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REVIEW – Umbrella Academy

Les dignes successeurs des Watchmen sont là… Et ils envoient du lourd !

Umbrella Academy est une série américaine sortie le 15 février 2019 sur Netflix et développée par Steve Blackman. Il s’agit d’une adaptation des comics The Umbrella Academy créés par Gerard Way (chanteur du groupe My Chemical Romance) et Gabriel Bá et publiés par Dark Horse Comics.

Le pitch

Alors qu’un jour, en 1989, aux quatre coins du globe, 43 femmes qui n’avaient jamais été enceintes accouchent d’enfants nés de façon surnaturelle, le riche Sir Reginald Hargreeves recherche et adopte sept de ces enfants dans le but de sauver le monde.
Alors que les comics commencent à l’enfance des miraculés, la série commence elle alors que les personnages sont tous adultes et séparés depuis plusieurs années. Ceux-ci vont finalement se retrouver pour les funérailles de leur tyrannique père adoptif, mort dans d’étranges circonstances. Mais ce n’est pas tout puisque ces retrouvailles se concluent sur le retour (après 17 ans) de Cinq (le cinquième enfant) qui a le pouvoir de voyager dans l’espace et dans le temps et qui revient du futur où il a vécu la fin du monde. Il l’annonce alors, la fin de tout est prévue pour dans 8 jours.

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Les personnages

Au-delà de son écriture ultra-maîtrisée et de l’univers offert, les personnages jouent un rôle primordial dans la qualité de la série.

Vanya

Jeune femme timide passionnée de violon, elle a toujours été un peu mise à l’écart du groupe pour une raison simple : elle n’a pas de pouvoirs. Ellen Page incarne assez bien le personnage sombre et triste en dégageant, même physiquement, une sorte de fragilité apparente et flagrante. Cependant, d’un point de vue plus subjectif, je n’ai pas vraiment accroché avec le personnage.

Klaus

Membre probablement le plus fou, Klaus est un addict barré, première victime de son propre pouvoir : il voit les morts. Seulement, comme le personnage est rarement sobre, il ne peut que rarement utiliser pleinement ses pouvoirs et n’est pas souvent pris au sérieux par ses camarades. Robert Sheehan est parfait, attachant et on prend plaisir à suivre son évolution.

Luther

Numéro 1 a toujours été le chef du groupe car choisi en premier par leur père adoptif. Doté d’une force surhumaine, il doit un jour subir une lourde opération qui le transformera en super-héros mi-humain, mi-gorille, décuplant ainsi ses pouvoirs. Tom Hopper propose un personnage sympathique, un poil (ahah) simplet et dont l’air bête (deuxième ahah) pourrait en rebuter certains, mais il n’empêche que le jeu est bon.

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Allison

Allison avait tout pour être heureuse. Son pouvoir ? Lorsqu’elle murmure quelque chose à l’oreille de quelqu’un, ses volontés se transforment en réalité. Grâce à son pouvoir, elle a mené une carrière d’actrice réussie et a gagné la célébrité. Malheureusement, un grand pouvoir implique… bref, et du coup, ayant trop abusé de son pouvoir dans le cercle familial, elle a perdu la garde de sa fille. Emmy Raver-Lampman est convaincante, un peu drama sur les bords mais forte et intéressante.

Numéro Cinq

Numéro Cinq, qui est finalement le seul super-héros de la série à ne pas bénéficier de nom, a le pouvoir de voyager dans le temps et l’espace. Adulte dans le corps d’un enfant, le jeu de l’acteur Aidan Gallagher est remarquable de justesse. Il s’agit avec Klaus de mon personnage préféré et de loin.

Diego

Combattant né, Diego manie les couteaux comme un as. Sa rapidité, ses réflexes et ses compétences en font un héros redoutable. Pour ma part, si David Castañeda est juste, j’ai trouvé le personnage moins intéressant que les autres, plus convenu, mais tout autant fidèle aux comics que ses petits camarades.

Cette « famille » totalement barrée est pour le spectateur un point d’accroche puissant tant l’équipe détonne mais s’unit étrangement bien. De plus, si certains membres sont moins charismatiques que d’autres, il est quasiment impossible de ne pas avoir son petit favori. Pour ma part, je trouve l’équilibre parfaitement dosé entre folie et ordre, tendresse et violence.

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L’univers

Sans être totalement révolutionnaire, l’univers de super-héros proposé dans Umbrella Academy m’a surpris par sa cohérence. Son univers déjanté comme pourrait l’être un Kick-Ass assure une grande cohérence dans ses concepts et permet donc, à l’instar de toute bonne série de comics, de donner l’impression de ne montrer qu’une infime partie de quelque chose de beaucoup plus grand. Umbrella Academy m’a assurément donné cette impression et m’a alors rappelé Titans sur de nombreux points. Pourtant, la série DC Universe profite d’un univers étendu déjà bien connu des fans de comics, celui de Batman dont la grandeur n’est plus à prouver. Cette impression d’avoir un univers étendu intéressant et sur lequel de très nombreuses histoires sont encore à raconter m’a impressionné pour un seul et premier épisode. Mais il faut dire que le petit Gerard sait s’y prendre quant il s’agit de créer des univers…

Je ne savais pas à quoi m’attendre. Si ce n’est, peut-être, à une continuation des thèmes explorés dans The Black Parade : le cancer, le cabaret, le chaos.
– Grant Morrisson

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Difficile de ne pas en parler tant l’auteur de Umbrella Academy a marqué les comics de son univers de sa patte. En effet, nul doute, Gerard Way, dont la renommée n’est plus à faire, a toujours été un créateur d’univers étendus. De The Black Parade jusqu’à Danger Days: The True Lives of the Fabulous Killjoys dont une série de comics intitulée The True Lives of the Fabulous Killjoys est sorti quelques années plus tard en tant que sequel, Gerard Way avait déjà montré son intérêt pour les univers torturés et pour les super-héros. On y retrouve d’ailleurs bien les thématiques du chaos, du cabaret, d’une famille étrange de cirque qui se retrouve et se soude malgré elle autour d’événements graves.

Umbrella Academy a son propre rythme, son propre son. Sans rapport avec ceux de My Chemical Romance, mais en tendant l’oreille, on peut les entendre tout aussi clairement.
– Grant Morrisson

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Tragédie grecque au rythme effréné

Dès le début de la série, le ton est donné : la fin du monde approche. Débute alors une course contre la montre vers une fin inévitablement imminente dans un rythme effréné mais réaliste pour autant. En effet, les personnages qui – disons-le – ne sont pas tous totalement sains d’esprits ne font pas toujours de la fin du monde une priorité ultime tant ils sont dépassés par les événements. De plus, Cinq qui revient d’entre les morts après plusieurs années, paraît légèrement fou et totalement obsédé aux yeux de ses petits camarades de jeux. Il faudra à la famille plusieurs éléments déclencheurs pour qu’ils prennent conscience, à l’instar du spectateur, de l’importance de la chose.

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Finalement, ce que l’on voit dans Umbrella Academy, c’est un groupe d’humains plus que de super-héros qui doivent apprendre et se comprendre pour mieux se réunir face à l’adversité, toujours avec une force de tendresse, et essayer d’empêcher coûte que coûte l’apocalypse. J’éviterai tout spoil dans cet article quant à la fin de la saison, mais tout ce que je peux vous dire c’est que la tension monte avec intelligence et parcimonie à chaque épisode pour terminer sur un final grandiose. Umbrella Academy se termine comme elle a commencé : surprenante mais juste. Et si une saison 2 semble inévitable, la fin proposée pour la saison 1 est une vraie fin, n’en doutez pas, elle termine bien quelque chose. C’est d’ailleurs particulièrement appréciable quelques mois après la fin indigeste de la série Titans pourtant réussie.

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Mon avis

À mi-chemin entre Watchmen et Titans, Umbrella Academy propose finalement le juste milieu entre violence réaliste et personnages attachants, le tout dans un univers totalement déjanté proche d’un Dirk Gently.

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