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REVIEW – Star Wars Episode VIII: The Last Jedi

Comme un oiseau de bon augure, le réalisateur Rian Johnson continue sa tournée mondiale, vantant les mérites de la nouvelle direction prise par la saga Star Wars, appuyé et soutenu par une Kathleen Kennedy (Présidente de Lucasfilm LTD.) au plus fort de son aura. C’est donc enthousiastes que nous nous lançons, le cœur bien accroché mais à priori entre de bonnes mains, en plein dans l’aventure Star Wars Episode VIII : The Last Jedi.

Je n’écris pas souvent sur My Geek Actu, mais quand je le fais, c’est en général quand j’ai un message à faire passer et que je ne ressors pas indemne d’un film vu, d’un livre lu, d’un jeu joué. C’est le cas de mon expérience Star Wars Episode VIII: The Last Jedi. Je fais sûrement partie de la faible majorité des gens qui ont apprécié le septième épisode dirigé par J.J. Abrams, que je trouvais fort et suffisamment bien ancré dans l’univers pour le considérer comme un bon Star Wars. Malgré ma dépression émotionnelle après la mort de l’un de mes héros d’enfance, je pouvais encore la tolérer car bien amenée.

Maintenant nous voici à l’issue de la projection du dernier film de la saga de la Walt Disney Company, et je vous l’annonce, je ne risque pas de tourner autour du pot lors de cette critique. J’invite donc les personnes n’ayant pas encore vu le film, à se détourner des lignes qui vont suivre.

! ALERT SPOILERS !

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Le(s) Dernier(s) Jedi

Alors qu’au final de l’épisode VII, la Résistance campait sur une position en demi-teinte – notamment avec la destruction de son centre d’affaire et politique dans le système Hosnian, et la mort de l’un de ses héros du temps jadis – elle avait néanmoins repris du poil de la bête en anéantissant l’une des super-armes du Premier Ordre, la base Starkiller. Ce qui donc, pouvait laisser présager une bataille au premier plan dès le démarrage de ce film. Ce qui est le cas, ne nous mentons pas, le film démarre sur les chapeaux de roues avec une bataille spatiale qui de prime abord, nous plonge dans l’univers Star Wars. Certains plans par ailleurs font énormément penser à  Rogue One : A Star Wars Story, qui avait su allier la marque de fabrique de la saga et sa magie, à une ambiance militaire plus froide et plus réaliste, avec brio.

Très rapidement cela étant, quelque chose m’a dérangé, une sensation. Et cette sensation ne m’aura jamais vraiment quitté du début à la fin du film. Cette sensation, c’est celle de ne plus me retrouver dans un épisode de ma saga préférée, celle de me sentir perdu dans un univers que je connais pourtant très bien. Un peu comme si, d’un certaine façon, je n’étais plus le bienvenu à la maison. Exactement le même feeling que, quand du jour au lendemain, la vie t’apprend que tu n’es plus un enfant, que tu n’es pas invincible, que tu vas devoir payer tes impôts et que la magie cela n’existe pas.

Cette bataille justement, bien que rondement menée et visuellement réussie, comme par ailleurs l’ensemble du film – car c’est là bien l’un des seuls aspects du film qui m’a convaincu, sa direction artistique sublime ; m’a déçu dès ses premiers instants. Pourquoi me demandera-t-on ? Car elle fait simplement fi de toute la logique construite et inventée par les équipes de Georges Lucas durant de longues années. Un Destroyer Impérial de base de l’époque post-bataille de Yavin était équipé de rayons tracteurs, de nombreuses tourelles lasers, de lance-missiles et d’un générateur de bouclier. Comment un pilote, aussi chevronné soit-il (ici Poe Dameron), peut-il à lui seul désarmer un Destroyer de classe supérieure, en détruisant toutes ses tourelles unes à unes sans sourciller, en traversant son champ énergétique (what ?) et en ressortir quasi-vainqueur ?

Ce manque de crédibilité, assailli par des moments d’humour mal placés à la sauce Marvel deviendra donc, au fil des heures, la marque de fabrique de ce film signé Johnson. À tel point que même les héros légendaires de l’univers Star Wars tels que Luke ou Leia, s’emploieront à faire de l’humour. En vain. N’oublions pas que les épisodes originaux n’ont jamais joué dans cette cour. Que l’on me ressorte une vanne placée dans un épisode de la trilogie ou de la prélogie… Cette gestion du ton, à la fois drôle, à la fois complaisant, à la fois grave et sombre, ne correspond tout simplement pas à cet univers, tant et si bien que j’ai peur du futur traitement de Han Solo dans le film à venir, et de Indiana Jones dans le prochain volet. Non, ces licences ne sont pas des licences humoristiques, mais chevaleresques, grandioses et portées sur l’espoir.

Un nouvel espoir ?

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Et c’est là tout le problème de cet épisode VIII. Bien que terminant sur une note optimiste, véritable appel à l’ouverture d’un univers grand avec autant de personnages à traiter qu’il y en aurait dans la vraie vie, rien dans ce film hormis son final ne donne d’espoir. Il est difficile de s’attacher aux personnages tant ceux-ci manquent de conviction, tant les personnages principaux n’en sont pas, tant les anciens visages sont ici maltraités au point d’être évincés, d’un revers de main.

Naïf peut-être, est le Jérémy qui sommeille en moi, celui qui depuis petit se projette en Luke, en Han et les voit comme des grands personnages, pleins d’entrain et déjouant l’adversité avec une certaine innocence. Alors oui, c’est peut-être trop « enfantin » et me faire surprendre par du Disney serait un comble. Je vous avouerai que j’apprécie aussi les choses qui se passent mal et quand les héros sont déchus, mais uniquement quand c’est à juste titre. Ici, rien de tout cela.

Il y aurait beaucoup trop de points à traiter tant la première heure du film m’a complètement perdu. De passages inutiles en passages inutiles, de scènes pseudo militantes à des scènes complètement WTF (coucou la chevauchée à dos de Falthiers sur Canto Bight…), et des personnages nouveaux en veux-tu en-voilà, mais tous aussi creux les uns que les autres (notamment le personnage Rose, insupportable), ce film n’arrive à décoller vraiment que dans sa deuxième moitié.

C’est assez drôle car c’est un peu ce qui m’était arrivé en visionnant Looper du même réalisateur : un début chiant, une fin surprenante mais vite menée et une sensation de finir sur sa faim. Et je vous l’avoue, cela me fait du mal d’écrire ce genre de mots pour décrire une expérience Star Wars, étant amoureux de cet univers, de ses livres à ses films, de ses jeux-vidéo à ses bande-dessinées.

Au final, là où je me suis senti trahi dans la réalisation de Rian Johnson, c’est au niveau de ses personnages vous l’aurez compris, mais aussi dans sa logique et son incohérence de chaque instant. Un croiseur qui part en hyperespace et fonce dans un vaisseau du Premier Ordre pour le détruire en une fraction de seconde, lui et tous ses vaisseaux à proximité ? Alors oui, la scène est bluffante de beauté. Mais remet en cause toute la saga, car pourquoi s’embêter au final à faire la guerre avec des milliers de vaisseaux, quand un seul, avec une seule personne pour le piloter à son bord, peut tout annihiler ? Pourquoi ne pas l’avoir fait avec l’Étoile de la Mort ? Pour certaines personnes cela peut être un détail, mais c’est un détail qui tue la consistance d’un ensemble.
Autant qu’un Yoda – mort et sensé avoir rejoint la Rivière de la Force notamment – qui comme par magie, réapparaît 30 ans plus tard auprès d’un Luke qui empile les échecs. Un Yoda capable d’interagir avec la météo et de contrôler la foudre pour faire exploser ce qu’il reste des Jedi, les derniers vestiges.

Pourquoi à ce moment, ne pas appeler tous les Jedi morts qui ont appris à maîtriser ce pouvoir de réapparition et aller vaincre les méchants du Premier Ordre une bonne fois pour toutes ? Ce serait trop facile n’est-ce pas ? Définitivement non, cela ne tient pas. Et ce sont d’autant de « plot holes » que je ne saurais compter – on en parle de la Générale Leia Organa qui se fait propulser dans le vide de l’espace et se déplace tel un cheap Superman pour retrouver un accès au vaisseau ? VRAIMENT ?

Retour à la raison

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Je m’emporte. Au fond car cela m’a profondément fait mal de savoir que plus jamais je ne verrais cette saga du même œil. Je suis déçu du manque de considération pour Han Solo, pour Luke Skywalker, pour Leia Organa, pour Chewbacca, pour R2D2, pour C3-PO, pour Lando Calrissian, pour l’Amiral Ackbar (mort en un quart de seconde dans l’indifférence la plus totale). Je comprends l’intérêt de renouveler la franchise en propulsant du sang frais. Mais pas de cette façon, pas comme ça. Pas avec un manque certain de respect envers les fans de la trilogie originale.

Si j’ai apprécié l’esthétique, je n’ai clairement pas compris la note d’intention de Rian Johnson, que ce soit dans ses messages sur la Force, sur la politique (bouh, les gens vendent des armes aux gentils et aux méchants, tout le monde se mouille dans ce monde bien gris, super merci Rian, on avait besoin de le dire dans Star Wars pour que l’on s’en rende compte…) et bien d’autres thématiques. Il manque la sève même de ce qui fait un Star Wars, le concept de l’amitié, de la proximité entre les personnages. Ici clairement, c’est un peu chacun pour soi. Leia est dans son coin avec une Résistance qui dépérit, Luke ne prend même pas la peine de se réunir avec sa sœur et n’en a que faire de la mort de Han (« Il est mort ? Ah, viens je vais aller pêcher et sauter sur des cailloux »), Chewbacca est complètement relayé au second plan et n’a aucune émotion… Quant à Snoke, le grand méchant de l’épisode VII ? S’il est classe, fort et pour le coup a l’allure d’un véritable méchant digne de Palpatine, que dire de sa mort malvenue ? De la mise en scène de cette séquence véritablement mauvaise ?

Ma vraie question au final, porte sur l’épisode IX. Pauvre J.J Abrams. Il avait réussi à ouvrir tant d’opportunité avec le septième volet, lancer de nouvelles interrogations. Et Rian Johnson a accompli le miracle de refermer toutes les portes. Plus rien. Au final, on part avec un Kylo Ren qui fait semblant d’hésiter pour repartir sur le chemin tout tracé de son grand-père, une Rey en demi-teinte, qui a priori ne sera plus si centrale dans l’histoire vu son traitement, d’un Poe qui prend la relève d’une Leia épuisée et seule, d’un Finn inutile, d’une Rose encore plus inutile et avec un niveau de tension dramatique aussi bas que la tension d’une grand-mère.

J’espère. J’espère fortement que J.J Abrams saura relever le niveau. Je le sais capable, car il a, à mon égard, bien plus la carrure et les compétences qu’un homme qui vient de détruire les rêves d’un grand enfant. J’ai bien du mal à comprendre comment les jeunes d’aujourd’hui arriveront à s’identifier à cette explosion de nouveaux personnages aussi vides les uns que les autres (lol Phasma).

Aucun élan chevaleresque, une Force qui devient finalement de la magie et qui bientôt permettrait presque de se téléporter – on se croirait par moment dans Harry Potter… – et un manque flagrant de Star Wars, dans ce Star Wars. Même John Williams a du mal à insuffler un air neuf à sa composition musicale tant il semble désoeuvré par sa vision.

Désolé Kathleen, mais Rian était un mauvais choix. Et j’ai peur pour cette nouvelle trilogie en-devenir. Vraiment.

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