Films Reviews

REVIEW – Bird Box

St Thomas ne croyait que ce qu’il voyait. Mais mieux vaut fermer les yeux dans l’univers de Bird Box ! Et pour le croire, il fallait bien aller voir.

Sortie le 21 décembre, Bird Box est l’adaptation du roman de Josh Malerman. Le film retrace le périple de Malorie (interprétée par Sandra Bullock), qui, dès le début du film, doit fuir le long de la rivière, accompagnée de deux enfants. Ce petit groupe semble fuir une chose mystérieuse qu’ils ne peuvent manifestement pas regarder.

Depuis quelques jours, de plus en plus de posts Facebook apparaissaient dans mon fil d’actualité et vantaient le nouveau né de Netflix. Le trailer, sur lequel j’étais tombé par hasard, avait fini d’achever ma curiosité et je me suis empressé d’aller voir si oui ou non il méritait un tel engouement.

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D’ordinaire, je décroche assez vite et il faut que je travaille d’arrache-pied pour rester concentré sur un film nouveau (ce qui explique peut-être pourquoi je connais mes classiques par cœur car… je ne regarde que ça !). Une chose est sûre : pour Bird Box, j’ai tout de suite été happé par l’univers. Il faut dire que, même si les ambiances post-apocalyptiques ont été vues et revues depuis Le Livre d’Eli, elles n’en gardent pas moins le mérite de nous absorber dès les premières secondes. Bird Box tient ici ses promesses avec une intrigue riche et intelligemment déroulée qui emmène le spectateur d’un bout à l’autre du film. Toutefois, on ne peut faire la mariée plus belle qu’elle ne l’est ! Car, bien qu’étant un bon divertissement, le film manque de fond sur de nombreux aspects (sur lesquels nous reviendrons), ne lui permettant pas d’être un des gros films de l’année, ni même du moment.

Le pitch

Les séquences s’enchainent par flashback en retraçant l’origine de cette ambiance post-apocalyptique et en nous ramenant 5 ans en arrière, afin de tisser le fil de l’histoire.

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Aux prémices, on retrouve Malorie, une artiste peintre aux tendances agoraphobes et asociales. La jeune femme, alors enceinte, doit se rendre chez son médecin obstétricien afin de veiller au bon déroulement de sa grossesse, qu’elle vit avec une froideur déroutante. Au sortir de son rendez-vous médical, le chaos saisit la ville ! Pour des raisons inconnues, la population se jette dans des actes inconsidérés, les poussant au suicide. Beaucoup croient à un virus qui aurait frappé en Europe de l’Est, et qui touche aujourd’hui les États-Unis. Il n’en est rien ! Car le fléau qui frappe nos héros est une invasion de créatures qui poussent au suicide ceux qui prennent le risque de les contempler.

Malorie trouvera refuge tant bien que mal dans une maison avec d’autres personnes, dont Douglas (John Malcovitch). Le groupe vivra à huis clos avec une seule règle : ne jamais regarder dehors.

Le casting

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Danielle Macdonald, Trevante Rhodes, Jacki Weaver, Sarah Paulson et Lil Rel Howery partagent l’affiche avec Sandra Bullock et John Malkovich.

Côté casting, quelques visages déjà vus mais peu de stars du box-office. Aux côtés de Sandra Bullock et de John Malkovich, on retrouve B.D. Wong (Jurassic Park, Jurassic World, Mr Robot) ou encore Trevante Rhodes (The Predator).

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En dépit d’un casting, pourtant prometteur, les personnages sont peu intéressants et très superficiels. Le film ne permet pas d’approfondir chaque personnage, qui disparaissent d’ailleurs très rapidement au fil du film. Même le personnage de Malorie reste énigmatique. Femme torturée par la solitude et le déni de grossesse (elle appelle ses enfants « Garçon » et « Fille »), elle verra naître un instinct maternel à travers la tragédie qui la frappe. Sa relation avec Tom (Trevante Rhodes) manque de profondeur, bien qu’étant dans une relation amoureuse. Tout au mieux, on peut déceler chez elle un passé compliqué qui resurgit lors de ses rapports avec Douglas (John Malcovitch), qui lui rappelle son père.

La réalisation

La réalisation a été confiée à la réalisatrice danoise Susanne Bier, à qui l’on doit Revenge, qui lui valu en 2011 le Golden Globe du meilleur film étranger ainsi que l’Oscar du meilleur film étranger.

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L’histoire se déroule de façon intense, en tenant en haleine le spectateur tout au long du film. Le scénario reprend la trame flashback du roman. Ce qui était vital sur la viabilité de la structure cinématographique car les scènes qui se déroulent dans le présent sont courtes, et peu nombreuses. Le film est assez plaisant et rythmé et entraîne facilement le spectateur. C’est là ce qui rend le dénouement décevant…

Un film prometteur, mais… (attention spoilers)

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Le titre « Bird Box », fait référence aux perruches dont ne se sépare jamais Malorie et qui la préviennent de l’approche de créatures.

Le suspens est fort et le film tient ses promesses. Cependant, la fin est décevante et laisse cruellement sur notre faim. Tout comme le livre. Tout au long du film, on s’attend et espère découvrir où, quand, comment et pourquoi ce mal frappe le monde. Mais… rien ! À aucun moment l’on ne voit à quoi ressemble ces créatures, ni d’où elles viennent. L’aventure s’arrête lorsque Malorie parvient à remonter la rivière pour arriver au Refuge : une école pour personnes aveugles, qui a tous les attraits d’une arche de Noé dans ce monde où voir conduit à la mort. Mais aucune réponse n’est apportée. Pourtant, de nombreux éléments au long du film ont soulevés d’innombrables questions.

Tout d’abord, le personnage de Charlie (Lil Rel Howery), qui prétend connaître les raisons de cette apocalypse qu’il prête à plusieurs prophéties qui font l’objet d’un livre qu’il écrit. Il évoque des esprits maléfiques, d’entités prenant la forme de nos plus grandes craintes ou regrets qui seraient rattachés à des croyances zoroastriennes, de la mythologie chinoise ou encore celte, mais rien de précis permettant d’apporter une réponse claire.

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Le personnage de Gary sera le cheval de Troie dans le huis clos. Sa déviance lui permet de voir les créatures sans être affecté par leurs effets.

Également, le personnage de Gary (Tom Hollander) apporte un élément de taille qui soulève d’autant plus de questions laissées sans réponses. Les individus déviants ou particulièrement déséquilibrés avec une âme sombre, ne seraient pas affectés par ce fléau. Ce qui laisse supposer une origine maléfique de ce phénomène. D’ailleurs, ces individus sont littéralement en extase devant le spectacle que tous les autres s’interdisent de regarder. Le personnage de Gary, à travers des croquis de ce qu’il voit, permet d’avoir un aperçu de ces entités qui sont tous différents et n’étant pas sans rappeler le bestiaire d’Howard Phillips Lovecraft.

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Eric Heisserer : scénariste de Bird Box avait été nommé aux Oscars pour le scénario de Premier Contact

La fin du film trahit par l’absence de réponses aux questions que la trame soulève. Eric Heisserer, scénariste de cette adaptation, raconte à ce titre :

Il y a beaucoup de réalisateurs d’horreur qui se disent : « Non, nous devons en finir avec l’idée que l’humanité est foutue et nous sommes tous condamnés parce que c’est la vie ». Il nous a semblé plus intelligent de rendre cette fin plus optimiste. Je suis une personne qui penche généralement vers une fin optimiste même dans les films d’horreur dystopiques. Je ne suis pas du genre à embrasser le nihilisme étant donné le monde dans lequel nous vivons aujourd’hui.
– Eric Heisserer

En conclusion

On retiendra un film entraînant à l’intrigue forte, qui déçoit hélas par son manque de profondeur et de réponses. Il déçoit d’autant plus que ce sont la quête de ces réponses qui font tenir tout au long de l’histoire. Le film, fidèle au livre, n’a pas encore de suite annoncée.

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