TEST – The Legend of Zelda: Link’s Awakening

UN VIEIL AMI QUE L'ON RETROUVE ?
4.3

Résumé :

Que l’on retrouve l’aventure ou qu’on la découvre, cette nouvelle version de Link’s Awakening est un réel plaisir dont il faut se délecter. Et bien lentement.

The Legend of Zelda: Link’s Awakening (souvent raccourci en Link’s Awakening) est un jeu d’action-aventure développé et édité par Nintendo. Le jeu, initialement sorti le 6 juin 1993 au Japon sur Game Boy et en décembre 1993 en Europe, est le quatrième épisode de la série The Legend of Zelda. Depuis février dernier, date à laquelle le remake 3D du jeu a été annoncé, je ne sais que penser de l’intention de Nintendo. Toujours est-il que chaque sortie d’un nouveau jeu Zelda est un événement à considérer.

Et très rapidement, on retrouve les vieilles habitudes !

Le pitch

Link rentre en bateau vers Hyrule, mais une tempête coule son embarcation. Il s’échoue sur l’île Cocolint, où il doit trouver le Poisson-rêve, le seul être qui puisse l’aider à partir de cette île. Pour cela, il doit trouver les objets lui permettant d’avancer dans sa quête, qui consiste à réunir les huit instruments de musique des sirènes, qui vont lui permettre de réveiller le Poisson-rêve. À noter, dans cette aventure Zelda, qu’il ne sera question ni de sauver Zelda, ni de retrouver les morceaux de la Triforce et encore moins de se débarrasser de Ganon, ce qui en fait un épisode original.

Est-ce que c’est beau ?

Si lorsque le jeu a été annoncé, je n’ai pas accroché avec le style très “mignon” des personnages chibi proposés par Nintendo pour cette nouvelle version de Link’s Awakening, les premières vidéos de comparaison (version 1993 vs 2019) ont attiré mon attention. Finalement, après plusieurs sessions de jeu, je dois bien avouer que j’ai fini par tomber totalement sous le charme de cette nouvelle version, particulièrement bien finie, inspirée de l’univers Nintendo contenant des références provenant des jeux comme Mario ou encore Animal Crossing dont j’ai ressenti, par moments, l’inspiration. Non seulement ces nouveaux designs sont objectivement réussis, mais en plus, ils sont en totale cohérence avec le jeu d’origine et ne trahissent donc en aucun cas son style. Petit point noir cependant, il faut bien avouer que certaines salles de donjons ont pris quelques rides. Émulateur de nostalgie chez certains, celles-ci peuvent s’avérer rudes pour d’autres.

Visuellement marqué, le challenge reste là !

Autre point important à noter : les musiques du jeu, originellement en canal WAV 4bit, ont été conservées, mais ont eu elles aussi droit à un petit lifting bien mérité. Et si quelques passages pourraient risquer de vous rendre fou à cause de leur répétitivité sonore, la qualité des compositions reste là. Globalement, on peut donc dire que cet upgrade est objectivement, côté direction artistique, une réalisation des plus remarquables. Toujours est-il que le rendu pourra ne pas plaire à tout le monde. On se rappelle que l’arrivée d’un personnage cartoon avec The Legend of Zelda: The Wind Waker n’avait pas plu à tout le monde…

Un jeu rajeuni ?

Il faut le dire, les mécaniques de jeu et le gameplay en général ne sont plus tout jeunes. Pourtant, au-delà des déplacements très “carrés” de Link et des actions sommaires, il faut tout de même reconnaître au jeu l’intelligence de son game design, la difficulté de ses donjons et la cohérence de son univers. Car si les déplacements forcés du grappin ou encore l’utilisation basique des flèches pourraient rebuter, l’intérêt réel du jeu réside dans ses énigmes, dont le labeur est parfaitement dosé pour quiconque découvrira le jeu. Toutefois, il pourra sembler trop facile pour les aficionados de l’expérience. En effet, si les énigmes sont intelligentes, elles pourraient avoir perdu de leur saveur auprès des connaisseurs. D’autre part, les boss, éléments cruciaux des jeux Zelda, apparaissent pour le moins très faciles à battre. Pour ma part, je me suis même surpris plusieurs fois à souffler de satisfaction en tombant sur un boss : “chouette, je vais pouvoir me reposer !”.

D’autre part, si le jeu a été reproduit au centimètre près, il n’apporte pas vraiment de nouveauté par rapport à son prédécesseur. Ce qui pourra paraître positif pour certains joueurs pourra également surprendre quelques débutants. En effet, j’ai noté que si sur Game Boy il n’était possible d’utiliser que deux objets à la fois (en plus de l’épée et du bouclier) pour des raisons techniques liées à la console portable de Nintendo, je comprends moins pourquoi ce point n’a pas été corrigé.

Ainsi, si le jeu reste résolument rétro, il faudra plutôt y voir une capacité d’accessibilité folle permettant à de nouveaux joueurs de prendre la main très facilement sur une expérience incroyable. En effet, cette nouvelle version de Link’s Awakening est finalement la meilleure façon de retrouver, ou mieux, de faire découvrir ce petit chef-d’œuvre. Et très personnellement, après les 12 heures qui m’ont été nécessaires pour finir le jeu (je n’ai fait que peu de détours et je me suis rappelé quelques astuces), je n’ai regretté à aucun moment de m’être relancé dans l’aventure.

D’ailleurs, si de mon point de vue la durée de vie du jeu est tout à fait honnête, je sais que des fans plus aguerris peuvent terminer l’histoire en moins de 8 heures, ce qui fait alors plutôt court, d’autant plus que le jeu est vendu à un prix moyen de 59€, soit le même prix que The Legend of Zelda: Breath of the Wild, autrement plus complet – ce qui est normal. On aurait alors pu imaginer une sorte de NG+ avec une difficulté plus importante pour que les fans de la série puissent s’offrir un challenge plus important…

Crée ton donjon !

La vraie nouveauté de ce Link’s Awakening réside dans la possibilité de créer ses propres donjons aux côtés d’Igor. Quand on connaît le succès des jeux comme Super Mario Maker 2, la volonté de Nintendo d’ajouter cette fonctionnalité semblait alors tout à fait évidente. En effet, rappelons qu’au 9 juillet 2019, plus de 2 millions de niveaux avaient été créés par la communauté sur le dernier Mario. Toutefois, force est de remarquer que si Mario s’est doté d’un éditeur de niveaux plutôt complet, ce n’est pas vraiment le cas de ce The Legend of Zelda: Link’s Awakening. Pour cause, si Igor vous aide à créer vos donjons, vous ne pourrez finalement ajouter que les carreaux des pièces de donjons que vous aurez déjà croisés. Autrement dit, vous ne pourrez créer que des salles de donjons que vous aurez déjà vues, soit un total d’environ 140 pièces. Or, bien que ce chiffre semble important, les nombreuses règles et limites (portes, clés, escaliers, sens, etc.) poussent trop souvent à concevoir les niveaux de façon relativement similaire. Ce point est finalement fondamental puisqu’il va très rapidement nuire à l’intérêt non seulement de jouer à ses propres niveaux, mais plus encore de les créer. En somme, la fonctionnalité semblait très intéressante, car elle aurait pu être la clé d’une nouvelle rejouabilité nécessaire au jeu (pour son prix). Finalement, elle n’aura pas été exploitée avec brio. Du moins, pas encore. Nous pouvons toujours espérer une mise à jour…

Qu’on se le dise, Gigantehl ressemble toujours autant à un cheeseburger !

Mon avis

Malgré un système de création de donjons prometteur mais rapidement fade, le jeu s’avère finalement pauvre en nouveautés. Toutefois, fort de sa direction artistique très riche et de son univers enchanteur, The Legend of Zelda: Link’s Awakening réussit ce que bon nombre de remakes ne réussissent pas : créer la nostalgie chez les anciens, et permettre de découvrir un chef-d’œuvre pour les plus jeunes.

 

Publicités

Hadrien JACOBEE

http://hadrienjacobee.com

Sith du web et fier Rédacteur en Chef de My Geek Actu. Passionné par les univers video-ludiques, les comics DC et les mangas. En gros.

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :