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TEST – Red Dead Redemption 2

Come on girl. Ok girl. Easy girl…

Il y a de ça 10 ans, Rockstar annonçait la suite spirituelle d’un jeu qui a connu un succès réduit, j’ai nommé Red Dead Revolver sur Playstation 2 qui était un peu le coup d’essai du studio dans le genre du Western Spaguetti et n’a pas fait de grosses vagues auprès du grand public. Sorti en 2010, Red Dead Redemption a bousculé le genre de l’open-world et peu de gens s’attendaient à un titre qui allait autant rester dans la mémoire des joueurs. Les qualités du titre en termes de réalisation, de narration et de maturité ont su séduire le grand public et font que sa suite a été languie avec véhémence. Alors forcément, lorsqu’un Red Dead Redemption 2 a été annoncé…. Rien n’allait plus.

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Red Dead Redemption 2, souvent abrégé RDR2 (et on en fera de même, ça va plus vite), est un jeu vidéo d’action-aventure en monde ouvert dans un univers western, développé par Rockstar Studios et édité par Rockstar Games, sorti le 26 octobre 2018 sur PS4 et Xbox One.

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Un pitch qui tient ses promesses

Si vous avez joué à Red Dead Redemption premier du nom, vous savez qui sont John Marston et Dutch Van der Linde. Vous savez que John Marston a lutté dans le premier jeu pour trouver la rédemption suite à une rupture difficile au sein du groupe dans lequel il se trouvait : celui de Dutch. Red Dead Redemption 2 vous propose alors de retourner dans le passé pour découvrir comment Dutch et sa bande, suite à un incident à Blackwater, se sont serrés les coudes pour survivre dans un monde qui ne voulait plus d’eux et comment ils ont fini par se déchirer. Et tout ça à travers les yeux d’un nouveau personnage : Arthur Morgan, acteur d’une brutalité quotidienne et pourtant spectateur d’un monde l’obligeant à accepter son état de fantôme.

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Le retour du roi du Far West

Dans le décor vidéo-ludique, des open world, il y en a foison. Des bons, des mauvais, j’en ai vus passer un bon paquet. Dans cette catégorie, on retrouve des sous-genres thématisés et concernant le Far West, Red Dead Redemption fait figure d’icône modèle qui a brillé par des qualités que l’on ne présente plus. El número uno même pour pas mal de gens (c’est valable dans plein de langues aussi). Rockstar San Diego avait donc fort à faire pour rester au même niveau de qualité. Mais voilà, le jeu est enfin sorti. On le sort de sa boîte, on le met timidement dans notre console, on lance le jeu avec une impatience palpable (oui, après quelques minutes de chargement). Chut… la première scène se lance.

Et BIM (c’est le bruit de la première claque) ! Et elle est visuelle. Immergés dans le grand froid dépeint par Quentin Tarantino dans The Hateful Eight, nous rencontrons Arthur Morgan chevauchant dans les montagnes enneigées des Grizzlies. Je suis parfaitement installé dans mon canapé, un café sur la table et le chauffage quasiment collé à mon bras gauche. Pourtant, j’ai froid. J’ai très froid pour mon personnage, pour son groupe, pour ces gens qui souffrent. Qu’on se le dise, Red Dead Redemption 2 est beau à s’en damner et chatouille l’apothéose graphique. Et pas uniquement sur certains paysages, mais tout le temps ! L’ambiance est posée.

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Une ambiance magistrale

L’ambiance proposée est absolument parfaite et s’appuie sur trois éléments : des graphismes à couper le souffle, une bande originale juste et des personnages charismatiques.

Optimisé pour PS4 Pro et Xbox One X, le jeu est tout simplement somptueux. J’ai eu quelques crushs visuels sur des jeux vidéo. Je pense par exemple à  Uncharted 4: A Thief’s EndThe Vanishing of Ethan Carter ou encore plus récemment God of War. Pourtant, aucun n’a réussi à être aussi beau que Red Dead Redemption 2 qui, en plus d’être un open world, promet des vues incroyables dont l’horizon n’aura jamais été aussi réaliste. Des montagnes enneigées aux campagnes arides, aux villages brûlés abandonnés, jusqu’à l’incroyable ville de Saint-Denis, le jeu ne cesse de nous surprendre par la prouesse technique réalisée. Les textures se chargent naturellement, l’écosystème vit sa vie. Et nous aussi.

Des effets de lumière jusqu’aux pas lourds d’Arthur dans la neige ou la boue, la quantité astronomique de détails permet au jeu de nous retranscrire quasiment à la perfection l’ambiance qui se dégage de la vie de personnages pourtant fictifs. J’ai retrouvé des inspirations de The Last of Us, de The Vanishing of Ethan Carter côté traitement de l’image et choix des couleurs. Et c’est pour le meilleur, car tous ces éléments créent un univers cohérent et riche, soutenu par une composition musicale tout simplement parfaite. Douce, rustique, brute et puissante, chaque musique, thème ou sonorité résonne juste. Personnellement, j’ai envie de manger du bœuf séché et de boire un bon whisky aux côtés des personnages de notre histoire.

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Le simple Arthur Morgan, l’idiot John Marston, l’imposant Dutch (plus charismatique que jamais), le vieux Hosea Matthews, la sournoise Molly O’Shea, la très cool Abigail Roberts, etc. Et j’en passe. Tous les personnages profitent d’une profondeur réelle, d’une histoire qu’ils s’empresseront de raconter, d’une mésaventure qu’ils tâcheront de vous faire vivre. Ces gars-là seront votre quotidien. Aussi bien virtuel, que réel.

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Rockstar se met au cinéma ?

Red Dead Redemption 2 est beau. Personne ne pourra vraiment le contre-dire. Pourtant, je ne peux m’empêcher de remarquer que le jeu semble trop souvent se forcer à ressembler à ce qu’il n’est intrinsèquement pas : un film indépendant. Entre la vue « cinéma » qui disons-le, n’est pas particulièrement agréable (elle ne l’a jamais été), la mise en scène des personnages, leurs intrigues, le jeu en fait beaucoup. Beaucoup. Parfois trop.

Heureusement pour lui, son contenu monstrueux nous permet de passer outre ces quelques excès qui me font penser que les créateurs du jeu souffrent d’un vilain complexe par rapport au cinéma. J’ai lu plusieurs critiques qui comparent RDR2 à un « walking simulator« , soit un simulateur de marche. Et il est bien vrai que la plupart du temps, on marche. Ou du moins, notre cheval marche.

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Comme je l’ai identifié plus haut, certaines (longues) scènes de l’expérience sont uniquement dédiées à des cinématiques riches en narration (pourtant moins jolies que le jeu lui-même, un comble) mais parfois tellement longues qu’on en serait capable de poser la manette. En effet, il n’est pas toujours facile de savoir si l’on joue à un jeu narratif, contemplatif, un jeu d’action, un jeu d’aventure et d’exploration ou à une expérience narrative en VR d’un studio indépendant. Pourtant, si ce melting pot surprenant n’a rien pour fonctionner, le résultat est là. La recette prend.

Ce que la plupart des joueurs apprécient dans les production Rockstar, c’est la possibilité de « faire ce qu’on veut ». Et vous pouvez faire ce que vous voulez et presque jouer au jeu que vous voulez… Pour ma part, Red Dead Redemption 2 est surtout la promesse de me détendre dans un monde de brutes pourtant charmant. Étrangement, si le jeu est vendu comme un jeu d’action, il s’apparente selon moi à une expérience de relaxation.

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Tu en auras pour ton fric

Je dis assez souvent, j’en ai conscience, suite à un test de jeu vidéo que tel ou tel titre « aurait pu aller plus loin ». Concernant RDR2, difficile de l’affubler d’un tel reproche tant chaque détail a été travaillé avec soin pour nous peindre un monde réaliste. Pour cause, Red Dead Redemption 2 est, en terme de contenu, un des plus gros jeux auquel j’ai joué. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien s’il s’agit du premier titre PS4 / Xbox One à nécessiter deux disques pour son installation. Eh ouais gros.

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Pour cause, en dehors du monstrueux espace de jeu qui est à votre disposition, Red Dead Redemption 2, c’est surtout un contenu colossal dans lequel presque tout est personnalisable, presque tout est détaillé, presque tout a un sens. Faites attention à votre santé, à votre fatigue, à celles de votre cheval, à la propreté de votre arme. Faites également attention à vos choix, à la durée de chaque mission, de chaque décision. Dans RDR2, il faut faire attention à tout. À tel point que je n’arrive par moment pas à dire s’il s’agit d’une merveille de contenu ou si le studio n’en a pas fait « un tout petit peu trop ». Oui, vous pouvez voir votre cheval faire caca. Oui, vous pouvez entendre les PNJ péter. Il paraît même (mais je n’ai pas réussi à le vérifier par moi-même – et je n’ai pas vérifié non plus) que les testicules des chevaux diminuent avec le froid. Ce sont ces petits détails (parfois totalement inutiles, disons-le) qui font la différence et permettent une immersion qui dépasse l’entendement.

Car ces petits détails qui rendent le jeu particulièrement réaliste pourraient avoir tendance à faire perdre le côté fun de l’expérience. Petit exemple : j’ai passé plusieurs heures (si on ajoute chaque minute par ci par là) à m’occuper de mon cheval que j’ai nommé Epona (oui, je sais, en même temps je l’ai cherché). Tout ça pour quoi ? Pour qu’un PNJ lui tire dessus, comme ça, sans raison. Évidemment, je comprends parfaitement la volonté de réalisme du studio… Mais fallait pas faire ça à Epona ! Trêve de plaisanterie. Heureusement, ces points (très présents) sont en réalité mis au second plan et vous permettent de jouer même sans y faire trop attention tout le temps.

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Si on voulait chercher des poux au jeu (quoi qu’à mon avis il doit y en avoir pas mal tant les personnages du jeu sont sales), on pourrait également lui reprocher un petit manque de charisme de son protagoniste, pas toujours évident, du moins sur la première partie du jeu. Certes, cela facilite l’immersion du joueur qui peut ainsi plus facilement s’identifier au personnage. Mais n’aurait-on pas pu le rendre un tout petit peu plus attachant ? J’avais personnellement beaucoup plus d’affinités avec John Marston (qui est pourtant ici présenté comme le dernier des abrutis, le pauvre).

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Un gameplay à jour mais quelque peu pataud

Côté gameplay, Rockstar fait du Rockstar. Si le studio a poussé le vice toujours plus loin (jusqu’à rendre parfois le gameplay peu intuitif), la majorité des mécaniques fonctionnent toujours aussi bien et sont pour la plupart connues des joueurs. De fait, on retrouvera beaucoup de GTA 5 et de Red Dead Redemption dans cet opus. Mention spéciale aux braquages de trains et aux séances de gunfights qui gardent tout leur punch et nous font ressentir la violence du Grand Ouest américain.

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Et pourtant, si le gameplay est globalement réussi, j’ai toutefois noté des déplacements un peu difficiles par moments. Par exemple, je ne comprends pas pourquoi après tant de temps, Rockstar insiste pour nous faire appuyer sur X (sur PS4) / A (sur Xbox One) à répétition comme un débile pour faire courir notre pauvre cheval. Même si le système exploité dans le dernier Assassin’s Creed: Odyssey peut sembler moins réaliste, il simplifie quand même drôlement les déplacements et rend l’expérience in fine plus agréable. Même remarque concernant notre personnage, Arthur Morgan, qui donne l’impression d’avoir plus de 70 ans lorsqu’on lui demande de courir. Si ce point n’est pas gênant en exploration, il peut devenir agaçant durant les phases de gunfights où vous pourriez vous faire tuer uniquement parce que votre vieux cowboy refuse de sauver sa peau. Rien de dramatique, mais quelque peu énervant.

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Le studio Rockstar signe ici son chef-d’œuvre d’une qualité éblouissante. Avec une trame narrative prenante, un gameplay aux petits oignons et le soin apporté à chaque détail, Red Dead Redemption 2 est un bijou qui a gagné sa place sur mon podium des meilleurs jeux de la PS4. Faisant office de préquel au premier Red Dead Redemption, l’aventure du deuxième opus nous apporte à la fois des réponses et un sens à l’histoire tournant autour de la vengeance des protagonistes, le tout avec une gameplay bien plus riche que par le passé. Les activités ne manquent pas, que ce soit dans les duels de pistoleros, des cavales à cheval ou des parties de poker, il est virtuellement impossible de s’ennuyer si l’on est un poil curieux. Sublimé par une technique bluffante, Red Dead Redemption 2 ne manque pas d’arguments pour y passer des nuits à endosser le rôle d’un cow-boy hors-la-loi et explorer l’Amérique de 1899.
– Julien Veng

Mon avis

Red Dead Redemption 2 est un chef-d’œuvre. Il y a eu un avant RDR2 et il y aurait un après RDR2. Mais ce qui est sûr, c’est que le jeu vidéo ne sera plus jamais le même. Ou du moins ma vision du jeu vidéo. Le dernier titre de Rockstar n’est pourtant pas parfait et pourrait souffrir d’une action relayée au second plan, de certaines mécaniques lourdes, de déplacement patauds, etc. Toutefois, sa capacité à nous balancer avec douceur dans son univers violent frise, elle, la perfection. À force de tester des jeux vidéo, j’en vois passer beaucoup. Mais c’est en jouant à Red Dead Redemption 2 que je me rappelle pourquoi je joue : pour voir des choses comme ça.

Article co-écrit avec Julien Veng

Note : 19/20

Les +

  • L’ambiance magistrale
  • Un contenu colossal
  • Des détails à foison
  • Les composition musicales
  • Personnages charismatiques

Les –

  • Finalement peu d’action
  • Gameplay un peu lourd
  • Cinématiques inégales

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