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REVIEW – Dodoma

On vient… de tuer un Dieu !

Entre shônen et seinen, Dodoma est une trilogie de mangas lancée en 2014 au Japon par Jun Shiraishi dont il s’agit ici de la première œuvre. Mêlant aventure épique et fantasy, les éditions Komikku nous offrent ici une série déconcertante à bien des égards ! Dodoma se veut être un manga philosophique mais réserve quelques surprises, confrontant le lecteur à toutes sortes d’émotions. Allez, on vous dit tout.

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Le pitch

Mana, un jeune homme, intrépide, dynamique, optimiste et maçon de son état, et son frère, le studieux Shino, beaucoup plus modéré, font la joie des résidents d’Orbis, un monde de pierre, fermé, éprouvé par de multiples tremblements de terre avec en son centre un Arbre de vie. L’un répare dans la bonne humeur les habitats tandis que l’autre les décore de runes qui maintiennent les vieilles croyances de son peuple. Mais malgré la paix apparente, tout bascule ! Un terrible séisme frappe violemment Orbis et la cité, autrefois paisible, est attaquée par un peuple étranger. Mana et Shino vont alors percer les secrets de leur petit monde et découvrir une bien étrange réalité…

Une réalité des plus brutales

Dans le premier tome, le lecteur est plongé directement au cœur de l’action. On nous explique de façon claire et limpide le fonctionnement du pays d’Orbis ainsi que les relations qu’entretiennent les personnages entre eux. Parmi ceux-ci, il y’a Mana et Shino deux jeunes frères aux tempéraments bien différents, qui se portent une affection mutuelle inconditionnelle. Leur lien, particulièrement puissant, est aussi bien mis en scène qu’attendrissant. Tout va bien ou presque dans le meilleur des mondes quand brusquement le destin des habitants d’Orbis bascule. Leur univers tout entier n’est pas celui qu’ils croyaient puisqu’en réalité, l’Arbre de vie qui régit leur existence est lui-même à l’intérieur d’un dodoma, un humanoïde géant.

L’auteur nous propose ici une atmosphère changeante voire bouleversante aussi bien pour Mana et Shino que pour le lecteur. L’originalité de l’histoire a énormément de potentiel de même que les storylines parallèles. Dans Dodoma, on a des secrets enfouis, du mensonge, de la violence mais également de l’espoir. Alors que le manga paraît à première vue simple, ne serait-ce que dans les dialogues, il est finalement assez complexe dans le déroulement de l’histoire. Au point que parfois, c’en est déboussolant et qu’on ne sache plus où on en est.

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Si le tome 1 fait figure d’introduction, le second volume est mieux ficelé tandis que le troisième et ultime volet conclut la série très rapidement. Dans cette trilogie, on trouve beaucoup (voire trop) de combats et de scènes illustratives de la situation qui font que, justement, les événements s’enchaînent très vite. En parlant d’images, je tiens à saluer le travail exceptionnel du mangaka Jun Shiraishi, impressionnant aussi bien dans les combats entre les géants (qui ne sont pas sans faire penser à L’attaque des Titans) que dans le chara-design.

C’est absurde

À travers les multiples épreuves auxquelles sont confrontées les habitants d’Orbis, on se doute de l’issue du manga. Les questions s’accumulent et n’obtiennent leur réponse qu’à la toute fin de l’œuvre. Parmi ces dernières, la raison cachée derrière le conflit opposant les dodoma. Les combats aussi impitoyables que dramatiques, ont une raison à la fois prévisible et absurde. Je n’en dirais pas plus, tout cela est insidieusement souligné. La condition humaine et plus largement de l’être vivant est remise en question au fil des chapitres et pousse à réfléchir.

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Le fond de l’histoire est par ailleurs intéressant mais, à mon plus grand regret, pas suffisamment approfondi. Sans compter certaines facilités scénaristiques comme lorsque que les gens d’Orbis se font envahir et tuer par la petite troupe aux costumes indiens et qui après tout cela font comme si ne rien n’était. Mouais. En revanche, l’aspect écologique sous-jacent est bien amené : les planètes tombent en ruine à cause de l’égoïsme de ceux qui y habitent.

En bref

Dodoma propose une histoire originale basée sur la profondeur de l’amour fraternel sur fond de fatalisme. L’univers, bien construit tant sur le plan du scénario que du dessin, est immersif. Malgré tout, il est facile de perdre le fil de l’intrigue, ce qui tend à déconcerter la lecture. Si la conclusion du manga est à mon sens précipitée et quelque peu amère, reste qu’il s’agit ici d’une série de qualité qui mérite d’être davantage connue !

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