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REVIEW – Ballad Opera (tome 1)

Si vous aimez les anges, les démons et les shinigamis, voilà le manga qu’il vous faut !

Ballad Opera est un seinen d’Akaza Samamiya, notamment connu pour être l’auteur de Bloody Mary. Sorti au Japon en 2017, le manga a fait son apparition dans les librairies françaises le 20 février dernier, aux éditions Glénat. Voilà un conte macabre qui réserve bien des surprises !

Le pitch

Un ange et un démon atterrissent dans la ville de Yokohama, dans le but d’y trouver un shinigami (dieu de la mort) et d’obtenir son aide pour recapturer les âmes perdues qui se sont échappées du ciel. Mais voilà, un shinigami ne peut naître que d’un humain qui vient juste de mourir et le duo a du mal à trouver un candidat. Sur le point de renoncer, c’est par chance qu’ils tombent sur Haruto, un jeune homme qui vient de rendre l’âme.

Quel trio de choc !

Dès la première page, on comprend très vite que le ton du manga oscillera entre gravité et comédie. Sans perdre de temps, l’auteur amène le lecteur directement au cœur de l’intrigue sans introduction sur le comment du pourquoi, qui viendra par la suite. Ainsi, nous faisons la rencontre d’Haruto, 16 ans, confronté à la mort, six mois après la disparition de sa famille dans un terrible incendie. La cause de son décès ? Une chamaillerie entre un ange et un démon, venus au Japon pour trouver un shinigami. Au niveau de leur apparence, on reste dans le classique : l’ange, appelé plus tard Shiro, est aussi scintillant que raisonnable et le démon, Kuro, a des airs d’emo dépressif. Néanmoins, là, où tout change, c’est que tous deux travaillent main dans la main. En voilà un concept intéressant !

Haruto, cependant, ne représente pas l’idée que l’on se fait d’un dieu de la mort. Si, au début, on peut le prendre comme un être vide de sens et également de personnalité (notamment car il a perdu ses souvenirs), cela change vite au fil des pages. Le garçon est un personnage principal comme on en voit souvent : rempli de faiblesses et de bons sentiments et qui se retrouve dans une situation qui le dépasse. Ballad Opera nous propose le mythe d’une faucheuse finalement très humaine. En dépit du caractère de chaque protagoniste de ce trio, on remarque rapidement que celui-ci fonctionne plutôt bien. Ils se révèlent attachants, et particulièrement le binôme Shiro/Kuro.

Un nouveau requiem

Ballad Opera est une tragi-comédie gothique bien particulière et ce, tout d’abord, au niveau de sa forme. Sous ses graphismes propres et soignés, on note des illustrations en couleurs très réussies, et des coups de crayon vraiment efficaces. Côté fond, on a du potentiel, mais aussi certaines limites. Je m’explique. Dans l’intrigue, le lecteur et Haruto comprennent rapidement que les fameuses âmes perdues du ciel ne sont autres que des personnages célèbres dans l’histoire japonaise. Pour les Japonais, cela est un clin d’œil à leur pays et pour les occidentaux, une découverte. Bon point pour le seinen.

Question bémols, il y en a peu, mais tout de même. Certains dialogues sont décalés voire niais à souhait, vu la thématique de l’œuvre. Les transformations des personnages lors des combats avec les âmes perdues en mode Power Rangers sont un peu too much, par exemple. C’est un parti pris. Par ailleurs, une ambiance davantage sombre aurait peut-être été plus judicieuse et aurait apporté plus d’intensité et de profondeur au manga. Mais qu’à cela ne tienne, Ballad Opera est tout à fait correct.

En bref

Le manga est une véritable ode aux vivants et aux disparus. Le personnage d’Haruto est confronté à ces deux concepts et voir jusqu’où va sa réflexion est intéressant. J’ai bien apprécié Ballad Opera, sans pour autant le trouver exceptionnel. J’espère que le second tome, sorti le 15 mai dernier, est meilleur !

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