REVIEW – Kengan Ashura (anime)

LE MEILLEUR ANIME DE BASTON DU MOMENT !
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Résumé

Kengan Ashura est l’une des meilleures surprises Netflix de cette fin d’année. Un anime de baston endiablé qui surpasse de très loin l’adaptation ratée de Baki.

Si Baki The Grappler est bien connu de nos contrées par tous les fans de baston qui se respectent, il en va tout autrement de Kengan Ashuraun manga de Yabako Sandrovich inédit en France, et qui ne dispose même pas de page Wikipédia française dédiée ! Ce manque de notoriété est d’autant plus étonnant que la parenté entre les deux œuvres est flagrante. Certes, Kengan Ashura est moins poussif et extrême qu’un Baki, mais le concept demeure similaire : des combats enragés entre des gladiateurs des temps modernes. Les deux parties de l’anime sont disponibles sur Netflix, depuis le 31 octobre dernier.

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Le pitch

Notre héros, Tokita Ohma, se retrouve un jour enrôlé dans l’univers sanglant des combats clandestins. Combattant hors pair, maîtrisant la technique des fluides de l’école Niko, Ohma va attirer l’attention d’un PDG ambitieux, Nogi Hideki, et devenir le combattant attitré de l’entreprise Nogi. Il devra alors subir une série d’épreuves pour mériter son titre de Kengan.

Une lutte à la vie à la mort entre gladiateurs des temps modernes

Kengan Ashura se déroule dans un Japon moderne où les grandes entreprises du pays règlent leurs différends commerciaux à travers des combats clandestins de Kengans. Une tradition ancestrale héritée du Japon médiéval de la période Edo et qui perdure encore aujourd’hui. Les combattants ou Kengans, qui représentent les sociétés japonaises, sont ainsi chouchoutés par leurs employeurs et sont grassement rémunérés pour leurs combats sanguinaires.

On comprend d’emblée que le scénario n’est ici que prétexte à dérouler une succession ininterrompue de combats. L’objectif d’Ohma n’est ni la gloire ni l’argent, mais de tout simplement prouver qu’il est le meilleur combattant au monde (rien que ça) et d’accomplir sa vengeance en battant l’homme qui a tué son maître (oui, oui, on enchaîne les clichés). Et quand le titre de Président de l’association Kengan est remis en jeu, c’est l’occasion d’initier le fil narratif bien connu des fans de baston : le tournoi. Ainsi, passé quelques épisodes d’introduction servant principalement à faire montre de la force de notre héros, la série se concentre sur ce fameux tournoi qui verra s’affronter les meilleurs kengans du Japon.

 Un anime de baston et rien de plus ?

Chaque épisode met en scène un combat entre deux kengans et si ce principe peut paraître répétitif, il maintient toutefois habilement l’attention du spectateur grâce au charisme et à la personnalité des différents combattants. Les flashbacks qui entrecoupent les combats permettent d’humaniser les différents personnages et de dépasser le simple statut de “bête humaine” (bestialité qui est clairement assumée dans Baki et qui explique l’absence de tout traitement psychologique des personnages). La force de Kengan Ashura est ainsi d’avoir su créer un éventail impressionnant de personnages badass, aux styles et au backgrounds bien distincts.

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Mais la meilleure trouvaille de l’anime reste le personnage de Kazuo Yamashita, cadre japonais de 50 ans à la carrière stagnante qui se retrouve impliqué malgré lui dans cet univers clandestin. Ce personnage apporte une touche d’humour bienvenue à la série et représente un point de repère et d’identification pour le spectateur. Un être ordinaire qui peu à peu se révèle face aux différentes épreuves et développe tout son potentiel. Yamashita est le parfait antagoniste des patrons japonais mis en avant dans la série : un homme dont la conduite est guidée par des valeurs morales, aux antipodes des oligarques japonais seulement mus par la cupidité et l’ambition. À travers le personnage de Yamashita,  le mangaka Yabako Sandrovich dresse une critique acerbe de la société japonaise et de ses élites. Les combats de Kengans peuvent alors être perçus comme une métaphore de la violence des échanges économiques et sociaux au Japon. Face à ce système gangrené, Yamashita incarne l’espoir d’un grand bouleversement.

 Un parti pris esthétique contestable mais efficace

Le choix esthétique de la série est très certainement le point qui m’a le plus rebuté avant d’entamer la série. Il faut dire que le Cel Shading a plutôt mauvaise presse en anime, notamment en raison de son utilisation pour la nouvelle série Berserk en 2016. Il faut reconnaître que c’était fort laid… En outre, l’utilisation de cette technique pour la série Baki avait achevé de me convaincre qu’elle était encore loin d’être aboutie. Mais il faut reconnaître que des progrès ont été accomplis depuis et que le rendu sur Kengan Ashura est beaucoup plus probant. Certes, on a encore parfois l’impression d’être devant de vieilles cinématiques de PS2, notamment pendant les phases dialoguées, mais le cel shading confère beaucoup de dynamisme aux scènes de combat. Les mouvements sont fluides, les impacts parfaitement retranscrits, et certains combats sont tout simplement dantesques, notamment celui d’Ohma contre Raian Kure ou celui d’Agito contre Okubo. Il faut dire que la réalisation n’a pas été confiée à n’importe qui, mais à Seiji Kishi, qui s’est notamment illustré sur Danganronpa the Animation et Assassination Classroom.

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Mon avis

Si vous devez donc choisir un seul anime de baston, c’est bien Kengan Ashura. Oubliez l’adaptation ratée de Baki et laissez-vous bercer par la douce mélodie des punchs d’Ohma Tokita. Une seule question brûle désormais les lèvres du fan d’anime de baston que je suis : à quand une adaptation moderne et digne de ce nom du manga Tough et de sa suite Free Fight du grand Tetsuya Saruwatari (on peut toujours rêver…) ?

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Thomas Osorio

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