REVIEW – Frère à louer

UN SEINEN MI-FIGUE MI-RAISIN
2.7

En deux mots :

L’idée de mettre en exergue la relation frère / sœur sous un nouvel angle avait tout pour être alléchante. Malheureusement, les clichés s’accumulent et l’intrigue en pâtit, pour finir par perdre toute sa saveur. Un beau gâchis.

Frère à louer ou Rental Onii-chan de son nom original, est un seinen d’Ichiiro Hako, auteure du light novel Hakata Tonkotsu Ramens. Sorti en 2016 au Japon, et en octobre 2019 en France, aux éditions Delcourt / Tonkam, il s’agit ici du premier manga de cette dernière. Série en 4 tomes toujours en cours au Japon, on retrouve la thématique abordée dans Tant que nous serons ensemble, à savoir celle de la famille et de la relation fraternelle (mais cette fois sans ambiguïté !)

Le pitch

Kanami vit seule avec son grand frère qui, meurtri par le décès de ses parents, finit par s’isoler et traiter sa jeune sœur de façon abjecte. Possédant une certaine somme d’argent suite à l’héritage, Kanami décide de l’utiliser pour louer un grand frère dont le but sera de passer du temps avec elle, de l’emmener faire du shopping ou tout simplement, de s’occuper d’elle.

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C’était bien parti…

Petite fille abîmée par la vie, Kanami est pourtant courageuse et pleine d’espoir. Ce premier tome prend place deux ans après le décès de ses parents, et Kanami fait courageusement face à cette lourde perte. Elle continue de croire en son grand frère, pour qui elle est devenue invisible. Pour faire face à sa solitude, elle “loue” les services d’un jeune homme semblable à son frère aîné dans le passé. Prendre pour héroïne une petite fille en école primaire confrontée à un deuil aussi douloureux, est un parti-pris intéressant de l’auteure, qui change des seinen du genre. Qui plus est, les dessins sont raffinés, agréables à regarder, et même très propres. Les différentes expressions des personnages sont bien travaillées, et c’est une réussite de ce manga. Par exemple, dans les premières pages, les traits du « grand frère » suggèrent qu’il a de mauvaises intentions envers Kanami (même si de base se faire rémunérer par une petite fille n’a rien de louable), et on découvre finalement qu’il s’agit d’un garçon bon et sensible.

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Au fil des chapitres de ce premier volume, l’auteure parvient aisément à piquer la curiosité du lecteur concernant ses protagonistes. Qui est vraiment ce mystérieux “grand frère” ? Pourquoi joue-t-il vraiment ce rôle ? Est-il aussi simplet et honnête qu’il en a l’air ? Ou encore, pourquoi le vrai grand frère de Kanami a-t-il changé à ce point ? Les “grands frères” sont deux pièces d’une même médaille, qu’il reste à découvrir. En revanche, à part le trio composé de Kanami et de “ses grands frères”, les personnages secondaires n’ont aucun intérêt dans ce récit, si ce n’est de jouer des rôles clichés sans réel apport dans le récit. Je pense notamment à la “méchante” de la classe, stéréotype bien trop vu et revu dans les mangas.

… mais trop de maladresses

Le synopsis de Frère à louer est aussi accrocheur que curieux. Difficile de ne pas éprouver de l’empathie à l’égard de Kanami, d’autant que son frère aîné, dont on ne connaît pas le prénom, ne lui facilite pas la tâche. La gestion de son deuil, quant à lui, passe par l’indifférence, un sentiment d’injustice menant parfois à de la violence. Cette situation complexe a tout pour attiser l’intérêt du lecteur, du moment qu’un tant soit peu de profondeur soit de mise. Malheureusement, ce n’est pas vraiment le cas dans ce premier volume, qui manque cruellement de nuances. Si la souffrance de Kanami et sa relation avec son “nouveau grand frère” sont globalement bien dépeintes, les facilités scénaristiques gâchent ces réussites.

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Cela commence dès la rencontre entre Kanami et son nouveau grand frère : pour résumer grossièrement, sorti de nulle part, le jeune homme propose à une petite fille qu’il ne connaît pas, de “le louer” pour la réconforter dans son malheur. Pas très réaliste comme réaction, même pour un personnage de manga. Cela manque de subtilité. De même, certains rebondissements sont d’une prévisibilité affligeante, affaiblissant l’originalité du synopsis. Les maladresses s’enchaînent, et l’histoire touchante, en plus d’être terriblement triste de Frère à louer, s’en retrouve quelque peu gâchée.

Mon avis

Moi qui pensais avoir un véritable coup de cœur pour ce manga en lisant son pitch, me voilà bien déçue. En dépit d’une histoire accrocheuse au premier abord, l’auteure a gâché son potentiel en enchaînant les facilités scénaristiques, avec des situations creuses, voire sans intérêt pour certaines. Malgré tout, je me rendrais dans ma librairie le 22 janvier prochain pour acheter le tome 2, en espérant que la suite soit bien meilleure.

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Anna LESBROS

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