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REVIEW – Rogue One: A Star Wars Story

Alors attention mes amis je préviens, il s’agit d’une critique à double tranchant, une partie sans spoiler, une autre qui s’y donne à fond.

Je vous aurais prévenu, maintenant on peut enfin se lancer dans la taillade en verbes et adjectifs d’un des films les plus attendus de l’année, le plus attendu pour tous les grands aficionados de l’univers Star Wars. Bonne lecture !

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Une belle aventure

Nous l’avons enfin vu, la reprise de l’univers Star Wars par cette géante entreprise qui se cache derrière le joli nom Disney a suscité plus de craintes que de joies ces dernières années.
A raison car, s’il suffit de voir la manière dont est exprimée la juteuse licence Marvel, grand mal leur aurait pris de vouloir traiter l’univers de George Lucas d’une manière aussi édulcorée. Finalement en cela, Star Wars : The Force Awakens, avait rencontré quelques difficultés à rassurer son public, hormis quelques scènes marquantes, le film dans son ensemble restait tout public et n’allait pas suffisamment loin dans la balance de ses personnages. Laissant le background de ces derniers être sûrement développé par Rian Johnson dans le prochain volet de la saga, on avait donc tous les yeux rivés sur ce stand-alone, cet objet mystérieux intitulé Rogue One: A Star Wars Story.

L’homme derrière la caméra, Gareth Edwards, déjà auteur du génialissime Monsters et du non-moins intéressant Godzilla, prend le pari de s’attaquer à cet univers au travers un hors-série racontant l’origine du vol des plans de l’Etoile de la Mort par les rebelles, ces mêmes plans qui auront aidé la Rébellion à détruire cette machine de guerre grâce au talent de pilote de Luke Skywalker dans Star Wars Episode IV: A New Hope.
On a donc ici droit à un prequel, et de qualité m’sieurs dames, car oui, j’ai véritablement apprécié cette approche définitivement plus réaliste, violente de l’univers Star Wars. Si tant est que j’avais parfois l’impression de me retrouver dans l’un des meilleurs tomes de la série X-Wings de Michael A. Stackpole, série dorénavant relayée dans l’univers étendu « Legends », c’est à dire non canonique et n’étant plus approuvé dans la storyline officielle contée par Mickey. Prequel plutôt bien intégré qui s’insère parfaitement dans la continuité des événements de la saga principale.

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Nous sommes en effet loin du côté chevaleresque, grandiloquent des Jedi et des fables de la Force, de la destinée de héros policés que nous connaissons tous et qui nous ont fait grandir des étoiles plein la tête. Ici, les Jedi ne sont plus légions, l’Empereur a opéré son Ordre 66 depuis plusieurs dizaine d’années et continue de traquer, en la main de son fidèle servant Dark Vador, tous les êtres sensibles à la Force dans la Galaxie. Rogue One est une histoire de guerre, et les personnes qui ont pu apprécier des films tels que la Chute du Faucon Noir s’y retrouveront sans peine : c’est sale, c’est violent, c’est surprenant et il n’y a ni bons, ni méchants dans la situation de guerre telle que celle racontée au travers la caméra de Gareth.  Le film réussi haut la main à surprendre la fan-base que Lucas a pu consolider au fil du temps, nous donnant finalement ce que chacun d’entre-nous n’espérait plus vraiment : un univers étendu sur grand écran. Vous allez en avoir du fan service, des clins d’oeil bien placés, mais le plus étonnant c’est que, même si l’histoire du vol des plans de l’Etoile Noire n’est plus celle que l’on connaissait (ah, Kyle Katarn, tu resteras toujours le seul et unique voleur de plan à mes yeux !), tout s’enchaîne parfaitement bien.

Accompagnée de visuels frappant, de prouesses CGI (3D) inédites qui resteront sûrement dans l’histoire comme de véritables tentatives d’imposer un nouveau genre, entretenue par des personnages forts, cette histoire de Rogue One remplie parfaitement son rôle de spin-off : raconter une histoire alternative, qui se tient de bout en bout et n’aura besoin d’aucune suite pour exister. Il y a un début, il y a une fin, et une ouverture pleine sur l’Episode IV. Point final. Et en cela, j’ai aimé Rogue One. J’ai adoré Rogue One.

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Avis de Julien : Exit les sabres lasers et les princesses. Être assis dans une salle obscure et regarder un film aussi peu gnan-gnan estampillé Star Wars, ça fait du bien à la licence et à la conscience. Comme l’a dit Jérémy, Gareth Edwards fait les choses bien et pas dans la demi-mesure : pas de fioriture, tout dans l’efficace et le compréhensible avec des scènes  qui s’enchaînent à un rythme qui laisse peu de temps à la réflexion. On prend part au point de vue du petit peuple de l’univers Star Wars, on assiste à la violence de la guerre, des alliances désespérées et des gens qui meurent par centaines. Et les Stormtroopers savent viser. Une vision d’horreur qui nous échappe si on se contente de la série originale et qui nous frappe de plein fouet dès les premières minutes. Les protagonistes ici savent ce qu’ils veulent et n’ont pas le temps de traîner, ce qui nous change grandement des personnages en crise d’adolescence auxquels on a été habitué jusqu’alors sur le grand-écran.

La réalisation est également au rendez-vous pour appuyer le ton sec et puissant du scénario. Les scènes sont propres et claires, la lecture des scènes d’action est efficace. Pour ma part, je n’avais peur que d’une chose : que le film soit monté « salement », ce qui aurait pu coller avec le contexte, mais ce n’est pas le cas. Donc, ouf, le film ne m’a pas donné de migraine avec des scènes d’actions à-la Transformers ou tout part dans tous les sens, dans un bordel d’explosions, d’effets visuels et de filtres pour compenser une de mise en scène catastrophique. Et comme dit plus haut, l’équipe en charge de la production 3D et des effets spéciaux a une fois de plus élevé la barre dans le monde cinématographique avec ce film, et rien que pour ça : chapeau bas.

Rentrons dans le spoil

En tant que réel spin-off, le film n’impose pas au spectateur ce générique sur fond étoilé si célèbre et emprunt à la saga principale, la raison est logique puisque ici il ne s’agit plus de l’histoire des Skywalker, et nous ne sommes pas dans une fable, nous sommes en pleine guerre. Un choix controversé mais qui se respecte tout du long du film, avec une ribambelle de personnages – une première dans un Star Wars, avec vraiment beaucoup de différents rôles – plus étonnants les uns que les autres. Commençons par Jyn Erso, le personnage qui porte le film sur ses épaules, fille de Galen Erso, le « génie » derrière la technologie destructrice de l’Etoile de la Mort. Née en pleine guerre, morte en pleine guerre, elle aura un rôle et un destin finalement complètement cousu autour de cet acte final : voler les plans de l’arme de l’Empereur, jusqu’à s’en sacrifier.

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Oui, contrairement aux autres films, ici les personnages sont tous dispensables, du plus secondaire au principal, tous sont sacrifiables et finalement, sacrifiés sur l’autel de la cause rebelle. Et s’il est difficile de s’y attacher, c’est pour la simple et bonne raison que dans la guerre contée entre les rebelles et l’Empire, l’homme n’est que chair à canon pour un combat qui le dépasse de loin. Felicity Jones, qui campe le rôle de Jyn Erso, s’en sort merveilleusement bien, la nuance de son jeu d’acteur est d’une maîtrise sans égale et la place largement dans le haut du panier des acteurs ayant prêté leurs traits dans un Star Wars. Ses compagnons ne sont pas en reste, le capitaine rebelle Cassian Andor est aussi l’exemple parfait d’une rébellion qui se cherche et n’est plus que l’ombre d’elle-même. Avant l’arrivée de Leia Organa dans la file en tant que leader de choix, c’est Mon Mothma – que l’on a plaisir à redécouvrir dans un véritable rôle – qui mène le bateau tant bien que mal face à des choix stratégiques délicats à faire. Andor doit donc voler, espionner et assassiner pour la « bonne cause ». Il suffit de le voir tuer de sang-froid dans le film un de ses partenaires de fortunes pour se rendre compte que le manichéisme de la saga n’est plus. Et c’est tant mieux !

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Avis de Julien : OK, juste une chose. J’ai vu Donnie Yen interpréter Chirrut Îmwe, un moine-gardien aveugle de Jedha suivant la philosophie Jedi, tabasser des Stormtrooper avec son bâton-blaster. Je peux mourir en paix désormais. Bon, blague à part, comme l’a dit Jérémy : chaque personnage qui nous est présenté a son rôle à jouer et son moment de gloire (ou de défaite), mais aucun n’est stricto-sensu inutile. Aucun n’est là pour plaisanter (bon, sauf un personnage. Mais il faut bien un zeste d’humour dans un Star Wars…) et le jeu d’acteur de chacun est là pour nous le confirmer.

Le souci du détail

Parlons aussi de ce droïde impérial, K-2SO, reconverti en rebelle, l’élément humoristique du film, qui s’en sort avec brio sans en faire des tonnes, avec une noirceur bienvenue et rarement aperçue dans un Star Wars. Noirceur que l’on retrouve dans les combats, faisant parfois écho à des événements bien réels de nos jours, où il est difficile de discerner qui défend la moralité, qui s’en prend à elle. D’autres personnages, tels que Saw Gerrera, tout droit sorti d’un épisode de Star Wars: The Clone Wars, nous rappelle qu’on est bien dans un film Star Wars, ainsi que l’apparition forte de Dark Vador (qui pour le coup a encore changé de costume…), jamais vu ainsi, et du grand Moff Wilfhuff Tarkin incarné en 1977 par feu Peter – Doctor Who – Cushing. Sa réincarnation sous les traits de lui-même en CGI est une prouesse sans égal, qui nous rappelle certes que la technologie d’aujourd’hui n’est pas encore à 100% au niveau de la réalité, mais qu’elle s’en rapproche. Et là où j’approuve le choix de Gareth Edwards, c’est d’avoir assumé de le montrer pleinement dans de grandes scènes de dialogue, d’avoir choisi de mettre le poing sur la table et dire « Oui, il est en 3D, et alors ? J’ai besoin de ce personnage, on va pas prendre un autre acteur car le Moff Tarkin, c’est Peter Cushing !« .
Des frissons en pagailles quand on revoit ce bon vieux Moff, quand on entrevoit au détour d’un cockpit d’X-Wing  Red « Garven Dreis » Leader, incarné en 1977 par feu Drewe Henley. Tout autant que de revoir Bail Organa, père adoptif de la Princesse Leia Organa, toujours incarné par Jimmy Smits à l’écran, ce dernier ayant repris son rôle de Star Wars Episode III: Revenge of the Sith. Et bien entendu, la Princesse Leia Organa elle-même, tout en CGI, avec ses jolis macarons, telle qu’on l’avait laissée dans A New Hope. Bravo ILM.

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On aime, ce souci du détail, cette connexion quasi-constante avec la saga principale, avec des planètes inédites et somptueuses (ah, Scariff et ses belles plages…) et des éléments anciens ré-injectés proprement, permettant de les découvrir sous un nouvel angle : Yavin IV, la planète qui cache la base des rebelles dans ses temples Massassi, Mustafar et la demeure de Dark Vador, l’intervention du Ghost, le vaisseau phare de la série animée Rebels, dans la bataille finale. Bataille finale qui voit l’intervention de croiseurs rebelles datant de l’ancienne république (le modèle Hammerhead), soit des vaisseaux vieux de 4.000 piges, mais qui permet également de découvrir de nouveaux modèles tels que le U-Wing, à mi-chemin entre un transporteur de troupe et un Y-Wing. Sans oublier les Troopers impériaux, leurs différents grades et rôles n’ayant jamais été aussi mis en avant…

En bref, si vous êtes autant attentifs aux détails que moi, vous allez vraiment apprécier, car chaque plan en regorge. D’autant que l’histoire en elle-même, bien que courue d’avance car on est tous au fait ce qui se passe ensuite, s’autorise quelques originalités, faisant rentrer dans le canon Star Wars des éléments qui jusqu’ici n’étaient qu’entrevus dans l’Univers Étendu Legends : le crystal Kyber, source unique des sabre-laser des Jedi et du Superlaser de l’Etoile de la Mort, a enfin ici toute sa place. L’Empire possède des raffineries et on les voit enfin ! Mais s’il fallait faire la liste de tous ces éléments fait par et pour les fans, nous n’aurions pas assez d’une review pour en parler. Finalement, ce qui importe c’est l’avis final. Que se passe-t-il dans nos têtes lors des dernières secondes de l’aventure ? Que ressent-on quand la mission suicide de l’escouade Rogue One arrive à son terme ? Une pleine satisfaction, tout du moins de mon point de vue, c’était comme pouvoir enfin avoir le droit d’observer au cinéma un des meilleurs livres Star Wars jamais écrit. Maintenant je ne demande qu’une chose : un film sur l’invasion Yuuzhan Vong ! Maintenant allez le voir, zou! Merci Gareth.

Avis de Julien : Autant être clair, Rogue One : A Star Wars Story n’est pas un épisode qu’ils ont calé au pif à coups de rabots pour que son scénario rentre entre les deux trilogies initiales. Le film a toute sa place dans les faits de l’univers de Georges Lucas. Le lien des événements et des actions de l’époque est traitée avec justesse, et peut convenir au fans assidus comme aux spectateurs ayant regardé de près ou de loin les deux trilogies entourant Rogue One.

Des bisous.

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