PC PS4 Test

TEST – The Talos Principle

Mon souci avec les Puzzle-Game, c’est de bloquer sur une énigme et d’y passer une nuit avant de m’endormir en me traitant de con. Même si c’est soulageant de trouver la solution fraîchement le lendemain matin après avoir cauchemardé dans tous les sens du puzzle en question, je ne comprends que rarement le plaisir de ce genre de jeux…

Les jeux modernes, enfin post 2010, sont des jeux assistés grouillant d’aides dans tous les sens. Et puis dans l’absolu si on ne trouve pas, on va sur Google et on choppe généralement assez vite les solutions. Mais est-ce réellement plaisant ? Quelle satisfaction je peux en tirer ? Aucune. Le vrai fond du problème, c’est que ça fait des lustres que je ne m’étais pas échiné à la réflexion « où faut-il prendre du recul pour parvenir à la solution ». Un jeu où le « Think out of the Box » est le seul vrai allié avec la matière grise et les nerfs accrochés à la patience.

Les gars de chez Croteam, à qui l’on doit la série bien décervelée Serious Sam, ont allongé un jeu qui se situe à mille lieux des titres habituels auxquels l’on a droit depuis 2001. Après 13 ans de bourrinage pur-sang, l’équipe Zagreboise surprend ses fans avec The Talos Principle, quelques semaines avant Noël 2014 sur PC puis un an plus tard sur PS4.

Oui, ça fait un an et demi que ce jeu est sorti, et après avoir accumulé les éloges de la presse spécialisée, ce n’est qu’après tout ce temps que j’ai commencé à me pencher sur l’intérêt du titre. Et puis s’il met tout le monde d’accord sur la qualité de son contenu, c’est qu’il doit y avoir de bonnes raisons, n’est-ce pas ? Sans doute. Mais j’avais peur de payer pour un jeu que je ne lancerais que deux fois avant de le laisser tomber au profit de jeux moins complexes.

C’est sans compter sur les soldes de Steam (Maudit soit Gabe Newell) qui m’ont rapidement fait oublier l’hésitation d’acheter un tel titre par peur d’être déçu. Et puis au pire, j’aurais perdu 9 euros hein.9 balles pour se prouver qu’il en reste dans le ciboulot, ça les vaut non ?

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« Gabe Newell, t’es un enfoiré… », dit le Portefeuille.

Back to basics

Dans le monde curieux et dépaysant de The Talos Principle, le plus grand ennemi du joueur, c’est lui-même. Pas de 3615 HELP, ou d’aide directe d’une petite voix magique qui ne demande qu’à se faire écouter, non non non, rien de tout. Et c’est tant mieux. Un monde fictif basé sur des ruines greco-romaines antiques puis d’autres cultures en avançant dans le jeu, une musique douce et relaxante en fond et des épreuves pour collectionner des Sigil (ils appellent ça Sigil pour la classe, mais ça ressemble à des pièces de Tetris) qui nous permettent de progresser.

On incarne donc un androïde qui évolue dans un monde où l’on doit accomplir successivement des énigmes. Un peu à l’image de Portal, ces énigmes s’enchaînent dans des salles indépendantes avec une difficulté qui monte progressivement. Bien que l’on soit un peu tenu par la main au début, on se retrouve assez vite seul face aux situations. Les premiers réflexes d’observation se mettent alors en place et la peur de manquer des détails ou de ne pas comprendre un agencement particulier se profile. C’est à partir de là que le jeu excelle en mon sens : j’avais souvent l’impression de regarder au bon endroit, mais pas de la bonne manière. Et il s’avère que c’était pas qu’une impression dans de nombreux cas.

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Voilà typiquement le genre de situations auquel on fait face. Si vous ne comprenez rien, c’est normal.

Parmi les épreuves, on se retrouvera souvent face à des obstacles automatisés à éliminer ou à éviter. Empruntant généralement des comportements prédéterminés, il faudra user de logique et d’habilité pour avancer vers des situations de plus en plus tordues. Entre divers objets à utiliser ou des assemblages alambiqués à réaliser, les équipes de Croteam ont su manier avec élégance la difficulté du jeu. Mais à aucun moment le jeu ne m’a provoqué la sensation d’une épreuve impossible à résoudre, ce qui est particulièrement agréable pour un titre de cette catégorie. Globalement, je dirais que c’est suffisamment difficile pour ne pas s’ennuyer, et suffisamment accessible pour ne pas finir frustré. À la limite quelques minutes avant de percuter comment progresser, si on sait aussi prendre le temps de s’arrêter un instant pour mieux réfléchir.

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Disponibles uniquement dans les énigmes, les objets permettant d’ouvrir des portes ou d’immobiliser des adversaires. Fournis en quantité réduite, ils sont à utiliser avec intelligence.

Not just another Puzzle-Game

Outre le fait d’être un Puzzle-Game, The Talos Principle brille également par un cachet visuel plutôt bien poli. Pas spécifiquement renversant dans le style graphique, il a le mérite d’être agréable à l’œil, cohérent dans les thèmes employés. L’univers est coloré, plus ou moins vivant en fonction de l’endroit ou l’on se trouve et les agencements sont bien structurés pour permettre au joueur de ne pas se perdre. Ce vaste monde est un terrain de jeu immense qu’il est possible de traverser de fond en comble en fonction de nos envies, le tout étant ouvert et plus ou moins libre d’accès parallèlement à la progression dans la trame principale.

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« Nan sérieux, c’est v’la beau ! », dixit l’androïde.

Le gameplay étant simple à comprendre, le jeu capitalise sur l’utilisation des outils fournis au joueur pour accomplir les épreuves. L’impression quil en ressort est en mon sens amusante et loin d’être irritant. Cependant, avant de bien comprendre la logique à appliquer dans les nombreuses énigmes, j’ai souvent eu la sensation d’être dénué d’options. Démuni. Mais rapidement, une fois les mécanismes bien intégrés, j’ai enfin pu profiter du thème du jeu tout en prenant un plaisir particulier à décortiquer les solutions à appliquer pour venir à bout des objectifs.

Voici une vidéo démonstrative dans laquelle j’élucide une énigme entière :

Petit à petit, des points de vues supplémentaires s’ouvrent et on arrive à percevoir à quel point certains niveaux sont curieux, entre une utilisation maligne des objets à la verticalité à prendre en compte. Accompagné par un fil rouge, une trame menée par une multitude de détails qui nous entoure, on peut en saisir des métaphores, des images ou des pensées qui remettent en question l’existence même du protagoniste dans ce monde façonné pour torturer nos pauvres petits cerveaux d’humains.

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De jolis environnements, des énigmes et des objets à placer. Simple et efficace. Enfin, simple… tout est relatif !

Dieu est parmi nous. Du moins, ce qu’il en reste.

Mais pourquoi chercher un sens aux énigmes ? Parce qu’Elohim tiens. En hébreu, ça veut dire « Dieu » et dans le jeu c’est une grosse voix qui nous parle depuis le ciel. Alors moi, une grosse voix qui me parle pour me dire quoi faire, c’est bien, mais il ne me dit pas pourquoi je suis là à cavaler avec des pylônes brouilleurs ou des cubes, à zigzaguer entre des mines et des tourelles pour récupérer des pièces de Tetris.

Cette entité se présente à nous comme le créateur de ce monde, celui qui nous met à l’épreuve pour savoir si l’on est digne de vivre éternellement. Dit comme ça, je dirais que ça fait un peu froid dans le dos. Mais c’est sans compter la bienveillance qu’il a à l’égard du héros, simple machine que nous contrôlons.

Simple machine ? Pas vraiment. Fruit de la création d’Elohim, l’androïde en question n’a pas de nom, pas d’identité. Mais il pense, agit et choisit. Et à mesure de s’aventurer dans ce monde, l’androïde commencera à remettre en question son existence. D’ailleurs ce monde est truffé d’informations, de témoignages d’androïdes précédents et de terminaux qui permettent d’accéder à une bibliothèque de données rassemblant des archives. Ces archives traitent en majeure partie des mêmes sujets : l’existence, la conscience humaine et l’intelligence artificielle.

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Ces terminaux sont bien plus que de simples bibliothèques…

Ces mêmes terminaux abritent d’ailleurs une intelligence à part, celle qui est le gardien de la bibliothèque de données ; que dis-je, une intelligence… Un personnage à part entière. L’interaction commence doucement avec de simples questions pour évaluer notre personnalité, les terminaux se transforment très vite en un interlocuteur unique  qui remettra en question la morale du joueur et l’existence de l’androïde dans le monde modelé par Elohim. D’ailleurs, ce dernier aussi passera sur la sellette du questionnement et lorsque le protagoniste commence à se demander s’il n’est pas plus qu’une chèvre du Grand Créateur, il s’attirera sa colère et commence alors un combat entre une réalité imposée et un éveil de la conscience au sein d’une machine.

Le scénario ayant été écrit par Tom Jubert et Jonas Kyratzes, The Talos Principle place la barre de l’interaction avec le joueur très haut. Alors, peut-être que les noms cités ne vous évoquent pas grand chose, moyennant une petite recherche Google j’ai pu me rendre compte que ces deux scénaristes sont des experts en la matière, et sont des habitués du monde vidéo-ludique. Loin d’être des rigolos et pour notre plus grand plaisir, des tordus de la caboche.

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Le lien entre la conscience et la machine ? Tant de réponses possibles…

Attention cependant, le jeu resterait divertissant même si on omettait le scénario. Structuré pour mettre les énigmes en avant, la matière grise sera bien mise à l’épreuve. Le bonus non-négligeable vient avec les questionnements que le jeu soulève, le côté philosophique du titre. Bien que le sujet ne date pas d’hier, The Talos Principle l’aborde avec un point de vue particulier, qui rend la narration à la fois curieuse et amusante.

Le jeu datant de 2014 et ayant, suite à quelques recherches, pris peur lorsque j’ai lu que le jeu rencontrait des problèmes de stabilité : sachez que depuis tout ce temps là, les développeurs ne sont pas restés les bras croisés ! En effet, il tourne à merveille sur mon PC, je n’ai jamais rencontré de crash ni de soucis de performance. Très bon point donc.

Pour finir, je dirais que le titre est surprenant. En fait, plus que le titre, c’est le studio qui est derrière qui agité son public lorsqu’ils ont prouvé à tous qu’ils étaient capables de sortir un jeu intelligent, amusant et profond. Croteam n’est donc pas qu’une équipe de gros bourrins qui aiment les cris rauques de Sam (même si c’est toujours le cas), mais ils sont aussi de talentueux tarés de la bobine qui offrent au monde vidéo-ludique un Puzzle-Game efficace, accessible et ludique à plusieurs niveaux.


logo MGA avisNote : 17/20

Graphismes : 16/20
Contenus : 19/20
Bande-son : 17/20
Jouabilité : 16/20
Accessibilité : 15/20
Prix : 18/20
Taux de relance : si t’aimes speedrunner/20

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