Jeux vidéo News Nintendo Nintendo DS / 3DS Test

TEST – Yo-Kai-Watch

Ah Pokémon, ce fut un phénomène à son lancement, ça a carrément explosé les ventes une fois débarqué en Europe en 1999. Je me souviens encore y jouer sur ma vieille Gameboy (que je chéris toujours) la veille de Noël en pleine tempête de vent alors que mon père tentait de rattraper les tuiles qui s’envolaient de la maison. Tout un programme. Bon et maintenant Yo-Kai-Watch...

logo-yo-kai-watch@2x

Il y a des jeux qu’on oublie pas, qui sont bons, simples, forts d’une image ou bien qui nous rendent accros en moins de deux. Pokémon est de ceux-là. Après on aime, on n’aime pas, c’est vrai que le concept est unique en son genre – du moins pour l’époque ! Maintenant Nintendo tente de renouveler l’exploit en espérant pouvoir atteindre de nouveau la même cible : les jeunes de 7 à 15 ans. Et le produit derrière ? Yo-Kai-Watch, un jeu qui de loin, semble être un mauvais frère de la série Pokémon. Et pourtant…

Yo-Kai-Quoi ?

En réalité, Yo-Kai-Watch n’est pas développé par l’équipe qui est derrière la série Pokémon (Mister Satoshi Tajiri et sa société Game Freak Inc.), mais par Level-5, à qui l’on doit les jeux Inazuma Eleven et Professeur Layton notamment. Pas des noobs les mecs.
Ce qui sur le papier est une chose plutôt rassurante, mais dans les faits c’est un peu différent : Nintendo ayant eu dans l’idée d’accélérer grandement l’aventure Yo-Kai en proposant un dessin-animé, des produits dérivés à n’en plus finir et tout ce qu’il faut, en amont, pendant et en aval de la sortie du jeu. S’ensuit donc une sorte d’appui commercial un peu trop visible pour se dire que tout cela est anodin.

Et en effet, suffit-il de poser ses mimines sur la 3DS, que l’on sait immédiatement ce qui nous attend : du mielleux, du scénario type Pokémon, et une vague « collectionnite » aiguë programmée par les équipes de développement sensée nous donner envie d’aller plus loin. Mais on démarre pourtant bien, une cinématique en dessin-animé propre, rappelant le meilleur des Professeur Layton et légèrement les plus fatigués des Ghibli. On s’y plaît tout de suite dans cet environnement réalité d’un Japon entre fantasme et vécu.
À peine l’aventure nous donne l’opportunité de démarrer, de sortir le petit héros de son lit pour mettre ses chaussures à la sortie de la maison (petit détail, on ne rentre pas avec ses chaussures dans les maisons jap’, comme chez moi en fait) et prendre ses jambes à son cou en direction de ses plus grands malheurs, qu’on y découvre une jolie ville japonaise toute mignonne.

Yo_Kai_Watch_100477
Voilà les Yo-Kai, ils sont mignons

L’ambiance, globalement, est agréable, aidée par des musiques bien composées, même si parfois légèrement crispantes. On se dit qu’on peut s’y plaire. Et paf, le premier Yo-Kai débarque au détour d’un parc vaguement abandonné. Mais qu’est-ce qu’un Yo-Kai ? C’est en quelque sorte un esprit japonais, ceux qui sont censés porter le bon ou le mauvais sort, ce genre de petites croyances, type le monstre sous votre lit, m’voyez. Bref, des petits monstres qui font penser à des Pokémon à qui on aurait donné le don de parole. Il sont variés, nombreux, et le plus fidèle d’entre-eux (dénommé Whisper) sera votre compagnon d’aventure. Une sorte de gentil fantôme, un peu comme Gaffi.

Like a whisper

Whisper par ailleurs, sans être le point fort du jeu, possède un esprit farceur sympathique mais vraiment pas suffisamment dans la transgression pour nous faire sortir d’un jeu tout public. Et c’est bien le défaut principal de ce Yo-Kai-Watch, à force de vouloir faire dans le tout gentil, il en devient niais. Et malheureusement pour moi c’est déjà une étape rédhibitoire. Et pourtant je me suis tapé tous les Pokémon à la suite hein ! Mais passons. Le jeu en lui-même a l’air cool, on avance un peu par chapitre, comme pour une série télé, on suit une trame de scénario principale et on peut, de temps en temps, se laisser aller à des quêtes secondaires molles et sans intérêt pour faire évoluer facilement nos petits Yo-Kai recrutés au fil de l’aventure… Mais sans véritable enjeu ni difficulté.

Car si parfois les boss semblent coriaces (non pas au point de refaire les combats plusieurs fois non plus), la plupart des Yo-Kai rencontrés sont assez faciles à battre sans avoir vraiment grand chose à faire. Car là où le bât blesse pour ce Yo-Kai-Watch, c’est que notre héros doit sans cesse faire appel à sa fameuse montre (la Yo-Kai-Watch donc) pour détecter les petits esprits qui se baladent en cachette dans le monde de papa et maman.
Et autant dire que cela coupe le rythme d’un jeu qui se veut être un jeu portable. Pas ou peu de rencontres aléatoires (sauf dans des endroits lugubres du jeu, tels que des couloirs, des petites rues, des spas, vraiment des endroits lugubres je vous dis), et des combats d’une mollesse sans fin.

Baston01

C’est peut-être parce que je joue à Xenoblade Chronicles sur la même 3DS à côté que je me dis « Mais mince, les combats de Yo-Kai-Watch sont trop faciles ou quoi ? », mais au final je me fais une raison : les combats sont mal orchestrés. Les équipes de développement ont voulu la jouer original en imposant une interaction du joueur lors des combats via des mini-jeux (très peu nombreux et répétitifs), permettant aux Yo-Kai de lâcher leurs invocations ultimes. Mais dès qu’un combat commence, les Yo-Kai se battent automatiquement en fonction de leurs capacités (eau, feu, électricité, esprit etc.), et à vous de switcher correctement entre vos 6 Yo-Kai en stock via une roulette d’apparition pour éviter la défaite. Seuls 3 Yo-Kai peuvent se battre en même temps, vous pouvez donc tourner la roue pour faire apparaître un ou plusieurs autres Yo-Kai pour remplacer ceux qui sont K-O ou infectés. Les infectés peuvent êtres soignés avec des objets ou par purification via un mini-jeu qui prend 5 secondes chrono en main.

Une fois le combat fini, vous avez en quelque sorte une chance sur trois que le Yo-Kai ennemi se joigne à vos rangs : selon si vous avez une affinité avec lui, il pourra devenir votre ami si vous le souhaitez, et rejoindre vos rangs. Car non, contrairement à Pokémon, pas d’esclavagisme forcé, il faut être ami pour avoir des Yo-Kai dans sa vie. C’est cool non ? Eh bien oui sur le papier, mais non dans le jeu : c’est aléatoire, et finalement on se dit que le jeu, c’est au petit bonheur la chance si on arrive à le compléter à 100%. Autant vous dire que votre Medallium Yo-Kai (sorte de Pokédex qui classe tous les Yo-Kai ajoutés à votre liste d’amis) mettra du temps à se remplir si les conditions hasardeuses ne sont pas de votre côté.

Change de montre

Yo-Kai_Watch_3.jpg

La montre du héros est amenée à évoluer, notamment pour trouver des Yo-Kai plus puissants, ouvrir des portes verrouillées qui nous empêche d’avancer dans des endroits chouettes où se trouvent des Yo-Kai forts et des coffres de bonbons gluants, riz à la prune et autres thés à l’âme servant d’objets de soins classiques. Mais rien de transcendant.
Déjà que le héros peine à courir et tombe en panne de muscle au bout de 6 secondes, que la bicyclette n’arrive qu’au bout de 3 ou 4 heures de jeu, que la recherche de Yo-Kai prend du temps, que le scan avec la montre pour dévoiler un Yo-Kai donne lieu à un mini-jeu de recherche complètement raté, que les combats ne demandent au joueur quasi aucune action… on s’ennuie vite.

Après avoir passé plus de 35 heures de jeu sur Yo-Kai-Watch, je vous le dis honnêtement, ce jeu est passé à côté de son ambition et a raté le coche d’un jeu réussi. Je vais retourner sur Pokémon, car même au bout de 35 heures de jeu, je tourne vite en rond, je zappe l’histoire mollassonne, je ne ris pas aux messages débiles de Whisper et je n’ai plus envie de choper plus de Yo-Kai. C’est grave docteur ?


logo MGA avisNote : 11/20

Graphismes : 16/20
Maniabilité : 17/20
Scénario : 4/20
Durée de vie : 15/20
Plaisir de jeu : 10/20

 

Publicités

un commentaire

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s