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REVIEW – Warcraft : Le commencement

Ah Duncan Jones ! Personnellement, grand fan de sa façon de réaliser ses films, et son point de vue toujours un peu alambiqué sur des histoires pourtant de fond, assez simples. L’ingéniosité du film Moon, l’originalité de Source Code sont des preuves suffisantes à mon avis, du talent du bonhomme. Mais avec la pression d’une communauté énorme, d’une production d’envergure, Jones a-t-il eu les épaules pour rendre un bon travail ?

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Mais matez-moi ces yeux modélisés de fou !

Faut bien commencer quelque part

Warcraft : Le commencement, c’est en effet le début de ce qui s’annonce être au minimum une trilogie – on pose les bases d’un univers vaste et construit avec passion par les développeurs de chez Blizzard Entertainment, et les joueurs chevronnés qui suivent l’évolution du monde Warcraft depuis 1994. Il est vrai que beaucoup de joueurs ont découvert Warcraft avec le dernier volet en date, lui-même divisé en plusieurs addons, prénommé World of Warcraft, un jeu de rôle massivement multijoueurs ayant presque ré-inventé le concept via des innovations et un parti-pris graphique stupéfiant pour l’époque (le jeu est sorti aux USA en 2004).

C’est donc quelques temps avant les événements narrés dans World of Warcraft que le film de Duncan Jones démarre, il reprend finalement les événements qui se déroulèrent en amont et durant le premier jeu Warcraft: Orcs and Humans, tout en apportant des éléments d’autres jeux qui vinrent par la suite, réécrivant finalement un peu la mythologie pour l’adapter au grand écran. Un choix scénaristique intéressant, qui permet de poser les bases d’un univers complexe pour tout néophyte, mais au prix par moment, d’une noyade profonde dans des termes et des noms difficilement mémorables : le Fel, Gul’dan, Andui Lothar, Hurlevent, Azeroth, Orgrim… on en convient, c’est vrai que si on n’a pas pris un minimum de temps à jouer à l’un des jeux, on peut parfois perdre le fil.

Et finalement l’histoire derrière tout cela ? Un poil banale mais avec des retournements de situations bienvenus, notamment vers la fin du film. Les humains se font envahir par les orcs, mais parmi ces derniers, une guerre intestine fait rage selon s’il est dans l’intérêt collectif de partir en guerre ou de choisir une entente cordiale afin de se partager le terrain avec les humains. Et c’est là tout l’intérêt du film finalement, deux points de vue qui s’entrechoquent, deux réalisations bien différentes, celle des humains et l’Alliance (Haut-Elfes, Nains, Gnomes etc.), celle des orcs et la Horde (elfes de sang, ogres, trolls…). Et c’est haut-la-main que la partie consacrée aux orcs l’emporte sur celle des humains dans le film, qui paraissent un brin fades et sur-joués par des acteurs qui, s’ils ne sont pas connus spécialement du grand public, ne sont pas non plus de grands acteurs.

Le héros Andin Lothar, pourtant charismatique dans les jeux, a une tête d’alcoolique, le mage en second Khadgar qui est un élément clé de l’univers Warcraft, est joué par un acteur qui se demande lui-même s’il est acteur… Des personnages un peu clichés, qui nous renvoient par moment à du Cœur de Dragon, mais sans l’âme : du jeu kitsch, et finalement très peu empathie lie le spectateur avec les personnages.

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Peut-être que l’on aura droit à plus de nains et moins d’humains dans le prochain volet ?

Fiche de personnage : CHA+2 ou CHA-3?

Mais concernant les Orcs, il en est tout autre, et c’est là qu’on reconnaît l’habitude et la patte de Blizzard Entertainment : c’est excessivement beau, du village Orc à l’Orc même, modélisés avec des détails qui renvoient Avatar à l’âge de Georges Méliès. Pour tout dire, ils sont bien plus convaincants que les Humains dans leur jeu d’acteur, dans leurs émotions et font passer bien plus de choses grâce à ce contraste entre la brutalité de leurs gestes, et leurs intentions bien plus raisonnées. Durotan, par exemple, qui par ailleurs est un personnage apparu bien plus tardivement dans l’univers de Warcraft avec une extension au jeu World of Warcraft dénommée Warlords of Draenor, tient pour moi le rôle principal du film et s’avère être le véritable héros de cette histoire. Et fichtre, ce regard et cette puissance dégagée par le personnage ! Rien que pour ça, courez voir le film.

Alors oui, Warcraft : Le commencement est emprunt de nombreux défauts – des plans parfois foireux, des transitions avec des fondus dignes d’une série des années 1980, des dialogues qui sonnent faux et des histoires d’amour improbables (et bien trop bâclées !).
Mais quel plaisir que de découvrir les rues d’Hurlevent, Forgefer (<3), le portail et la magie de cet univers magnifié par des effets spéciaux de très, très haute volée. Les vols à dos de griffons donnent lieu à des plans larges grandioses, les coups se sentent et on a presque l’impression de prendre une gifle à chaque marteau lancé au visage d’un personnage.

Et comme dit plus haut, si le scénario n’est clairement pas du niveau des précédentes réalisations de Duncan Jones, cela fait vraiment, mais vraiment du bien d’avoir une fin qui prend à contre-pied les fins communes auxquels les films Disney, 20th ou Fox nous ont habitués. C’est une fin, sans vous la gâcher, qui n’est ni heureuse, ni triste, mais en demi-teinte pour tous, et c’est là sa vraie force !

Pour une deuxième chance

Pour résumer donc, j’ai vraiment apprécié ces deux heures en compagnie de ces personnages que j’ai tantôt trouvés grotesques (les humains en général), tantôt vrais (Garona jouée par l’incroyable Paula Patton), me demandant parfois si le film était bon, rassuré ensuite par ce que je voyais. C’est une expérience à tenter, assurément, et le potentiel est à son maximum à la fin du film. Je me laisse à rêver que peut-être pour le prochain volet – si le succès est au rendez-vous – nous aurons le droit à un réalisateur de talent, un J. J. Abrams qui saura rendre concret, palpable l’histoire et l’univers. Mais pour l’instant, il faudra se contenter de cette tentative qui me donne foi dans cette nouvelle vague s’annonçant, une vague qui va petit à petit remplacer celle des adaptations de comics, par celle des adaptations vidéoludiques. Et j’ai hâte !

Travis-Fimmell-and-Paula-Patton-in-Warcraft
Trop belle pour une orc quand même.
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(7 commentaires)

  1. Très intéressant comme chronique. Bien que j’ai eu joué au jeu de Warcraft sur PC (le premier je crois…), je ne suis pas un super fan de ce monde et j’attendrais sa sortie en DVD, toutefois ta critique est vraiment sympa et me donne pas mal d’info pour pouvoir en discuter par la suite avec des amis qui sont aller le voir. En tout cas merci pour ces lignes 😉

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