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REVIEW – Désenchantée

Un cocktail explosif de blagues et de cynisme !

Oyez, oyez ! Vous n’avez pas pu passer à côté de cette promotion sur nos murs, sur nos quais de métro et sur internet… Désenchantée, la nouvelle production dont se targue Netflix est disponible sur la plateforme de streaming. Intriguée, j’ai voulu ouvrir la page du livre de conte pour voir si l’histoire en valait la chandelle, c’est désormais chose faite.

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Le pitch

Disenchantment dans la langue de Shakespeare ou Désenchantée est la production de l’été de Netflix. Créé par Matt Groening, créateur des cultes Simpson et Futurama, la première partie de la série compte 10 épisodes d’une trentaine de minutes et nous plonge dans un conte à la croisée entre le médiéval et le fantastique. On y suit les aventures pas toujours radieuses de Bean, une jeune princesse pas comme les autres ayant un léger penchant pour la bibine (promis, ce n’est pas fait exprès !) qui refuse d’accepter le destin tout tracé que lui a décidé son roi de père. Elle rencontre Elfo, un petit elfe pas mignon mais attachant et Luci, un démon personnel qui est visiblement là pour mettre le bazar mais dont on ne découvrira pas la finalité dans cette première partie.

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L’histoire de fond est simple : le sang d’elfe étant la clé pour la vie éternelle, le roi n’a qu’une idée en tête, saigner ce pauvre Elfo pour pouvoir obtenir ce précieux fantasme tant convoités par les humains. Heureusement, les épisodes ont également leur propre intrigue et sont très bien rythmés, on se familiarise ainsi rapidement avec les obligations de chacun des personnages et avec le royaume de Dreamland, qui n’a rien d’un rêve.

Les personnages

Ce qui m’a très vite plu dans Désenchantée, ce sont les personnages qui semblent tous venir d’un espace temps différent. Bean est une princesse malgré elle qui passe une bonne moitié de son temps à picoler, Elfo est digne d’un des contes de fées les plus gnan-gnan et Luci semble tout droit sorti d’un sketch d’humour noir. Le roi est un gros bedonnant sans charisme, ses conseillers sont des types louches, etc.  Bref, ce délicieux mélange mène à des cocktails de phrases drôles mais dénuées de sens, des situations on ne peut plus alambiquées pour le plaisir des spectateurs.

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L’univers

En termes de décor, on y retrouve tous les lieux communs de l’univers féérique : sorciers, géants, féeselfes, nains, magie, châteaux, princes, princesses, des références aux contes des frères Grimm, etc. Un bestiaire fourni, des paysages variés, des quêtes en tous genre… Aucun doute, l’action prend place au pays du merveilleux. Alors pourquoi ce titre ? Parce que l’héroïne est à deux pas de franchir la ligne qui la sépare d’une anti-héros. Elle boit, ne cherche pas de prince charmant mais a juste envie de s’amuser comme une jeune de son âge, ne porte pas d’importance aux protocoles royaux et refuse de servir de monnaie d’échange à son père pour répondre à ses obligations royales. Bref, c’est la fée du courage et de l’autonomie qui s’est penchée sur le berceau de Bean et de ses dents de castor (ce n’est pas moi qui le dis !). En terme de direction artistique, j’ai été réellement séduite par les illustrations (dignes d’un jeu-vidéo comme le soulignait Hadrien). Le tracé et les couleurs sont vraiment beaux et contribuent à nourrir l’univers féérique de la série.

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L’humour grinçant

Je l’avoue, je n’ai regardé que quelques épisodes des Simpson et Futurama car je n’ai pas vraiment accroché à l’époque, alors cette œuvre de Matt Groening s’annonçait comme ma première réelle rencontre avec le réalisateur et j’ai pu découvrir cet humour si cynique et grinçant qui séduit le public des Simpson. Dans Désenchantée, c’est clairement Luci qui personnalise cela, encourageant toujours au pire, lâchant une petite pique quand ça fait pouet, le personnage démoniaque est parfait. Évidemment, on retrouve aussi de nombreuses blagues plus simples mais très efficaces (comme les deux chevaliers Omer et Dalor) qui m’ont beaucoup rappelé le film Your Highness de David Gordon Green. 

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Une série toute en contradictions

Finalement, ce que je retiens de Désenchantée, ce sont ses oppositions qu’on peut retrouver sur plusieurs niveaux de lecture :
chez les personnages : Bean n’a de princesse que le titre qu’elle subit plus qu’autre chose, son père n’a rien d’un roi digne de ce nom mais nous est dépeint comme un gros lourdaud et l’Elfe n’en est visiblement même pas un…
dans la direction artistique : comme dit plus haut, je trouve la DA très belle et les paysages soignés, ils font carrément rêver… Puis on se retrouve face aux personnages qui eux sont moches (oui, on peut le dire) et qui n’ont pas du tout les mêmes tracés.
dans l’univers : on est à Dreamland, mais cela n’a rien d’un pays rêvé pour toutes les raisons citées au-dessus…
Finalement, le nom de la série est la seule chose juste là-dedans : tout est bien désenchanté, de la princesse au royaume tout entier.
Enfin, je ne peux que vous conseiller cette première partie de Désenchantée et attends avec impatience la seconde saison !

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