TEST – Blacksad : Under the Skin

Blacksad : Under the Skin est un jeu vidéo développé par Pendulo Studios et YS Interactive, et édité par Microïds, en collaboration avec les auteurs et dessinateurs de la bande dessinée d’origine Blacksad, Juan Díaz Canales et Juanjo Guarnido. Il est sorti le 14 novembre 2019 sur toutes les plateformes, Nintendo Switch, PS4, XBox One, PC/Mac. 

Les studios espagnols et français nous proposent une histoire complètement inédite du charismatique détective John Blacksad, dans ce jeu vidéo narratif d’investigation doté de puzzles, enquêtes, dialogues à choix multiples et Quick Time Events (QTE).

Un univers bien construit

Joe Dunn, propriétaire d’un club de boxe, est retrouvé pendu au cœur même de son établissement. Suite à cet incident, Robert “Bobby” Yale, boxeur phare du club et véritable star montante dans le milieu, disparaît mystérieusement alors qu’il doit disputer l’un des matchs les plus importants de sa carrière. C’est ainsi que Sonia Dunn, la fille de Joe, engage le très dévoué détective John Blacksad pour mener l’enquête sur sa disparition et le retrouver. Une affaire complexe qui mêle corruption aux autres mœurs d’une ville de New-York des années 50. 

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Sonia Dunn et Jake Ostionne sonnant à la porte de John.

C’est avec un plaisir inexorable que l’on plonge dans ce voyage temporel, notamment grâce à une bande-son jazzy digne d’un polar noir américain d’antan, ainsi que par la présence de tableaux visuels qui dépeignent les structures et bâtiments de l’époque. On suit le mélancolique protagoniste félin dans les tréfonds lugubres et sales de New-York, dans cette ambiance pesante et torturée pour laquelle est connue l’ensemble de la série de bande dessinée. 

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Mais ce n’est pas tout. Pour porter ce scénario noir, il n’y a pas moins de 30 personnages anthropomorphes inédits ainsi que quelques têtes connues de l’œuvre originale, comme le commissaire canin Smirnov, le journaliste fouineur Weekly, ou encore Jake Ostionne le gorille, ancien garde du corps de Natalia et vieux pote de John.  

Le studio espagnol Pendulo est connu pour la création et l’écriture de personnages aux personnalités particulièrement développées, et cette fois-ci, il frappe encore dans le mille. Chaque personnage possède une variété de dialogues et de quêtes qui lui est propre, approfondissant davantage l’immersion. Du beau travail.

À la chasse aux indices

Comme tout bon détective qui se respecte, sa tâche consiste à récolter des indices afin de trouver des réponses. Pour ce faire, il est presque obligatoire de fouiller chaque recoin des différents mais peu nombreux endroits liés à cette enquête.

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Vous allez connaître cette rue par cœur, je vous le garantis.

Chaque nouvel indice noté sur le carnet permet d’en savoir plus sur les différents personnages du jeu ou sur l’affaire en elle-même. Une fois les bons indices récoltés, on peut ainsi faire des déductions. Cette mécanique débloque de nouveaux dialogues et fait avancer l’intrigue. 

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Toutes les nouvelles informations sur les personnages sont notées dans le carnet.
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Avec la bonne combinaison d’indices, on peut obtenir une nouvelle déduction.

Mais Blacksad n’est pas qu’un simple détective faisant preuve d’intellect et d’esprit, il possède également une vue, une ouïe et un odorat sur-développés appelés sens du félin, qui lui permettent de relever des détails difficilement perceptibles à l’œil nu. 

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De quoi repérer l’odeur de hamburger qui règne au Sam’s Diner.

Cette phase intéressante est néanmoins contrastée par des défauts techniques et des bugs graphiques plutôt conséquents, comme une caméra qui s’emballe ou un Blacksad qui reste coincé contre des murs, surtout que celui-ci n’est capable de marcher que très lourdement, ce qui peut rapidement devenir frustrant étant donné que l’on doit effectuer pas mal d’allers-retours entre les dits tableaux.

Toute décision a une conséquence

Tout au long de l’enquête, Blacksad est confronté à des choix plus ou moins importants. Afin de mener sa mission à bien, il lui faudra interagir et discuter avec bon nombre de personnages, en posant les bonnes questions et surtout en donnant les bonnes réponses. Si la plupart de ces choix n’ont pas d’impact réel sur le déroulement de l’intrigue, certains mènent directement à une “bad end” prématurée ou à des situations non favorables à la suite de l’enquête. 

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Certaines réponses peuvent purement couper court à la discussion.

Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces investigations ne sont pas de tout repos. Il peut arriver que Blacksad doive employer la manière forte afin de se sortir de situations épineuses ou pour obtenir des réponses de certains individus têtus et coriaces. Ces phases de “combat” se présentent alors sous forme de QTE, qui peuvent très mal tournées si jamais on se trompe de touche ou si l’on n’est pas assez vif. 

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Facile d’imaginer ce qui va se passer si on se loupe ici.

Pour couronner le tout, chaque décision définit le caractère de Blacksad, ainsi que ses relations avec les autres personnages. On peut alors se faire pas mal d’ennemis ou avoir tout le monde à sa botte, en étant plus dur à cuire que sensible, plus preste que lourdaud ou encore plus bavard que silencieux, pour ne citer que quelques exemples. Toutes ces statistiques sont affichées dans un menu spécial, “votre Blacksad“. 

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Un Blacksad honnête mais qui ne sait pas se taire.

Mon avis

J’ai été surpris. Ne connaissant pas du tout la bande dessinée, c’est tout un monde que j’ai découvert. On se laisse happer par cette atmosphère sombre et intrigante, ponctuée de personnages hauts en couleur et pour la plupart très attachants.  

Mais malheureusement, la présence de nombreux défauts tels qu’une palette graphique assez pauvre et de violents bugs ont perturbé mon immersion, ce qui est réellement dommage car cet univers mérite d’être connu.  Je ne regrette pas cela dit d’avoir tenté l’aventure, et je remercie Microïds de m’avoir permis d’entrer dans la peau de John Blacksad.

John Blacksad 2

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Christophe KIAYILOUCA

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