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REVIEW – Les Enfants de la mer

Un petit rail de coke japonaise ?

Réalisé par Ayumu Watanabe et sorti le 10 juillet 2019 en France, le film d’animation japonais Les Enfants de la mer a été produit par le Studio 4°C, distribué par Tōhō et dont la bande originale a été imaginée par Joe Hisaishi. Il s’agit d’une adaptation du manga Les Enfants de la mer (海獣の子供 en japonais), un seinen écrit et illustré par Daisuke Igarashi prépublié dans le Monthly Ikki de Shōgakukan entre 2006 et 2011. Le seinen est distribué en France par Sarbacane.

Le pitch

Ruka est une lycéenne dont le père travaille beaucoup, et n’est jamais présent et dont la mère, alcoolique, reste enfermée chez elle. Quand l’été et les grandes vacances arrivent, elle décide de se consacrer entièrement à sa passion : le handball. Cependant, alors qu’une jeune fille de l’équipe, jalouse de son talent pour le handball, la provoque, elle tombe dans le piège et se fait exclure de son équipe, le premier jour des vacances. Ne sachant que faire, elle va rendre visite à son père à l’aquarium où il travaille. En se baladant dans les couloirs cachés, derrière les bassins, elle y rencontre Umi, un être exceptionnel qui semble ne pas pouvoir vivre normalement hors de l’eau. Elle apprend alors qu’il a été retrouvé, quelques temps auparavant, aux côtés de son frère (à lui) dans l’eau, élevés par des animaux marins. Seulement, les deux enfants de la mer semblent attirés par elle, via un chant qui retentit. Quelque chose les appelle : une baleine géante.

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Une direction artistique d’exception

Si le film d’animation commence comme une œuvre de japanimation intéressante et « classique » du genre, le dessin est là pour nous le faire croire. En effet, avec ses couleurs flamboyantes, variées et son trait ultra fin, l’anime cache à merveille son jeu en nous offrant des plans somptueux de la ville où grandit Ruka. Avec du recul, ces premiers plans sont essentiels car non seulement ils posent le contexte et vont permettre d’introduire Ruka aux enfants de la mer, mais en plus, il s’agit d’une certaine façon de nous montrer que le mangaka connaît ses bases, sait nous planter un décor japonais puissant en s’inspirant des grands noms pour ensuite ouvrir ses ailes et nous faire découvrir son univers si personnel.

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Car si Les Enfants de la mer est un anime marquant, c’est surtout pour son univers riche aux frontières du rêve et du WTF le plus total. Dans la deuxième partie de l’œuvre, Ayumu Watanabe se libère et nous montre ce qu’il a dans la tête : du génie, de la folie, mais pas toujours de cohérence.

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Un message puissant mais confus

Si plusieurs critiques voient Les Enfants de la mer comme une œuvre résolument écologique, ce n’est pas ce point qui m’a le plus marqué. Car en effet, si le mangaka amène son histoire de façon logique pendant les trois premiers quarts de l’expérience, c’est sur le bouquet final que le film révèle réellement selon moi son sens caché : la confiance en soi. C’est finalement ce dont il sera le plus question puisque, rapidement, nous comprenons que tout tourne autour de Ruka, ruinant l’intérêt de l’intrigue au profit du message : la mer et les étoiles ne font qu’un, nous sommes nos propres univers. Si à première vue le sens du film n’est alors pas forcément évident, j’ai surtout eu le sentiment que la révélation du sujet venait finalement s’écraser contre l’histoire qui avait été posée quelques minutes plus tôt.

Bien que les messages soient intéressants, le film est à mon sens une œuvre quelque peu confuse, cause d’une narration philosophico-ésotérique puissante mais parfois plus désireuse de nous offrir un spectacle artistique novateur qu’un réel film construit autour de sa narration. Je dois avouer que j’ai été très surpris par la fin de l’anime (si la surprise était recherchée, c’est une réussite) aussi bien par l’exploit que par l’explosion visuelle. Cependant, c’est précisément cette même scène, sorte d’expérience post-bad trip sous un mélange de LSD et de coke nippone, qui m’a laissé sur ma fin d’un point de vue scénaristique. C’est dommage, car à mon sens, nous sommes passés à quelques millimètres du chef-d’œuvre. Nous n’avons ici « qu’une œuvre majeure » de l’animation japonaise.

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Mon avis

Les Enfants de la mer passe à côté du titre de chef-d’œuvre absolu tant il frôle visuellement la perfection durant les trois premiers quarts du film. Malheureusement, légèrement perdu par son message philosophique et des explosions de couleurs en kaléidoscopes vers la fin de l’expérience, le film peine à être totalement lisible. Il faut lâcher prise, ne pas se poser de question pour profiter pleinement. Une fois ce cap passé, c’est une grosse barre de kiff qui vous attend. Cependant, je préfère vous prévenir, vous risquez de vous demander, une fois le film terminé « Mais qu’est-ce que c’était que ce truc ? ».

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