. L’antagoniste, en revanche, est insipide à souhait. Quant à leurs graphismes, le chara-design reste tout à fait correct, même si on note que certains personnages se ressemblent beaucoup, au point de les confondre facilement. Déjà que l’intrigue est déroutante, cela n’aide pas le spectateur à mieux la comprendre.

Ça n’a aucun sens

AFTERLOST, c’est une histoire sans queue ni tête dans laquelle de nombreux événements se succèdent, et dont on ignore les tenants et aboutissants. Certains scènes, et même des épisodes entiers, n’apportent rien au scénario. L’anime impose beaucoup d’éléments sans pour autant les justifier. Toutefois, l’anime semble s’améliorer au fil des épisodes, mais malheureusement reste toujours un souci de cohérence. En parlant de cohérence, les séquences émotion, assez cliché, sont souvent mal placées, notamment dans une ambiance qui n’y est pas propice : on a, par exemple, Takuya qui se fait poursuivre en scooter avec Yuki, il est sévèrement blessé et pourtant c’est lui qui se retrouve à consoler la jeune fille. Malgré tous ces défauts, la morale implicite d’AFTERLOST est bien présentée : elle repose sur les regrets des humains, visibles à travers les différentes histoires d’Âmes. Tandis que le “mort” ne peut plus faire disparaître ses regrets, le vivant en est toujours capable.

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Autre élément quelque peu agaçant, les cliffhangers. Le studio abuse de l’effet “black out” avec lequel, pendant un bref instant, le spectateur se retrouve face à un écran noir et à un bruit sourd, souvent un coup de feu. À répétition, voilà qui est lassant et qui ne surprend pas  réellement le spectateur. Côté son, rien d’exceptionnel en soi. La bande originale est globalement bien adaptée, avec un opening plutôt sympathique, mais qui n’est pas pour autant inoubliable.

Mon avis

Alors, je ne sais pas ce que vaut le jeu vidéo d’origine, mais son adaptation anime n’est pas fameuse, vous l’aurez compris. Si le synopsis est intéressant, l’histoire n’est pas exploitée comme il se doit : elle part dans tous les sens, et le twist final laisse un goût d’inachevé. Quel dommage.

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Anna LESBROS

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