ZOOM – Le shōjo

Le shōjo ? C’est le genre de manga bien niais pour les filles, non ?

Si le shōjo est connu pour ses clichés, il ne faut pas s’arrêter à ça. En effet, ce serait se fermer à certaines grandes œuvres du genre et à la découverte de codes culturels japonais. Et avouez-le, ce serait dommage. Après un Geek Contest sur le thème de l’amour et de la romance, on reste dans le cœur du sujet et on vous décrypte tout ça proprement en espérant que les plus réfractaires tentent leur chance.

love

Ce zoom va se découper en 3 parties : les caractéristiques du shōjo, ses clichés et des exemples de shōjo.

1. Les caractéristiques du shōjo

Dans un ZOOM précédent, nous vous proposions un focus sur les différents types de mangas. Dans celui-ci, on vous expliquait de manière synthétique que le mot “shōjo” signifiait “jeune fille” et que par conséquent, s’adressait principalement à ce public.  Alors déjà mettons les choses au clair sur ce point. Ce n’est pas que pour les demoiselles et personne n’interdit à ces messieurs de lire un shōjo. Maintenant, développons tout ça en détails.

L’amour et l’amitié, la base

Si les valeurs de l’amitié et de la romance se retrouvent dans tous les mangas, elles représentent l’ADN même du shōjo. Dans ce type d’ouvrage, ce sont les relations humaines qui sont mises en avant et surtout combien elles peuvent être complexes. Ciblant prioritairement les jeunes filles, les héroïnes de shōjo sont généralement collégiennes, lycéennes ou jeunes adultes afin que son public s’y identifie plus facilement.

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Comme dans la vraie vie, l’action des shōjo se déroule fréquemment dans un contexte scolaire, puisque c’est l’endroit où les adolescents passent le plus de temps. C’est ainsi que au fur et à mesure que l’histoire avance, on voit les personnages grandir et changer. On peut s’y reconnaître et ça peut nous faire réfléchir sur nous même. Parmi les valeurs véhiculées par ce genre de manga, on fait face au courage, à la détermination, à la générosité, ou encore à l’espoir tout comme les parties sombres de l’esprit humain telles que la haine, l’abandon, le manque de confiance en soi, ou la jalousie. Le shōjo, c’est une véritable palette d’émotions étalée à travers ses personnages.

Des drames en veux-tu en voilà

Il existe un préjugé colossal sur le shōjo : il y a toujours de la romance, c’est vrai, mais elle n’est pas forcément le moteur de son histoire. Je m’explique. En prenant l’exemple de Parmi eux, il faut retenir qu’à la base, c’est l’histoire d’une jeune fille qui veut rencontrer son idole en intégrant le même lycée. L’héroïne, Mizuki, veut réaliser son rêve, et elle n’est pas là pour rencontrer l’homme de sa vie (même si c’était évident que ça allait arriver). L’amour survient dans ce cadre mais ce n’est pas la romance qui régit entièrement le scénario.

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En parlant de cadre d’ailleurs, le lieu principal où se situe le manga joue, comme dans tout livre, un rôle capital sur l’histoire. Les personnages, quant à eux, font face à des événements, tragiques ou non, dans ce décor et c’est ce qui les font évoluer. Et comme dans la réalité, ce sont souvent les drames qui créent les impacts les plus conséquents sur l’être humain. Aussi, dans le shōjo, on découvre des protagonistes aussi intéressants que fragiles. Dans Say I Love You. (Sukitte ii na yo. en VO), Mei, le personnage principal, est introvertie et ne fait confiance à personne suite à un traumatisme de son enfance. Découvrir ses faiblesses nous permet de nos rapprocher du personnage et de compatir. À l’inverse, quand ce genre de personnage connaît un moment de grande joie, ça ne peut que faire sourire le lecteur. Si en plus de tout cela s’ajoute un élément surnaturel alors le manga ne devient que plus captivant et a plus d’histoires à raconter.

À la découverte de la culture japonaise

Après les valeurs et les événements du shōjo, place à une catégorie toute aussi importante de ce type de manga : leur retranscription de la culture japonaise. Cela passe par les codes de leur culture “amoureuse” ainsi que par ceux qui régissent leur société. Grâce aux shōjo, on apprend, sans grande surprise, que nos amis japonais sont assez réservés quant à l’expression de leur affection. Autrement dit, se balader main dans la main en public relève presque de l’exhibitionnisme et je ne parle même pas du bisou.

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Sur un plan moins sympa mais néanmoins intéressant, les shōjo n’hésitent pas à mettre en avant les problématiques sociétales telles que le harcèlement scolaire (Life, C.L.A.S.S.), l’isolement (Sawako), les critères de beauté physique (Peach Girl), ou la pression sociale comme quoi il faut à tout prix réussir pour être dans la “normalité” (Paradise Kiss). Autre façade gênante : on retrouve parfois dans les héroïnes une image de femme soumise. Je vous laisse découvrir ici un article du Monde qui explique très bien le traitement qu’en font bon nombre de shōjo.

2. La liste des clichés : Vrai ou faux ?

#1 – “C’est vraiment gnangnan”

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En dépit des titres de nombreux shōjo assez… kitch, encore une fois, il ne faut pas tout mettre dans le même panier. Déjà quand vous vous apprêtez à en lire un, vous savez qu’il y a des risques pour que certains clichés soient au rendez-vous, et c’est comme ça pour TOUS les styles de mangas. Et quelque part, une œuvre un peu mièvre fait aussi du bien. Comment ça, je dis n’importe quoi ? C’est simple, confortable et ça détend. On n’a pas à réfléchir et ça peut être appréciable. Attention, il y a des limites quand même, il existe des shōjo tout bonnement insupportables à la lecture également, et encore une fois, ça vaut pour tous les mangas. Par ailleurs, il ne faut pas oublier qu’il existe des shōjo aux sujets plus matures et plus profonds que les autres comme orange donc il ne faut pas condamner le genre aussi vite.

Verdict : VRAI et FAUX

#2 – “L’héroïne est forcément cruche et maladroite”

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Ou quand trop de clichés tuent le cliché. Si dans de nombreux mangas du genre, il arrive qu’on retrouve en tête d’affiche une adolescente dont les hormones commencent à s’affoler, ce n’est pas toujours le cas. Prenons l’exemple d’une des Bible du shōjo : Nana. Les deux héroïnes sont diamétralement opposées aussi  bien physiquement que mentalement. Elles n’ont que 20 ans et même si Hachi est parfois très naïve, reste qu’elle est très attachante alors que Nana, elle, apparaît comme une dure à cuire en surface. Après, quand bien même il arrive que l’on rencontre une héroïne niaise, souvent lycéenne d’ailleurs, il ne faut pas oublier qu’à cet âge, garçon ou fille, on se cherche soi-même. C’est particulièrement frappant au Japon, où les codes culturels comme expliqués précédemment, sont bien différents en ce qui concerne la vie affective de l’individu.

Verdict : FAUX

#3 – “Les autres personnages sont aussi stéréotypés”  

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Ce phénomène est encore plus flagrant que pour l’héroïne et ça concerne aussi bien ses amis que son love interest. Ce dernier se conduit généralement bien méchamment avec le personnage principal au début de leur relation alors qu’en réalité c’est un “cœur d’or” tout meurtri sous la surface. Il finit toujours par être attendri et par déclarer sa flamme. Typique du shōjo. Je ne spoilerai personne en désignant Kyo de Fruits Basket comme le meilleur exemple pour illustrer mes propos. Après l’amoureux, évoquons l’entourage de l’héroïne. Dans sa bande d’amis, il y a toujours un garçon qui est amoureux de celle-ci depuis de nombreuses années et une super copine trop sympa, presque toujours là pour elle malgré une potentielle concurrence amoureuse. En parlant de rivalité, dans le cadre scolaire on a toujours une antagoniste à la personnalité complètement opposée à celle de la protagoniste principale. Exemple : Kurumi dans Sawako. Néanmoins, si les personnages secondaires partent de clichés, ils se révèlent souvent bien plus profonds et travaillés. Aussi, il faut passer au-dessus.

Verdict : VRAI et FAUX

#4 – “Il y a TOUJOURS un triangle amoureux qui apparaît”

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Le triangle amoureux ou même les harems inversés sont désormais presque indissociables du shōjo. Soit c’est amené en finesse et un personnage secondaire s’attache progressivement à l’héroïne en plus du personnage masculin principal, soit pas du tout et on se retrouve avec un paquet de beaux garçons (“bishônen“) transis d’amour pour celle-ci. Après tout, c’est vrai, une bonne rivalité amoureuse apporte du piquant aux shōjo et donne envie aux lecteurs de connaître d’autant plus le choix de l’héroïne. L’image la plus parlante pour démontrer cela, c’est celle du célèbre triangle amoureux Kaname-Yûki-Zero dans Vampire Knight. Souvent la protagoniste principale est plutôt mignonne mais ignore son charme et c’est sa personnalité touchante et attachante qui fait que plusieurs garçons sont amoureux d’elle. La preuve que ce cliché est bien vrai, c’est que je n’ai pas de contre-exemples sous le coude.

Verdict : VRAI

#5 – “Les scénarios se ressemblent tous”

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Avec les pitchs de base que j’ai pu vous citer précédemment, vous l’avez compris, oui, les arcs scénaristiques sont plutôt prévisibles, et ce particulièrement dans le cadre scolaire. Le personnage principal fait sa rentrée, se fait de nouveaux amis, rencontre un garçon, ils apprennent alors à se connaître, des problèmes arrivent et les séparent quelques temps, ils se réconcilient et peu de temps après se mettent ensemble. En gros, voilà. Cependant, dans un cadre hors-lycée, c’est un peu plus imprévisible même si on retrouve souvent ce schéma. C’est à la fois un avantage et un inconvénient : on sait globalement de base ce qui va se passer aussi si on continue de lire ou de regarder un shōjo, on ne peut rien dire, on le savait. C’est uniquement la façon de raconter les événements qui change, et cela peut faire toute la différence. Lovely Complex et son caractère humoristique en témoigne.

Verdict : VRAI et FAUX

3. Des exemples de shōjo

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Le shōjo scolaire : Hana Yori Dango, Je ne suis pas un angeMaid-sama!, Sawako, Say I Love You., Peach Girl, Dengeki Daisy, Lovely Complex, orange, C’était nousSpecial A

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Le shōjo fantastique : Card Captor Sakura, Fruits BasketBlack Bird, D.N.Angel, Divine NanamiFull Moon, Vampire Knight, Lui ou rien, Meru Puri, Sailor Moon, Shugo Chara

nana

Le shōjo sur une passion : Nana, Paradise Kiss, Skip Beat, Parmi eux, Crimson HeroGlass no Kamen, The One, Kilari, La Corda d’OroFukumenkei noiseUta no Prince-sama, Crash!

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Le shōjo historiqueSaiunkoku MonogatariHakuouki, Yona, Princesse de l’AubeLa Fleur MillénaireThe Earl and the Fairy, Cantarella, La Rose de VersaillesTsuki no Shippo

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Le shōjo de type harem inversé : Yamato Nadeshiko, Host Club, Hiiro no KakeraHanasakeru SeishounenArcana Famiglia, Brothers ConflictKiss Him, Not Me !Neo Angelique Abyss

En bref, pourquoi c’est sympa de lire un shōjo ?

Conclusion : on retrouve des clichés dans TOUS les mangas. Diaboliser les shōjo pour cette raison est donc injuste. Adeptes du Japon et de sa littérature, je vous le conseille. Après, on aime ou on aime pas mais il ne faut pas se fier aux qu’en dira t’on. En effet, il y a plus de bénéfices que d’inconvénients à lire ou à regarder un shōjo. Alors, n’attendez plus !

Anna LESBROS

2 Comments

  • Article très sympa, puis tu (je peux dire “tu” ?) cites des shojo cools o/

    • Merci Sakki ! Ça fait bien plaisir, tant mieux si tu as apprécié 😉

  • […] les caractéristiques de l’histoire correspondent davantage à celles d’un bon vieux shôjo de par ses personnages, l’aspect dramatique, la romance, les couleurs, les musiques, etc. Et […]

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