Manga Reviews

REVIEW – orange

Si seulement j’avais pu faire ça à ce moment-là. En général, c’est ce qu’on se dit quand on repense à ses erreurs du passé. Avec le temps et le recul, ça paraît si facile. Mais dans la réalité de l’instant présent, ce n’est pas si facile.

Alors que l’intégrale DVD de l’anime orange paraîtra le 27 juin prochain chez @Anime, My Geek Actu se doit de vous parler de cette œuvre stupéfiante qui en a touché plus d’un. orange est un manga de type shôjo / seinen écrit par Takano Ichigo, paru pour la première fois en 2012 au Japon et en 2014 en France par les éditions Akata.

Vous vous demandez peut-être pourquoi shôjo / seinen alors que bon, on l’a évoqué dans un article précédent, c’est quand même relativement différent. Je m’explique. À sa première parution, le manga était publié dans le magazine shôjo Bessatsu Margaret. À l’arrêt de la série (pourtant encore en cours) par celui-ci, c’est le mensuel seinen Monthly Action qui l’a repris quelques mois plus tard. Voilà pour l’anecdote. 

orange.gif

orange se compose de 5 tomes au total et a connu un franc succès que ce soit au Japon ou à l’international. Aussi, le manga a été adapté en light novel, en un anime de 13 épisodes, d’un film d’animation qui le complète, mais aussi (surprise) d’un long-métrage en prise de vue réelle, sorti en 2015. Un sixième tome est sorti deux ans après la fin du manga et reprend les événements du film d’animation.

Mais de quoi ça parle ?

Naho Takamiya, jeune fille de 16 ans, s’apprête à faire sa rentrée en classe de première quand elle reçoit le matin même une lettre étrange : l’expéditeur n’est autre qu’elle-même, dix ans plus tard. En effet, il s’agit d’une Naho de 26 ans pleine de regrets qui veut empêcher ses erreurs de jeunesse de se produire. Elle lui apprend qu’elle va rencontrer ce matin-là un nouvel élève, Kakeru, qui malheureusement ne sera plus là dans le futur.

lettre

Niveau scénario

orange est très bien écrit et surtout tient la route. Le rythme est à la fois calme et soutenu par moments. Sans perdre de temps, le manga nous met tout de suite dans le bain. On découvre la petite bande d’amis autour de Naho : Suwa, Azusa, Takako et Hagita. À celle-ci s’ajoute le jeune Kakeru venu tout droit de Tokyo. Alors que Kakeru fait face à une réalité bien triste et difficile, à savoir le deuil et l’envie de mourir, ses nouveaux amis vont tout faire pour l’en sauver.

Le thème central du manga tourne autour de la force de l’amitié et du poids des regrets. Ce sont des sujets qui touchent tout le monde et auxquels on s’y identifie aisément. C’est donc une réussite pour orange sur ce point-là. Par ailleurs, reprenant largement les codes du shôjo quitte à avoir parfois des scènes clichés, le manga y est plus profond et mature. Dès les premiers instants, le lecteur se retrouve pris dans un vrai zig zag émotionnel. Un coup, on rit de bon cœur, un autre on est pris à verser une petite larme.

larmes

D’ailleurs, l’importance de la mélancolie et de la nostalgie y est constamment présente et surtout dans le futur. La mort de Kakeru a eu, comme attendu, un impact dévastateur sur les personnages : ils ne sont plus aussi proches qu’avant et chacun d’entre eux est ravagé par les regrets. Et pourtant. orange est bien plus qu’un manga dramatique et triste à souhait : c’est aussi un hymne à l’espoir et à l’amitié inconditionnelle.

En ce qui concerne l’anime, l’histoire est par ailleurs fidèle au manga et j’ai pu voir que grand nombre de personnes, pas toujours fans du genre shôjo, se sont pris au jeu et l’ont beaucoup apprécié. Aussi, il ne faut pas être rebuté par le manga simplement par son genre, ce serait rater une sacrée pépite.

Les personnages

Les personnages sont extrêmement bien travaillés. Si de premier abord, ils correspondent aux stéréotypes du genre, on s’en éloigne assez rapidement. Les clichés restent mais leurs personnalités et leurs réactions sont minutieusement réfléchies, ce qui fait que l’on s’y attache très facilement. L’histoire dévoile aussi bien leurs forces que leurs failles, lycéens comme adultes. C’est un groupe d’amis soudé, et leur volonté de sauver Kakeru n’a fait que renforcer les liens entre eux. Allez, une petite présentation de chacun s’impose.

amis

Naho : jeune fille timide et réservée, Naho est parfois agaçante dans son comportement mais il ne faut pas oublier qu’elle n’a que 16 ans et que souvent à cet âge là, la confiance en soi fait défaut. Elle a néanmoins beaucoup de courage et est déterminée à sauver Kakeru.

Kakeru  : lycéen débarqué fraîchement de Tokyo qui se lit immédiatement d’amitié avec la petite bande, Kakeru souffre profondément d’un drame familial intense et cache son mal-être sous de grands sourires.

Suwa : sportif populaire du lycée, Suwa est une crème. Il aide tout le monde et privilégie le bonheur de ses amis au détriment du sien. C’est de loin le personnage le plus travaillé et le plus intéressant. Très clairement, c’est le véritable héros de orange.

Azusa : pleine d’entrain et toujours de bonne humeur, Azu est le pitre du groupe. Vraie boule d’énergie, elle ne tient pas en place et chahute souvent Hagita.

Takako : sage et rationnelle, Takako est très attentionnée et prend soin de tout le monde (oui, elle aussi). Elle est particulièrement proche de Naho et d’Azu et n’hésite pas à sermonner les membres du groupe quand il le faut.

Hagita : typique du cliché du gars à lunettes sérieux, Hagita est néanmoins très drôle. Malgré ses airs je-m’en-foutiste, il est très concerné par Kakeru. Il a un petit quelque pour Azu, malgré un déni total.

Côté dessin et bande-originale

C’est le seul réel bémol du manga : sa patte artistique. En réalité, c’est simple : par moments les traits sont soignés et à d’autres c’est un peu moins ça. J’avoue avoir eu parfois du mal à m’y faire, mais l’histoire étant tellement prenante, j’ai continué. Déjà, le chara-design est assez spécial. Parfois, dans sa version anime, l’animation est bâclée par épisode et on fait plus attention à ses défauts qu’à l’histoire, ce qui est bien dommage. Néanmoins, la réalisation est propre et fluide, ce qui rend la lecture de l’épisode agréable et confortable pour le spectateur.

naho

Autre chose, je tiens à souligner la beauté des paysages et du cadre de l’histoire qui se situe à Matsumoto dans la préfecture de Nagano. La ville, entourée par les montagnes japonaises, est à couper le souffle et nous donne envie d’y aller. Pour une fois, on n’est pas à Tokyo et ça fait du bien.

En ce qui concerne l’OST (ou B.O en français), on adore. Les thèmes musicaux sont parfaitement en raccord avec l’histoire et sont aussi délicats que simples. Je vous laisse écouter (et regarder) son opening tout bonnement magnifique :

Mon avis

Si je devais résumer cette œuvre magistrale, je dirais qu’elle est très belle. Rafraîchissante, elle nous change des shôjo habituels en gardant pourtant ses codes et sa simplicité. En cela, on peut dire chapeau bas à Takano Ichigo. Malgré les dessins aux traits un peu particuliers, c’est un manga qui mérite que l’on s’y attarde, d’autant qu’il est court et ne perd pas sa qualité narrative en se poursuivant indéfiniment. Je ne peux que vous le recommander !

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