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TEST – Dragon Ball FighterZ

Un rêve de gosse qui se réalise, un jeu de baston 2D à la gloire du manga légendaire Dragon Ball. Donc, les boules du dragon, qu’est-ce qu’on en tire ?

Quand j’étais gosse, j’adorais gueuler « KAMEHAMEHA ! » accompagné de la chorégraphie aujourd’hui connue de tous. À l’époque, sur Super NES, on avait Dragon Ball Z Hyper Dimension à se mettre sous la dent. Des combats qui pètent, des décors sublimes, une animation exemplaire… ça m’a laissé un souvenir impérissable. Et ce pour deux raisons : déjà Dragon Ball. Je vais pas m’étendre dessus, Dragon Ball, c’est la vie, un point c’est tout. De deux, c’était un jeu de baston vraiment convaincant avec un gameplay solide et rapide à prendre en main. On tartinait les boutons, il se passait plein de choses à l’écran, on était émerveillés.

Entre temps, je pourrais citer les nombreux jeux de combats en 2D et 3D se basant sur l’univers de DBZ et consorts, les Dragon Ball Z Ultimate Fighter 22, Final Bout, Tenkaichi, Xenoverse… En veux-tu en voilà. À force, la hype est redescendue et la passion pour les jeux de baston sous licence Dragon Ball s’est tarie. Et un beau jour de juin 2017, durant l’E3 2017, Arc Systems brandit un trailer pour annoncer Dragon Ball FighterZ. De la baston, des personnages et des coups iconiques, du 3v3 à la Marvel vs Capcom 3 (titre que j’adore pour son gameplay et la hype qu’il génère) et des graphismes de toute beauté, fidèles à l’anime. Après être tombé de ma chaise sous la poids de la hype, je ne me suis dit qu’une chose : je vais aimer ce jeu.

Maintenant que le titre est sorti depuis bientôt 3 mois sur PS4, Xbox ONE et sur Steam, que les premiers DLC pointent le bout de leur nez, une seule question subsiste : Est-ce que Dragon Ball FighterZ tient ses promesses ?

Mise en bouche directe avec la cinématique d’ouverture du jeu, qui sent clairement l’édition vidéo et la bande-son à la Guilty Gear :

Dans la famille Dragon Ball, je veux Goku.

Arc Systems ont un passif de jeux de combat qui ont la particularité d’aller puiser dans des mécaniques de gameplay complexes et fournis. Et puis ils proposent de fusionner ça à l’univers de Dragon Ball. Alors moi, je ne suis pas contre, mais j’ai quand même envie de jouer à ce jeu avec des amis qui partagent la même passion du manga que moi. Crainte : le jeu est trop dur à prendre en main, ils vont passer l’éponge. Dans les faits, le studio a plutôt misé sur un jeu accessible pour tous, jouissif à la première seconde et assez complet. Allant du mode de jeu local au multijoueur en équipes, tout en passant par le mode histoire qui même s’il n’est pas fou-fou a au moins le mérite d’exister avec son camarade le mode arcade, le jeu est bien construit et propose une vaste panoplie d’activités à remplir pour le ou les joueurs.

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Le lobby, hub central des modes de jeu et aussi petite cour de récré des joueurs

Le premier bémol qui a été pointé du doigt par un grand nombre de joueurs est le « faible » nombre de personnages disponibles au lancement du jeu. On retrouve les personnages phares de la série, SonGoku, Vegeta, Freezer, Kid Buu et consorts mais pour un jeu de combat en 3v3, 24 personnages par rapport au nombre hallucinant que proposent certains précédents titres, c’est pas assez. Et c’est effectivement pas assez quand on tourne très vite toujours autour des mêmes personnages fétiches.

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24 personnages pour commencer et des équipes de 3 contre 3 pour en découdre en 2D à pleine vitesse
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Fan service justifié : les coups qui ont marqué les esprits des fans de Dragon Ball font mouche dans le jeu et sont reproduits à merveille

Côté gameplay, c’est un jeu de combat en 2D avec des animations en 3D. C’est coloré, ça fuse dans tous les sens, ça va vite et c’est plaisant à prendre en main. Les mécaniques sont assez simples à saisir, on comprend très vite l’intérêt de telle ou telle mécanique du jeu, les coups spéciaux sortent avec facilité et s’accompagnent de cinématiques courtes et efficaces tout en restant fidèles (en termes de style) au manga. Et puis c’est très marrant de casser la tronche à tout le cast avec Yamcha par exemple; ça aussi c’est un autre rêve de gosse qui se concrétise.

La réalisation globale du titre est soignée, les fonctionnalités en ligne n’ont certes pas été à 100% opérationnelles au lancement du jeu mais des patchs ont vite été mis en place et l’équipe derrière le titre montre sa présence auprès des joueurs ce qui conforte l’idée que le titre est fait pour durer.

Mash moins vite, tu vas perdre le goût !

Lorsque l’on parle de jeu grand public, on évoque souvent un gameplay simple ou rapide à comprendre. Arc Systems prennent la définition à la lettre en proposant un jeu où il est possible de se réduire à appuyer frénétiquement sur 2 boutons pour envoyer des combos et des coups spéciaux avec style. « Masher » pour ceux qui connaissent, rien à voir avec la nourriture, ça vient de « Button Masher » (matraqueur de bouton) et oui, je sais que Google Trad’ n’a rien à fournir sur le sujet. Disons « spammeur » et au moins ça mettra tout le monde d’accord.

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« Et là, tu fais carré-carré-carré-carré et t’as gagné ! »

Pour les joueurs novices du genre ou pour ceux qui veulent se lancer, c’est à la fois une bonne et une mauvaise chose, et la finalité dépend du comportement du joueur face à ses attentes. Le bon côté de la chose, c’est que ça attire facilement du monde puisque ça rend le titre très accessible. En effet, on prend très vite plaisir à appuyer sur les touches d’attaques et de voir le jeu déballer des combos comme si on était un pro des jeux de bastons. Le contrecoup est en deux temps : primo, on se fait vite chier. Les combos automatiques, c’est cool mais c’est toujours les mêmes coups qui sortent et le jeu perd vite en saveur. Deuzio, ça n’incite pas les joueurs à approfondir leur dextérité et à aller vers des combinaisons manuelles certes plus difficiles à composer mais beaucoup plus intéressants en termes de gameplay et d’amusement. L’effet pervers de ce système est qu’il peut réduire la motivation d’un joueur à apprendre à apporter de la complexité à son plan de jeu. Le premier quidam venu peut gagner avec style contre quelqu’un qui cherche à approfondir ses combos et ses variations de coups en les composant manuellement. Et malheureusement, ce n’est pas un réglage dans les options, ces automatisations sont intégrés au cœur du jeu, il faut savoir faire avec.

Cela dit, il faut savoir se faire violence et ne pas se reposer uniquement sur les combos automatiques du jeu pour progresser. Il faut apprendre à les composer soi-même et à comprendre la face cachée de l’iceberg : le jeu permet au joueur de réaliser des enchaînements et d’appliquer des stratagèmes de combats très élaborés… si on prend le temps de les apprendre et de les comprendre. Comme dans la majeure partie des jeux de combat, passer du temps dans le mode d’entraînement à affiner l’exécution des combos pour infliger un max de dégâts à la moindre ouverture va vite se montrer inévitable. Il faudra aussi apprendre à créer des ouvertures chez l’adversaire, à utiliser les assistances des personnages en retrait, à se défendre et à lire dans le jeu de son adversaire…

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Le mode entraînement ou comment s’exercer aux combos manuels dévastateurs au calme

… ou sinon être un gros flemmard et penser que spammer deux touches est suffisant pour prendre son pied avec un jeu qui renferme une complexité digne des Guilty Gear ou Marvel vs Capcom. Au choix.

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Derrière cet affreux jeu de mots que j’ai beaucoup de mal à assumer se cache une triste vérité : la Toei Animation qui possède les droits sur la licence Dragon Ball (Z, GT, Super et tous les goodies qui tournent autour) ne verse pas dans la générosité lorsqu’il s’agit de business. La conséquence ? Dragon Ball FighterZ souffre d’une bande musicale aux antipodes de la bande originale de la série. Étant un fan de la série comme des milliers d’autres personnes dans le monde, le manque de la BO de Dragon Ball Z est un point qui fait grincer les dents. Arc Systems a cependant cherché à combler ce problème avec leurs propres talents et ça ne prend pas pour tout le monde.

Habitués du Rock/Metal pour les Guilty Gear, le studio a misé sur de la J-Rock entraînante pour accompagner les joueurs dans les menus et les combats. Pour ma part, j’ai été amusé au début, maintenant je peux plus l’entendre. Ou du moins je ne veux plus l’entendre. Bah, au choix.

Pour ceux qui sont curieux, j’ai quand même relevé UNE musique que j’ai trouvé sympa durant les combats. On aime ou on aime pas, ça ne regarde que vous :

Mais quand même, dans le fond, je m’attendais plus à ce genre de sonorités (qui devraient parler aux fans de la série. Ou aux fans de Kavinski, mais ça c’est autre chose) :

Pour les fans, le studio a mis en place un DLC payant comprenant quelques titres musicaux de la série d’origine. Mais, il y’a des mais : les titres sont des extraits ou des reprises pas hyper-fidèles et c’est payant ! Le Toei Animation a encore frappé…

Bourrer sans avoir de cloque sur le pouce ? Oui, c’est possible.

Le studio Arc Systems signe ici un jeu qui fait plaisir aux fans des jeux de bagarre et de Dragon Ball (Z, Super, les OAV…). À la portée du premier curieux qui voudrait secouer sa manette pour coller des Kamehameha ou d’autres Final Flash avec un doublage de qualité en anglais ou en japonais, Dragon Ball FighterZ a suffisamment d’arguments dans la poche pour se distinguer parmi la tripotée de jeux de combat aujourd’hui disponibles sur le marché.

On pourrait critiquer la politique du studio d’ajouter des DLC payants pour de la musique ou pour l’ajout de personnages jouables supplémentaires, mais ce serait nier que l’on est en 2018 et que ça se fait déjà sur plein d’autres jeux. Et puis ça fait vivre aussi un jeu sur le temps, d’autant que de nombreux autres DLC et personnages sont prévus par la suite pour compléter le choix jusqu’alors pas assez fourni. Des modifications et des équilibrages sont sans doute prévus au programme car la scène compétitive autour du jeu est également en train de se former.

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Faire péter un bout de la planète sans faire péter sa manette ? C’est surtout ça la grande classe

En bref, c’est un très bon jeu et je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il fera une longue route dans l’histoire du VS Fighting tout en laissant un belle trace derrière lui, grâce au studio et aux fans qui soutiennent le titre.

Et aussi parce que Dragon Ball, c’est la vie.

Note : 18/20

Les +

– Accessible à tous, rapide à prendre en main et enjoyable
– L’univers de Dragon Ball globalement respecté avec les figurants emblématiques de la série
– Des graphismes et une fluidité impeccables
– Une tonne de choses à apprendre pour s’améliorer en jeu

Les –

– Le mode histoire anecdotique
– Un gameplay qui ne pousse pas le novice à s’améliorer
– Un titre qui peut s’essouffler rapidement si peu suivi par les développeurs
– La bande-son en jeu discutable, en tous cas musicalement non fidèle à l’anime
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